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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 14:33
cdc.be

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" On cumule incertitudes et peurs ... Les marchés découvrent peut-être ce que l'économie réelle subit depuis longtemps . Une absence de croissance durable, un endettement généralisé, une inflation désespérément basse et les banques centrales qui ont grillé toutes leurs cartouches " ( Alexandre Delaigue, professeur d'économie, Université de Lille ) .

" La situation économique mondiale présente des risques pour la croissance aux Etats-Unis ", ( Janet Yellen, Présidente de la Banque centrale américaine, mercredi 10 février ) .

Patatras ! Le lendemain du jour où ces propos sont tenus, jeudi 11 février, toutes les grandes places boursières européennes dévissent : Madrid ( -5,8% ) ; Milan ( -5,6% ) ; Paris ( -4% ) ; Francfort ( -2,9% ) ; ( Londres ( -2,4% ) .

Les marchés prennent brutalement conscience que les banques européennes sont surexposées et c'est le sauve qui peut général sur les marchés d'action des valeurs bancaires . Les banques chutent lourdement et de façon synchronisée . Depuis le 1er janvier, les principaux groupes bancaires européens ont perdu entre 25 et 50% de leur valeur . La palme de la chute de la capitalisation boursière revient à l'une des premières banques européennes, la très vertueuse Deutsche Bank : le prix de son action a été divisé par deux, depuis le 1er janvier . ( Ce qui est le cas de la Société Générale en France ) . La plus grosse banque allemande a beau avoir l'équivalent de 20 Mds d'€ en dépôts, elle ne vaut plus que quelques petits vingt milliards .

Un économiste orthodoxe ( Benjamin Coriat, Université Paris XIII ) a l'explication : " La régulation bancaire voulue après la crise de 2008 est la cause des problèmes " . Après 2008, et afin de ne ponctionner le contribuable qu'en ultime recours, on a exposé l'actionnaire, or quand " ça sent mauvais ", l'actionnaire se défile : " C'est la poudre d'escampette à la Deutsch Bank, les actionnaires vendent à tour de bras " . Salauds de contribuables !

En fait qu'ont fait les banques ? Elles ont pris des positions très spéculatives dans le secteur pétrolier . Prix très élevés il y a encore trois ou quatre ans, paris sur la nouvelle manne des puits de pétrole de schiste aux EEUU et des sables bitumeux au Canada .

L'ogre chinois avalait tellement de matières premières qu'aucun expert n'a vu venir l'effondrement des prix du baril, désormais à moins de 27$, pas plus qu'ils n'avaient vu arriver la chute de l'immobilier en 2007-2008 .

Rien qu'en Europe ce sont 3500 Mds d'€ investissements dans le secteur pétrolier investis par les banques dont 500 Mds par les seules banques françaises .

Après la faute aux contribuables européens, la faute aux Chinois, cette fois, dont le pays connaît un ralentissement de la croissance spectaculaire, en raison d'un retournement des objectifs, décidé par le pouvoir, vers la consommation intérieure .

Mais pourquoi ne pas regarder vers les monarchies pétrolières du Moyen-Orient, Arabie Saoudite en tête, dont les robinets restent grands ouverts, histoire de mettre hors jeu le pétrole de schiste américain, entraînant dans leur jeu pervers, les autres producteurs, des pays émergents qui n'achètent plus à l'Europe, sauf des armes ? Un manque à gagner pour l'économie mondiale de 2100 Mds d'€ en deux ans .

Si l'on ajoute au tableau le fait que l'endettement public ( 100%, en moyenne ) et l'endettement privé ( entreprises et particuliers ), les " bouées de sauvetage naturelles " des marchés, ne les rassurent plus, les turbulences du secteur financier ne peuvent que s'aggraver . C'est pourquoi le FMI n'a pas fait dans la dentelle, le 19 janvier dernier, en décochant une flèche qui n'a ps arrangé les choses : " La croissance mondiale pourrait derailler en 2016-2017, si les transitions importantes de l'économie mondiale ne sont pas bien gérées " . Sont visés la Chine mais aussi tous les pays émergents qui contribuent à hauteur de 70% à la croissance mondiale . ( Le Brésil devrait connaître en 2016 une récession de 3,6% ) .

Admirons au passage, la beauté de la langue économique . La spéculation sur les matières premières est appelée très gentiment : transition économique .

Une autre incertitude plane sur la sphère financière : Les remparts traditionnels aux crises financières que sont les Banques Centrales ont ouvert après 2008 les vannes des liquidités, déversant des milliers de Mds de dollars dans l'économie mondiale, pour relancer la croissance, des montagnes de cash, favorisant la confusion, chez les acteurs financiers, entre création monétaire et création de richesse, en rachetant aux Etats et aux banques, des actifs - souvent pourris - contre de la création artificielle de monnaie créant des bulles à répétition, qui n'attendent plus qu'un évènement imprévu ( un " cygne noir " ) pour exploser . Ce sont 20 000 Mds de dollars, soit 30% du PIB mondial qui ont été distribués aux banques mais qui ne sont pas allés à l'économie réelle, donc ni aux investissements, ni à la consommation mais à la spéculation : " L'argent est allé de banque en banque, elles l'ont investi sur les marchés financiers ", dit l'économiste François Morin de l'Université de Toulouse I .

Le problème est que la ruée sur le pétrole de schiste se termine " en eau de boudin " aux EEUU . Les compagnies font faillite les unes après les autres, tant l'extraction s'est faite dans l'anarchie la plus totale, au point que 30% du marché des obligations pourries, aux EEUU trouve son origine dans le pétrole de schiste . Qui ne voit la similitude avec la crise de l'immobilier en 2008, est vraiment de mauvaise foi . Si les cours du baril devaient rester très longtemps si bas, le montant des créances douteuses ne pourra que grever davantage les bilans des majors de l'or noir, des banques et des assurances .

L'économiste Patrick Arthus, de Natixis, qui n'est pas un marxiste, prévient : " La prochaine crise sera plus violente car plus la liquidité mondiale est abondante, plus les mouvements de capitaux seront violents . Lorsque les investisseurs vont prendre peur, ce sera le début de la panique " . Or les banques centrales auront épuisé toutes leurs cartouches .

Fort heureusement, la France est à l'abri du séisme qui s'annonce . Le vendredi 12 février, le pays se dotait d'un gouvernement de combat, un gouvernement " resserré " ( 38 membres dont six nouveaux qui n'auront rien à faire ), prêt à affronter avec détermination l'hydre de Lerne qui menace .

NB : d'après l'article de Vittorio de Philippis, Libération du 11 février 2016 : " La chute des bourses est un symptôme du dérèglement des systèmes bancaire et financier " .

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Published by regain2012 - dans Economie
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