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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 16:01
Puis vint la période des transhumances .

" Une fois le principe réhabilité, il faudra appliquer la déchéance de nationalité plus largement ", ( Florian Philippot, FN ) . A bon entendeur, salut !

En cette période de fêtes, le chômage de masse n'existe plus, le taux de pauvreté n'est plus un problème, les SDF ont retrouvé un toit, les 31 000 enfants qui vont passer l'hiver dehors se sont envolés, les licenciements semblent avoir été interdits ; par contre, les images de grands magasins pris d'assaut, les plats cuisinés de chefs étoilés et la " météo des neiges " occupent, du matin au soir, nos écrans . Tout va pour le mieux !

De toute façon, on n'entendra pas parler de toutes ces misères, même passées les fêtes, car F. Hollande et M. Valls, nous ont concocté, pour occuper les mois qui viennent, un débat " étrange et pénétrant ", qui hystérise déjà " la boboïté parisienne ", avant de se répandre sur le pays, grâce aux prêches des bons apôtres du Front National, provoquant " schismes " au sein de la gauche et fractures irréversibles dans la communauté nationale : comment " déchoir " ( étym . tomber ) de sa qualité de Français ?

C'est " la transhumance politique et intellectuelle de François Hollande ", explique l'ancien ministre socialiste Benoît Hamon . Voilà un quinquennat qui commença sous les auspices d'un louable dessein : accorder le droit de vote, aux élections locales, aux étrangers, la république accueillante ; et qui se termine par une trouble volonté : comment retirer la qualité de Français à certains individus ? La république qui exclut .

Certes sont visés des individus " sans foi ni loi " dont le cerveau reptilien n'a connu aucune évolution mais qui ont été éduqués chez nous : il ne faudrait pas que l'exclusion soit une réponse pour nous dédouaner, ou pour refuser de voir une responsabilité qui n'en demeurera pas moins la nôtre .

Ce débat, créé de toutes pièces, puisque la loi existe déjà, est l'illustration du paradoxe que nous vivons : plus la politique politicienne occupe nos existences plus le politique, au sens noble, disparaît de l'existence . Lorsque l'idéologie dominante triomphe par le " consensus " ( opinion publique- gauche- droite- extrême droite ), la problématique politique, la lutte du bas vers le haut, s'efface . Les catégories fondamentales du politique ( droite-gauche ) perdent tout usage et toute consistance .

Les appels répétés du pouvoir, à " l'unité ", au " rassemblement " ne sont que les appeaux pour une adhésion à un " consensus " global sur les termes de l'ultra-libéralisme : un consensus est un accord des volontés sans opposition formelle ; l'unité met en évidence la volonté manifeste de tous les membres de l'accord .

Ce débat qui nous est imposé par le haut n'est que l'expression de la réconciliation des trois termes politiques ( et certainement pas une union nationale rêvée par certains ) qui définissent les trois gestions possibles du libre-échange et de la libre entreprise : libérale, social-démocrate, libertaire .

Ces trois termes, parce que tous trois nécessaires, se sont furieusement affrontés au cours de l'histoire du mode de production capitaliste . Aujourd'hui, alors que l'économique s'est fait hégémonique, le consensus s'avère incontournable, pour le système :

- Le capitalisme a atteint ses fins dernières : la production de série et le marché du désir ou du plaisir .

- Le partage tripartite du " gâteau national " est enfin possible : aux libéraux, la gestion de l'économie ; aux sociaux-démocrates, la gestion politique de la crise ; aux libertaires, la gestion des moeurs .

- Le consensus doit écarter toute remise en question du système en marginalisant toute opposition possible, celle des extrêmes : le fascisme, en lui empruntant certains traits, le communisme, en le diabolisant .

Le débat sur la " déchéance de nationalité " participe de ce mouvement, si largement engagé, que les jeux semblent être faits . La contradiction politique historique, socialisme ou capitalisme, paraît aujourd'hui écartée au profit du " jeu des différences " - mariage pour tous -, des équipes de gestion- changements de têtes-, de la politique politicienne - haro sur les voix du Centre - .

De transhumance en transhumance politique, F. Hollande, qui avait déjà coupé l'herbe sous les pieds du socialisme, grâce à ce dernier débat, le bannit des gras pâturages où se nourrissent les élites : place aux herbivores ruminants et à leurs trois estomacs !

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Published by regain2012 - dans Politique
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