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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 16:07
T. Jefferson : rédacteur de la Déclaration d'Indépendance des EEUU, 1776 .

T. Jefferson : rédacteur de la Déclaration d'Indépendance des EEUU, 1776 .

Réédition de janvier 2016 .

" En matière financière, les grandes banques ont gardé leur influence sur l'Etat pour éviter de payer le prix de la crise avec le résultat qu'elles ont survécu mais restent éminemment toxiques, préparant de nouvelles crises pour demain " . ( John Kenneth Galbraith, 2009 ) .

En 2009, l'Islande choisit, en réponse à la crise financière, par référendum, le chemin inverse à celui emprunté par les EEUU et l'Union Européenne . Plutôt que de sauver les banques, ce furent les comptes des résidents qui furent garantis, certaines banques, en tant que structures, durent mettre la clef sous la porte, mais les dépôts avaient été préservés .

L'imposition d'un contrôle des changes drastique, l'acceptation d'un certain niveau d'inflation, la reprise par l'Etat d'une partie des dettes immobilières des ménages, le retrait de la candidature du pays à l'entrée dans l'euro, autant de choix en opposition à la doxa libérale qui ont porté leurs fruits . Même le FMI le reconnaît : l'Islande a réussi son pari de " relance économique " . La dette publique est retombée en 2015, de 95% en 2011, à 65% et le taux de chômage a retrouvé son niveau d'avant la crise .

Quant aux banquiers, ils ont été poursuivis : 26 d'entre eux ont écopé de peines pour un total de soixante et quatorze années de prison .

En Islande, ce sont donc les banquiers qui ont payé . Et qui a payé chez nous ?

La Fédération Française des Banques, nous prenant pour des imbéciles, et excipant un document, non référencé, de la Banque Centrale Européenne ( BCE ), affirme, sans rire : " la crise n'a eu aucun impact financier sur les finances publiques en France " ; nos financiers tricolores n'auraient reçu que 2 Mds d'€ d'argent public .

Pourtant l'emblématique patron de BNP Paribas, l'architecte du plan de sauvegarde des banques, version N. Sarkozy, reconnaît que son plan fut lourd de 360 Mds d'€ .

La FFB fait peu de cas des coûts indirects que les Français ont dû prendre en charge . Tous ces emprunts toxiques qui étouffent aujourd'hui les hôpitaux et les collectivités locales, comme la commune de Marvejols, en Lozère, en faillite ; la faillite de la Banque franco-belge Dexia, banque de ces collectivités renflouée par des milliards d'argent public ; le transfert de la dette grecque détenue par les banques françaises au contribuable français, via le Mécanisme Européen de Stabilité ; l'augmentation de 11% des frais bancaires depuis 2008 ; la baisse du crédit bancaire aux PME et aux particuliers et plus généralement la crise de l'économie réelle et des finances publiques ; la fiscalité spéciale appliquée aux banques : quand une PME paie 33,5% d'impôt sur les bénéfices, les grandes banques ( la bande des quatre ) ont payé 8%, entre 2002 et 2009 ( ce taux était de 35% entre 1988 et 1994 ) . Si l'on prend en compte toutes les banques, petites et moyennes, il est aujourd'hui de 13%, deux fois et demi moins que les PME .

La prise en charge par l'Etat de la dette des banques a plongé la France dans une récession sans précédent privant les Français de huit ans de croissance : le PIB par habitant vient à peine de retrouver son niveau d'avant la crise de 2008 .

Ce sont exactement 3000€ de richesse disponible qui ont été enlevés à chaque Français durant cette période .

Où sont-ils allés ?

La garantie de l'Etat dont bénéficient les grandes banques, celles dites systémiques ( trop grosses pour faire faillite et entraîner le pays dans la faillite ), équivaut à une assurance gratuite : l'économiste Gaël Giraud estima en 2011 que le montant total de cette garantie, si elle avait été contractée dans le privé, démarche naturelle en zone de libre concurrence, aurait coûté aux banques 50Mds par an de côtisations . La garantie de l'Etat est gratuite .

Quand nos banques payaient 8% d'impôts sur les bénéfices, les banques allemandes étaient taxées à hauteur de 50%, les banques britanniques et américaines à hauteur de 30% . Cherchez l'erreur .

Au sein de l'OCDE seule l'Autriche est plus généreuse que la France, avec un taux de 10% . Les médias français ont, semble-t-il, ignoré cette originalité .

Il faut encore ajouter à ces gâteries le Crédits Impôts Recherche accordé aux banques pour trouver de nouveaux outils afin de mieux nous gruger, le CICE et le Pacte de Responsabilité .

Le bilan de BNP Paribas, première banque française, en dit long sur tous ces cadeaux reçus de l'Etat : 2077 Mds d' €, soit le PIB de la France ; dans son hors-bilan, un monstre : 50 000 Mds d'€ de fonds spéculatifs, ces produits dérivés qui ont provoqué la crise de 2008, 25 années de PIB .

Et vous pensez que les actionnaires de ces banques sont repus ? Pas du tout ! Ils nous font encore les poches avec ce qu'il est commun d'appeler " les frais bancaires ", qui deviennent les " tarifs de gestion de nos comptes " . Ils ont augmenté de 2,5%, en 2014, selon l'INSEE, cinq fois plus que l'inflation ( + 23,2% entre 1998 et 2015 ) .

Autrefois prévus pour punir les indélicats, les auteurs de chèques en bois, ces frais sont devenus des tarifs de tenue de compte, alors que la loi, depuis 1977 nous fait obligation de posséder un compte bancaire . Devenus des " clients captifs ", par la force de la loi, nous sommes dépendants d'agences bancaires qui nous font les poches, sans vergogne : 6,7 Mds d'€ par an, quand même : retraits aux distributeurs, virements, prélèvements, chéquiers, consultation de nos comptes, bientôt le rendez-vous avec notre conseiller ( projet Société Générale ), tout est marchandisé : nous payons donc pour avoir le droit d'utiliser notre argent .

Faut-il nous étonner de tout cela ? Sûrement pas ! Si l'on sait que 90% de la monnaie - bien public s'il en est, autant que l'air que l'on respire - est créé par les banques, a donc été " privatisé ", on ne s'étonne plus de rien .

" Mon adversaire c'est la finance " ! Une époque très lointaine dont personne ne se souvient .

 

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Published by regain2012 - dans Economie
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