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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 14:29
" Cet étrange Monsieur Hollande " .

" Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c'est tout un . Politique intérieure, je fais la guerre . Politique étrangère, je fais la guerre . Je fais toujours la guerre " . ( Georges Clémenceau, mars 1918, Chambre des Députés ) .

Combien d'entre nous partagent-ils l'évidence que les gens simples sont moins compliqués que les autres ? Nous sommes légion . Et pourtant il est un homme qui contredit totalement cette vérité : F. Hollande . Irrésolu dans la politique intérieure, pagailleux dans la politique économique, contradictoire dans la politique fiscale, le Président normal, mou, faible, indécis, selon ses détracteurs, fait mentir tout le monde quand il se trouve en face de " l'exceptionnel " , constate l'éditorialiste Jacques Julliard ( Marianne No 971 ) .

La créature de Solférino au " surmoi de pacotille " tissé au fil des compromis et des synthèses, des subterfuges et des ambigüités qui constituent le précipité des milieux politiciens socialistes, devient, quand l'air vif de l'urgence et du péril vient balayer ce quotidien de la politique, un homme d'Etat qui exerce sans hésitation ni précaution son leadership présidentiel , fleurtant avec la formule de l'idéologue nazi, Carl Schmitt : " Le souverain est celui qui décide de la situation exceptionnelle " .

Les massacres du 13 novembre à Paris ne nous ont pas plongés dans l'obscurité, ils constituent plutôt " une déflagration de lumière " sur l'état actuel de notre société . Ils soulèvent des questions innombrables, enchevêtrées, parfois indéchiffrables, souvent confuses, toujours insuffisantes .

Ces questions concernent la politique étrangère de la France, censée nous protéger contre de tels attentats, l'organisation des services de renseignement chargés de les prévenir, un service éducatif déstabilisé par trente ans de politiques irresponsables, un apartheid social et culturel qu'on a laissé se développer sans réagir, une montée inexorable des inégalités, des exclusions tolérées, une pauvreté rampante devenue frustration face aux incitations intrusives à la consommation, une culture de l'image - même sans talent, on peut devenir une vedette - où vivre dans l'anonymat devient un supplice . Autant d'erreurs, de dérives, de cécité qui ont transformé les sypathiques " sauvageons " de 1999, de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Intérieur en monstres .

" Des sauvageons nourris au sang virtuel des jeux vidéos, des séries télévisées, de films hallucinants et à la propagande terroriste sur Facebook avant de tout plaquer pour un enfer terrestre bien réel " . ( Christian Salmon, Médiapart, 24/11/2015, Après les attentats, changer d'imaginaire ) .

Ce bref résumé suffirait à nourrir un procès de la politique suivie depuis trente ans par une classe politique irréfléchie, d'un monde halluciné qui recycle les frustrations en fictions rentables et le désespoir en pulsions d'achat . Un monde où les individus sont exposés de plus en plus aux contraintes économiques globales, à la violence de sociétés transnationales quand la capacité de protection de l'Etat a été considérablement affaiblie .

Alors, F. Hollande a voulu faire croire au retour de l'Etat : c'est le sens de ce théâtre provisoire que fut le " Congrès de Versailles " du 16 novembre . Le Président y avait convoqué une souveraineté perdue, comme en témoignent les pathétiques voyages qu'il a entrepris, cette semaine, aux quatre coins du monde, des fantômes d'Etat, incarnés par des gardes républicains au garde à vous, des monstres guerriers à l'image du " Charles de Gaulle ", bimbeloterie d'une gloire passée, et des monstres intimes, bien français, tel ce goût à dire au monde ce qu'il doit faire .

La lumière aveuglante des attentats nous a renvoyé la troublante irréalité, vide de sens, de la politique, le théâtre d'ombres où seuls les meurtres sont réels .

Le bilan de ces trente dernières années nous a explosé à la figure : crise financière, catastrophes écologiques, explosions guerrières, migrations humanitaires et économiques, colonnes de réfugiés, murs de séparation, multiplication de camps et maintenant terrorisme dans les rues de nos villes .

" Nous avons introduit la dimension apocalyptique dans notre culture et on ne veut pas voir que Daech est un produit de notre pseudo-modernité ", affirme l'islamologue Olivier Roy .

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Published by regain2012 - dans Politique
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