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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 15:14
Les choses se mettent doucement en place .

" Pour beaucoup de gens, la retraite est synonyme de pauvreté, il est aisé de comprendre que beaucoup de salariés seront contraints de retarder le plus longtemps possible leur départ à la retraite " . ( Laurent Mauduit, Mediapart ) .

Ce vendredi 16 octobre 2015, les " partenaires sociaux ", au terme " d'un dialogue social " fructueux, " ont sauvé " les régimes de retraite dits complémentaires . Dans l'heure qui a suivi, Manuel Valls a applaudi à tout rompre .

Trois syndicats ( la CFDT, comme toujours, la CFTC et la CGC ) ont signé avec le MEDEF, un accord qui fait de " la barre des 67 ans " ( chère au MEDEF ) non plus un point de mire mais le point d'aboutissement du droit à prétendre à une retraite .

( La CGT et FO n'ont pas signé ) .

Lors de la réforme du printemps 2013, le gouvernement socialiste de Jean-Marc Héraut, avait fait une première concession au MEDEF, qui à l'époque fut peu commentée dans les médias mais qui en disait déjà long : un dispositif prévoyant que ce serait à 67 ans et non plus à 65 ans, qu'un salarié qui n'a pas cotisé le nombre de trimestres nécessaire pourrait partir à la retraite sans pénalités de minoration, sans que lui soit appliquée une décote, étant entendu que sa pension serait néanmoins calculée au prorata du nombre de trimestres travaillés . En clair, dès la réforme socialiste de 2013, la barre des 67 ans est présente dans la philosophie générale de l'accès aux droits à une retraite .

A la lumière de cette " reculade ", ce qui s'est joué dans l'accord récent sur les retraites complémentaires, qui peuvent représenter 50% de leur pension pour certains salariés, apparaît plus clairement .

Un nouveau coup de boutoir vient d'être donné à l'âge légal de 62 ans et le glissement vers la retraite à 67 ans se met en place .

On a compris que le patronat et trois syndicats complices sont convenus d'un système de " bonus-malus " pour ces retraites complémentaires, au terme duquel un salarié partant à la retraite à 62 ans et ayant cotisé 41,5 annuités, c'est à dire remplissant toutes les conditions légales pour disposer d'une retraite à taux plein, ne pourra pas pourtant y prétendre . Dans ce cas de figure, s'il part à la retraite à 62 ans, un malus de 10% sera prélevé sur le montant de sa retraite complémentaire, à partir de 2019, pendant deux ans, et peut être trois, si les finances de ces régimes ( ARRCO et AGIRC ) l'exigent . S'il ne veut pas être pénalisé, le salarié devra travailler jusqu'à 63 ans . Mesure stupéfiante ! ( Rappelons que les régimes complémentaires sont gérés paritairement par les partenaires sociaux et que l'Etat n'intervient pas dans leur gestion ) . Quelques partenaires sociaux se sont, de facto, mis d'accord sur un changement de l'âge légal du départ à la retraite, le relevant de 62 ans à 63 ans . ( N'y aurait-il pas eu, cependant, un feu vert discret du gouvernement, avant une telle décision ? La question vaut d'être posée ) .

Mais c'est l'ensemble du dispositif qui a également été durci en prévoyant aussi qu'un salarié n'affichant 41,5 années d'activité à ses 64 ans devra, lui aussi, travailler un an de plus, jusqu'à ses 65 ans, s'il ne veut pas de décote, mesure qui vaudra aussi pour les tranches d'âge au-dessus, jusqu'à ... Eh oui ! Jusqu'à ... 67 ans . " L'âge cliquet " imposé par le MEDEF .

Le plafond au-dessus duquel les retraites seront servies sans décote, mais tout en restant proportionnelles aux années d'activité .

La ligne d'horizon de l'avenir du système des retraites est donc fixée et pour en consolider la perspective, MEDEF, syndicats complices et gouvernement, y ont ajouté la possibilité d'un " bonus " : pour ceux qui partiront deux ou trois ans après l'âge du taux plein, des bonifications de 15% à 25% sont prévues .

On entend l'objection : aucune obligation n'est faite aux salariés . C'est leur choix personnel qui prévaut . Certes ! Mais l'argument est cynique et mensonger

Le gel des retraites du régime général, depuis le 1er avril 2013, et qui devraient le rester au moins jusqu'au 1er octobre 2016 ; la date de déclenchement des revalorisations éventuelles retardée du 1er avril au 1er octobre de l'année ; revalorisation calculée sur l'inflation, minorée d'un point, pour les complémentaires ; mesures prévues pour trois ans mais pérennisées par l'accord du 16 octobre, font perdre à l'ensemble des retraités, pour la première mesure 1,3 Mds d'€ de pouvoir d'achat, pour la deuxième, 2,1 Mds, par an . Toutes ces mesures permettent de comprendre que beaucoup de salariés seront contraints de retarder le plus longtemps possible leur départ à la retraite .

Lorsque la réforme socialiste de 2013 aura atteint sa vitesse de croisière et qu'on aura atteint les 43 années de cotisation nécessaires à l'obtention d'une retraite à taux plein, et sachant qu'en moyenne, un jeune entre sur le marché du travail à 24 ans, le calcul de son départ à la retraite est aisé : 24 + 43 = 67 ans .

Certaines personnes pourront même décider de travailler jusqu'à 70 ans pour " empocher " le bonus !

Nous pouvons résumer notre propos ainsi : en dévalorisant massivement les pensions, patronat et gouvernement ont trouvé l'aiguillon pour contraindre les salariés à travailler plus longtemps .

Du travail de professionnels !

NB : ces calculs sont explicités dans l'enquête annuelle, édition 2015, de la Direction de la Recherche du ministère de la Santé ( DREES ) : " Les retraités et les retraites " .

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Published by regain2012 - dans société .
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