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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 21:33
Le blog de vahine .

Le blog de vahine .

" Le bailout grec ( plan de sauvetage ) a été un désastre complet pour la Grèce qui n'a tiré aucun profit des conventions d'emprunts douteuses mises en œuvre par l'UE et ses affidés, depuis 2010 . Par contre, on ne nous parle jamais du plan de sauvetage réussi, dans le même temps, mais au profit des banques privées ... Derrière la crise grecque il y eut un énorme plan de sauvetage illégal en faveur des banques privées " . ( Article publié par le site Mediapart de Maria Lucia Fatorelli ) .(1) .

Après cinq ans, les banques ont obtenu tout ce qu'elles voulaient tandis que la Grèce s'enfonçait dans une insupportable tragédie . ( Les prêts, les autres créances, les intérêts et les frais des montages financiers représentaient 56% du budget national grec, en 2013 ) .

A partir de mai 2010, ( Conseil européen du 9 mai ) avec une complicité médiatique sans faille, les dirigeants européens fixèrent l'objectif sur la Grèce, sa dette, ses déficits et la nécessité d'un " curieux " plan de sauvetage car le danger de contagion se précisait . Une cascade de conventions financières douteuses et illégales allait suivre .

Le but de la manœuvre évidemment justifiée, officiellement, par la nécessité de préserver la stabilité financière en Europe : fournir les structures qui permettraient aux banques privées de se débarrasser de " la bulle dangereuse " - la masse de produits dérivés toxiques qu'elles détenaient depuis la crise de 2008 - des actifs dématérialisés, donc non garantis et donc non négociables qui chargeaient leurs comptes de patrimoine hors-bilan ( section extérieure au compte de bilan normal et où l'on inscrit les actifs douteux ) .

L'objectif principal était d'aider les banques privées - qui le réclamaient depuis 2008 - à transférer leurs actifs problématiques aux Etats européens, donc à leurs contribuables . Maria Lucia Fatorelli appelle l'ensemble des mesures mises en place " le système de la dette ", utilisation abusive de l'instrument de la dette publique comme outil pour prendre des ressources aux Etats au lieu de les soutenir, en fonctionnant comme un ensemble d'engrenages qui concernent les systèmes politique, juridique, économique et basé sur des plans d'ajustement, les médias et la corruption .

La première mesure adoptée pour accélérer les échanges d'actifs des banques privées vers les Etats fut le programme SMP ( Securities Markets Programme ) autorisant la BCE ( Banque Centrale Européenne ) à acheter directement des titres de créances publiques sur les marchés primaire et secondaire : opération illégale en vertu de l'article 123 du Traité de Lisbonne . La BCE multipliant à ce moment-là les mesures non conventionnelles pouvant mettre en danger les Etats .

La seconde des grandes mesures prises alors fut la création d'une société " privée " ( SPV : Special Purpose Vehicle ), un fond commun de créances basée au Luxembourg - paradis fiscal à l'abri des lois internationales - qui allait faciliter le transfert dématérialisé ( sans titre de garantie en face ) des actifs toxiques des banques, en dehors de toutes les règles comptables publiques . Mieux, les pays membres de la zone euro furent invités à devenir " partenaires de cette société privée anonyme " que, à des fins de propagande purement politique, on baptisa, pour les opinions publiques, " Fond européen de stabilité financière " ( FESF ), lui donnant ainsi un vernis trompeur d'établissement public .

Les Etats se sont engagés à couvrir ces titres par des sommes folles , " des garanties de milliardaires ", à hauteur de 440 Mds d'€ dans un premier temps, capital porté à 780 Mds un an après . Le but réel de la création de cette société était de cacher aux opinions publiques, par des annonces sur le pseudo-sauvetage de la Grèce ou d'autres pays déclarés en difficulté, que loin d'aider ces pays par des prêts en argent réel, on rapatriait les fonds toxiques des banques privées sur la base " d'instruments financiers " dans une entité anonyme, donc non-contrôlable . Le FMI qui avait imposé cette structure , à l'encontre de ses propres statuts, qui furent changés en urgence illégalement, apporta à ce fonds 250 Mds d'€ . ( Panagiotis Roumeliotis, ancien représentant grec au FMI, 15 juin 2015 ) .

Mais l'échange d'actifs risqués de banques privées à une entreprise par simple transfert, sans paiement et sans opération adéquate d'achat/vente est illégal au regard des règles " de reddition de comptes " ( présentation de l'exécution des comptes dont on a eu la charge ) . EUROSTAT changea ses règles au dernier moment pour rendre la présentation des opérations acceptable . ( CF. Eurostat sur ec.europa.ue/ europstat ) .

Conformément à l'accord-cadre autorisant sa création, cette société luxembourgeoise donc, pouvait déléguer la gestion de ses activités de financement ; son Conseil d'administration pouvait déléguer ses fonctions ; les Etats Membres déléguer des décisions concernant les garants venant de " l'Eurogroup Working Group ( EWG ), ( Instance - purement technique - de préparation des travaux du Conseil Européen ) .

Ce sont en fait " le bureau de la dette allemande " ( sous la tutelle du Dr Schäuble ) et " la BEI ( Banque Européenne d'Investissement ) qui dirigent et assurent la gestion opérationnelle du FESF . L'illégitimité du fond est évidente puisqu'il est effectivement dirigé par un organisme différent .

Les instruments de financement gérés par le FESF sont donc les plus risqués et restreints, les plus dématérialisés et non négociables qui puissent exister, car n'étant pas certifiés, ils sont interdits sur les places des marchés légitimes d'actions et ne peuvent pas être commercialisés .

Cet ensemble d'instruments financiers toxiques fait courir un risque majeur aux Etats qui peuvent être amenés à payer pour tous les autres produits financiers de la société luxembourgeoise .

Un grand scandale de corruption, historique, aurait dû avoir lieu en 2010 si ces agissements illégaux avaient été révélés par les médias encore guidés par l'éthique de la vérité : violation du traité de l'UE, changements arbitraires des règles de procédure, association d'Etats dans une société luxembourgeoise à but privé, tout cela pour sauver des banques privées au détriment d'un risque systémique pour l'ensemble de l'Europe, toujours réel .

La Grèce fut mise sur ce scénario - en tant qu'œil du cyclone - après plusieurs mois de pression de la Commission Européenne ( présidée par l'ultra-libéral José Manuel Barroso ) sur les allégations de comptes publics falsifiés : une grosse affaire fut créée ( avec une majoration tout à fait arbitraire, de 28 Mds d'€ de la dette de ce pays, en 2009 et de 21 Mds pour les années 2006 à 2008 ) autour de ces falsifications, qui donna lieu au premier plan dit de sauvetage, en fait, des prêts du FESF sur la base des produits toxiques récupérés .

Le Parlement grec a déjà installé sa " Commission sur la Vérité de la Dette " donnant ainsi la chance à tous ces faits d'être révélés .

" C'est d'abord par la transparence que les pays vaincront ceux qui veulent les mettre à genoux " ( Maria Lucia Fatorelli ) .

NB : (1) . Maria Lucia Fatorelli, spécialiste de Droit fiscal fut la coordonnatrice de l'Audit sur la dette publique brésilienne, auditrice de l'audit sur la dette de l'Equateur, et aujourd'hui est auditrice de l'audit sur la dette grecque mené à la demande du Parlement .

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Published by regain2012 - dans Economie
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