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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 14:04
Congrès de Vienne ( 1814 - 1815 ) . (1) .

Congrès de Vienne ( 1814 - 1815 ) . (1) .

" Est-ce que le peuple ouvrier et paysan sera dupe de ces manœuvres ? Est-ce qu'il se laissera dépouiller une fois de plus ? "( J. Jaurès, l'Humanité, 19 février 1911 ) .

Au petit matin du 13 juillet 2015, l'Europe enfantait un monstre : un diktat " léonin " à l'encontre d'un de ses membres, un pays et un peuple dont elle exigeait qu'il se mît à genoux, après l'avoir étranglé financièrement .

La boîte de Pandore, restée jusque là entrouverte, s'ouvrait béante, pour provoquer l'une des plus grandes catastrophes qu'allait connaître ce continent, après les deux hécatombes qu'il s'était offertes au XXe siècle .

" Un spectre hantait l'Europe ", celui de la voix du peuple, on devrait dire, pour être juste, celui de son pouvoir .

La montée des exigences démocratiques, les colères engendrées par le déplacement des décisions vers des institutions supranationales, et plus grave encore, vers des organismes occultes ne faisant l'objet d'aucun contrôle populaire, échappaient aux castes dirigeantes obnubilées par la protection de " leur monopole de médiation " entre le niveau national et le niveau européen, statut lucratif, statut de pouvoir, statut de privilégié .

Pour paraphraser P. Corneille ( Sertorius : " Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis " ) : " L'Europe n'était plus dans l'Europe ", depuis ce 13 juillet 2015, mais quelque part recentrée au pays du Dr Schäuble .

Le profond déficit démocratique, l'absence de contrôle populaire qui avaient présidé à la mise en jachère de tout un pays, furent masqués par " des dispositifs de compensation ", en termes de communication, dont les effets furent désastreux dans l'immédiat et terriblement inquiétants pour l'avenir : la propagande d'Etat relayée par des médias très complaisants .

Le premier artifice utilisé fut celui du " contribuable " . Profitant du fait que les Etats avaient transformé, entre 2008 et 2010, les dettes privées des banques en dette publique, on a martelé sans relâche auprès des contribuables qu'ils payaient pour les turpitudes des Grecs, ces irresponsables qui dilapidaient ce qu'on leur donnait, et qu'ils allaient perdre des sommes considérables alors que ces pertes ne sont que des sommes virtuelles dont l'impact final est fortement lié à la conjoncture économique .

Le deuxième artifice ne manqua pas de piquant . Il se voulait démocratique . Dix huit pays réclamaient des sacrifices à un dix neuvième - qui n'en pouvait plus - : la partie ne peut imposer sa volonté au tout se mit à déclamer la propagande institutionnelle ... Imparable ! Quelques voix s'élevèrent pour déclarer que le tout ne peut imposer à la partie de se suicider car cela s'appelle le totalitarisme - horreur trop bien connue des Européens . Voix, vite étouffées !

Le troisième artifice, en apparence plus psychologique, mit en scène " la confiance " . On ne pouvait plus se fier à ces Grecs tricheurs et menteurs . Il fallait donc les soumettre, leur imposer un joug auquel ils ne puissent échapper . Sauf que le joug s'avéra bien trop lourd .

Et dans certaines opinions publiques, tant européennes que mondiales ( EEUU ), dans un certain nombre de médias non inféodés, une question surgit aussitôt : en allant ainsi " trop loin ", l'Allemagne et l'Union Européenne en général n'ont-elles pas mis en cause leur propre crédibilité, leur propre autorité ? Ce qui, dans ce cas, signifierait que la question de la confiance " a changé de côté " .

Les prises de position des uns et des autres avaient levé le voile sur une réalité, plus ou moins bien cachée jusque là : " La grande coalition " des sociaux démocrates et des conservateurs néolibéraux qui s'était partagé le pouvoir dans l'Union Européenne, depuis quarante ans, en étroite collaboration avec la technocratie et la finance, étalait au grand jour sa volonté implacable de ne laisser personne s'écarter du chemin qu'elle traçait depuis quatre décennies .

Il ne restait plus à la " grande coalition " qu'à redéployer le quatrième artifice, le vieux slogan politique du " populisme ", déjà ancien, qui assimilait tous les anticapitalistes à des fascistes, et les tenants de l'extrême-droite à une gauche radicale . Artifice fort commode, quand on voulait flirter avec certains thèmes de la mouvance nationaliste .

La suite était écrite .

Plus aucune possibilité institutionnelle n'étant offerte aux citoyens européens, soit individuellement, soit en tant qu'ils appartenaient à des territoires, à des communautés locales, nationales ou transnationales, de contrôler effectivement les décisions prises en leur nom - le Parlement Européen n'étant qu'une coquille vide -, la crise prit ainsi, de plus en plus, la forme d'une revanche des nationalismes agressifs, xénophobes, anti-grecs ou anti- allemands, ( en Finlande, le processus s'observait à l'œil nu ) .

Les mouvements néo-fascistes - finalement encouragés par la folie de la grande coalition - se préparèrent, à des degrés divers, à en tirer profit sous le couvert de la protection de " l' identité nationale " ou de la " défense " contre les migrations et les minorités ( très tôt visibles en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas ), sous la forme de forces organisées, de passions collectives et de discours anti-européens et anti- politiques . Les murs et les barrières de fils de fer barbelé fleurissaient aux frontières .

Quelques années plus tard, une Union Européenne subsistait encore, au nord du continent, resserrée frileusement autour de sa " Cité - mère " tandis qu'au sud, des pays isolés et abandonnés à eux-mêmes, dérivaient comme des bateaux ivres, sur une mer Méditerranée, à nouveau livrée aux pirates .

Note (1) : Le Congrès de Vienne se tint, dans cette ville, de septembre 2014 à Juin 2015 . Les quatre grandes puissances ( Prusse, Autriche, Russie, Grande-Bretagne ) qui venaient d'abattre Napoléon s'y partagèrent l'Europe et la redécoupèrent, afin d'encercler la France et lui enlever toute nouvelle velléité de révolution .

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Published by regain2012 - dans Politique
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