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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 18:13
Site " contrepoints " .

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" Notre combat n'est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique . Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu'ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce ... " ( Mikis Theodorakis, 26 mai 2011 ) .

Les dirigeants de l'Union Européenne ne veulent surtout pas que le gouvernement grec réussisse . Sa réussite signifierait qu'une autre voie est possible pour l'UE et que les politiques d'austérité et les " réformes structurelles " ne sont pas une fatalité . Depuis le mois de février, tout est fait pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement d'Alexis Tsipras .

Sous la direction d'Angela Merkel, les dirigeants européens, relayés par des médias à la solde, justifient leur politique par une propagande effrénée tournant en boucle afin de nous contraindre à intégrer les trois arguments suivants : " L'UE a dépensé des centaines de milliards d'euros pour sauver la Grèce " ; " Les règles doivent être respectées " ; " Une dette doit être remboursée " .

Arguments aussi fallacieux les uns que les autres .

Les aides soi-disant accordées à la Grèce n'ont jamais eu et n'ont toujours qu'une seule fonction : lui permettre de payer ses créanciers . C'est ainsi qu'avant la restructuration de la dette grecque, les pseudo-plans d'aide à ce pays n'étaient que des plans de sauvetage des banques européennes ( Crédit Agricole et BNP Paribas, pour la France ) . Les supposés 700 € que devraient les Grecs à chaque Français sont allés dans les caisses de ces deux banques, les Grecs n'en ont rien vu : autant le savoir !

Ces fameuses aides accordées par l'Europe n'allaient pas sur les comptes de la banque centrale grecque mais, à la demande de Mme Merkel et de N. Sarkozy, sur un compte spécial, pour être utilisés, dans leur quasi totalité, au paiement des intérêts et au remboursement des titres de la dette, arrivant à échéance et essentiellement détenus par les banques européennes privées .

C'est " le coup du mistigri " européen . A partir de 2012, les banques avaient réussi à transmettre le mistigri à l'UE et à la BCE - institutions auxquelles vint se joindre le FMI, à la demande de D. Strauss-Kahn - sans aucune raison juridique, mais certainement pour mieux resserrer l'étau sur les Grecs . Depuis, ces trois institutions - politiques - détiennent 80% de la dette grecque, situation dont nous pouvons extraire la conclusion suivante : la solution au problème grec est éminemment politique, et sûrement pas technique .

L'expression malheureuse de F. Hollande, en ce début de semaine, à propos de la crise grecque : " La France est plus solide qu'il y a quatre ans " ( face à un greixit ), autrement dit ses banques, en dit long, non seulement sur l'inaction du Président français mais sur son cynisme .

Fin juin, la Grèce aurait dû rembourser 1,6 Mds d'€ au FMI, ce qu'elle n'a pas fait, ne les ayant pas, mais aussi parce que l'arrogance de la Directrice Générale " Christine Lagarce " traitant les dirigeants grecs d'enfants irresponsables, injure qu'elle a réitérée, hier, a heurté ces derniers . Le quotidien Libération, rapporte le 23 juin, une confidence d'un haut-fonctionnaire européen, affirmant qu'à quelques heures du sommet du 22 juin de Bruxelles, les Grecs avaient répondu à 90% des demandes de ses créanciers ; il ne restait plus que deux Mds d'€ en discussion . D'où l'optimisme un peu béat qu'affichait F. Hollande, ce jour-là . Que s'est-il donc passé ? Simplement que " Lagarce " est arrivée et a rejeté brutalement, sans discussion, tout rééchelonnement de la dette et les augmentations d'impôts prévues sur les plus hauts revenus : tiens donc !

En juillet et août, ce sont 7,5 Mds d'€ que la Grèce devrait rembourser à la BCE . Absurde, la BCE n'en a nul besoin, puisque c'est elle qui crée les euros et qu'il n'y a, aujourd'hui, aucun risque d'inflation .

La sortie politique par le référendum s'imposait, dès lors, aux dirigeants grecs .

Ces Grecs qui ne respectent pas les règles . Mais qui les respecte en Europe ? Les Allemands, qui ne les ont jamais respectées depuis la réunification du pays ? La France, qui ne cesse de demander le report du passage de son déficit sous les 3% arrêtés dans les traités ? La BCE, qui accepte le report du remboursement de la dette irlandaise en 2013, mais refuse la même facilité à la Grèce en 2015 ? L'UE qui impose à la Grèce des réformes législatives du Droit du Travail, en contravention avec le Traité de Lisbonne qui stipule que l'Union n'a qu'une " compétence subsidiaire " en ce domaine ? L'UE qui impose à la Grèce une réduction du SMIC de 22% ( 32% pour les moins de 25 ans ) sans aucune compétence juridique ? L'UE, encore, qui a prêté des milliers de Mds d'€ aux banques, causes de la crise de 2008, mais refuse quelques Mds à la Grèce ?

La vérité est qu'il n'y a pas de règle intangible en Europe . Ces règles varient en fonction des rapports de force ou des calculs politiques de la Commission, de la BCE et de l'Allemagne .

Alexis Tsipras l'a très bien compris qui a choisi le rapport de force : la Démocratie contre l'Euro !

" Si les Etats ne s'imposent pas sur les marchés ceux-ci les engloutiront en même temps que tous les acquis de la civilisation européenne " . ( Mikis Theodorakis ) .

PS : d'après le billet de Jean-Jacques Chavigné du 02/03/2015, sur le blog de Gérard Filoche . ( Grèce : l'hypocrisie des dirigeants européens ) .

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Published by regain2012 - dans Politique
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