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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:20
De la modernité de l'Iliade !

" Je pense que maintenant la coupe est pleine et que tous les Grecs voudraient que quelqu'un dise un NON retentissant à cette attaque inhumaine " . ( Mikis Theodorakis ) .

L'Iliade d'Homère et le siège de Troie .

La chèvre de Monsieur Seguin qui meurt au lever du jour, dévorée par le loup .

La Marchand de Venise de Shakespeare et l'usurier Skylock toujours avide de prélever son morceau de chair sur le dos de ses débiteurs .

Guignol et le gendarme du FMI : " Christine Lagarce " .

Les âmes mortes de Nicolas Gogol et la gigantesque escroquerie de Tchitchikov .

L'homme révolté d'Albert Camus et son message : " Je me révolte, donc nous sommes ", une louange à la révolte et à la solidarité .

Le petit chaperon rouge, le plus cruel des contes de Perrault .

La littérature est riche pour nous décrire la tragédie antique que l'Europe impose aux Grecs depuis six mois .

Derrière le sinistre " boulier " des Ministres européens des Finances, où s'alignent les échéanciers de la dette grecque, les coupes des budgets sociaux et des retraites, les nouvelles rentrées fiscales, les privatisations, les créanciers, les institutions européennes, à défaut de pouvoir récupérer toutes leurs créances, entendent bien prélever " leur morceau de chair " sur le corps social grec, en jouant le pourrissement de la négociation avec l'aide inconditionnelle de la plupart des médias européens acquis à leur cause et des petites mains des économistes devenus des Pythies ou des Sybilles .

Sur nos écrans de télévision, jour après jour, les grandes claques du Luxembourgeois et voleur, Jean Claude Junker, à Alexis Tsipras, les indignations de "Christine Lagarce " traitant les ministres grecs " d'enfants ", les images de files d'attente devant les distributeurs bancaires à Athènes, n'avaient d'autre objectif que d'attiser, avec le concours de la BCE, une panique bancaire en Grèce, afin de forcer le gouvernement de Syriza à capituler .

En organisant le chaos dans un pays membre de l'Union, les Européens, Maîtresse Merkel en tête, Tchitchikov Junker et Skylok Christine entendaient le mettre à genoux, au lieu de se porter à son secours et de remplir leur mission de solidarité encore inscrite dans les Traités .

Au fil de ces longs mois de discussions, ce que l'on a vu surtout, c'est " les institutions " tomber peu à peu le masque de la rigueur et de la raison, perdre leur anonymat qui était, jusque là, le garant de leur efficacité et de leur puissance, pour assumer, incarnations à l'appui, " le lynchage démocratique " d'un pays, économiquement petit, mais extrêmement important, essentiel, par sa position géostratégique, face à un Proche-Orient plongé dans le chaos .

Affaiblir la Grèce, dans le contexte actuel du Proche-Orient, est une faute historique majeure, plus grave encore que l'intervention lancée par N. Sarkozy, en 2011, en Libye .

Mais disons-le, sans ambage, ce faisant, les Européens font de la nouvelle génération politique grecque, incarnée par Tsipras et Varoufakis, les symboles d'une résistance des peuples à la domination des puissants, des spéculateurs, des banquiers, des rentiers ... Quoiqu'il arrive dans les tout prochains mois, la rébellion emmenée par ces nouveaux leaders, aura laissé des traces, et " l'Europe zombie " décrite par le philosophe allemand Jürgen Habermas, qui " n'a plus ni âme ni cœur ", ne sera plus rien .

Merkel, Lagarce, Schäuble, Dijsselbloem, Draghi, peuvent avoir auprès d'eux les meilleurs communicants du monde, ceux-ci ne peuvent rien pour eux . " Le storytelling " garde encore, pour un temps, de son efficacité, mais on ne ranime pas " un zombie " avec des contes pour enfants .

Le bouche à oreille narratif des puissants est impuissant devant la colère des peuples ; les révolutions arabes ont bousculé de puissants dictateurs .

Ce à quoi nous assistons n'est ni théâtre, ni comédie, ni même série télévisée ; ce à quoi nous assistons est la lente " momification " de l'Europe .

C'est la première guerre spéculative, financière et numérique qui utilise les nouvelles technologies de l'information et de la communication pour discréditer, intoxiquer, créer des épidémies de panique, déstabiliser un pouvoir souverain . On ne négocie pas, comme dans la diplomatie traditionnelle, on spécule sur la chute d'un gouvernement et la ruine d'un pays .

" Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon, d'Aristote ou de Périclès, nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt . Si vous autorisez, aujourd'hui, le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise, espagnole sur l'autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour ... Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes ... " . ( Mikis Theodorakis, 26 mai 2011 ) .

( Pendant ce temps, F. Hollande, tout content d'être encore accepté sur les photos protocolaires, regarde par la fenêtre ) .

PS : à partir du billet de blog de Christian Salmon, " La déclaration d'indépendance de la Grèce ", sur le site Mediapart du 30 juin 2015 .

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Published by regain2012 - dans Politique
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