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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 10:31
museeairespace.fr

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" On luttait pour des idées, la politique ne se réduisait pas à des plans de carrière ou à un show médiatique sans fin ... Les discours n'étaient pas ponctués de petites phrases destinées à la reprise dans les médias, car il n'y avait pratiquement pas de reprise ..." ( Guy Konopnicki , Marianne, No 947, du 12 juin 2015 ) .

La Ve République et le scrutin uninominal à deux tours avaient contraint les partis à se régénérer en passant d'abord des alliances durables puis de procéder à des regroupements et des fusions . Le monopole de l'ORTF sur la télévision et les radios plaçait ces partis dans l'obligation de développer leur propre culture, en s'exprimant avec leurs propres moyens, de réunions en meetings, de publications en campagnes d'affichage et de " tractage ", de " porte à porte " en vente de la presse sur les marchés, de collectes de solidarité en fêtes du Parti . Cela s'appelait le travail militant !

Les réunions et les rassemblements n'étaient pas mis en scène pour les télévisions dont la présence était des plus incertaines . Les écoles de formation des partis n'étaient pas des shows comme les prétendues universités d'été que tiennent tous les partis aujourd'hui .

L'étoile montante d'un parti ne pouvait pas compter sur les plateaux des débats télévisés . Il fallait faire ses classes dans son parti et s'ancrer sur le terrain, par des mandats locaux, avant de pouvoir rêver conquérir la capitale .

Les partis se distinguaient par leurs modes de recrutement , ce qui produisait une vraie diversité politique : les ouvriers étaient représentés au Parlement, grâce au Parti Communiste . Il n'y en a plus un seul, aujourd'hui, à l'Assemblée Nationale .

Dans les vingt premières années de la Ve République la politique était dominée par " des hommes burinés par l'histoire " : deux guerres pour les plus anciens, le Front Populaire, la résistance, la déportation, la France libre . La politique n'était pas un simple choix de carrière, fait à la sortie de l'ENA . Bien sûr, ils étaient devenus des notables . Mais, au moins, jusqu'aux années 1980, on pouvait rencontrer " l'histoire " dans tous les partis, pour le meilleur et parfois, pour le pire, à l'extrême droite .

Dans la plupart des partis, les engagements ne sont plus militants depuis longtemps . Et pourtant, " militer ", cela avait un sens dans les années 1960, 1970 : guerre d'Algérie, décolonisation, programme commun de la Gauche .

Un engagement dans le Parti Communiste n'était pas un engagement ordinaire . Le parti était traversé de crises internes à cause des difficultés qu'il rencontrait avec la page à tourner de la déstalinisation, crises se terminant souvent par des purges .

Mais l'engagement dans le Parti, c'était bien autre chose : et d'abord une école . Pour s'y exprimer, il fallait commencer par s'imprégner de sa culture : lire les classiques du marxisme et du léninisme, les ouvrages et les articles des dirigeants et des intellectuels du Parti . On trouvait dans la bibliothèque du militant, Zola et Aragon, une histoire de la Résistance et celle du mouvement ouvrier et quelques auteurs soviétiques qui n'étaient pas toujours les plus mauvais . Le débat politique incitait les plus curieux à lire Le docteur Jivago et un peu plus tard Une journée d'Ivan Denissovitch .

Le militantisme était une incitation véritable à se cultiver, en fréquentant les théâtres populaires, les ciné-clubs, les fêtes du Parti, dont la dimension culturelle laisse, aujourd'hui, rêveur ( Fête de l'Humanité ) .

Dans les quartiers populaires, le mouvement ouvrier était une seconde école et pour beaucoup une école de la seconde chance . On essaie de reconstituer cela, aujourd'hui, d'en haut, avec des politiques de la ville stupides qui ne peuvent qu'échouer, puisqu'extérieures au milieu .

Car le Parti Communiste était bien celui de la classe ouvrière, c'est pourquoi on ne le quittait pas au moindre désaccord .

Aucun autre parti de gauche ou d'extrême gauche n'a jamais réussi à construire ce lien exceptionnel . Les gauchistes issus de Mai 68 ont reproduit, en pire, le modèle de fonctionnement stalinien, mais sans les ouvriers, avant de s'engouffrer dans les " carrières " ouvertes par les succès politiques du PS .

Le PCF a longtemps entretenu et réparé l'ascenseur social, par ses organisations, ses relais syndicaux et ses municipalités .

Malheureusement, des participations hasardeuses à des gouvernements socialistes ont éloigné de lui des dizaines de milliers de ces militants .

Le PS n'est jamais devenu un grand parti populaire car il n'a jamais réussi ou voulu intégrer la classe ouvrière . Aujourd'hui, pour ne pas gêner son " président-candidat ", il fait semblant d'exister .

L'UMP, quant à elle, refuse même d'exister, pour devenir " une simple enseigne ", à la gloire d'un " plombier " .

" Oui, c'était mieux avant " !

PS : d'après l'article de Guy Konopnicki, dans Marianne No 947 du 12 juin 2015 .

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Published by regain2012 - dans Politique
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