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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:27
business.lesechos.fr

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" Je nourris un pauvre et on me dit que je suis un saint ; je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir et l'on me traite de communiste " , ( Dom Helder Pessoa Camara, archevêque de Recife, Brésil, " l'évêque des pauvres " ) .

F. Hollande sait être prudent . A ses ministres qui s'emballaient sur le chiffre de la croissance, du 1er trimestre 2015, publié par l'INSEE le 13 mai dernier - + 0,6% - : " c'est la preuve que la ligne suivie est la bonne ", il a lancé : " Pas de précipitation, il faut attendre que les projections de l'INSEE soient confirmées " . Comme il a raison !

Tout à l'euphorie de ce premier chiffre réconfortant, ministres et journalistes, ne sont pas allés plus loin et n'ont pas vu les chiffres qui suivaient et qui décrivent un univers moins paradisiaque .

Et d'abord ceci : l'institut de la statistique précisait que par manque de recul, la marge d'erreur était de 0,3%, donc la croissance de ce 1er trimestre pourrait n'être que de 0,3% ( ou 0,9% pour les grands optimistes ) .

En outre le chiffre de ladite croissance pour 2014, annoncé en début d'année, à 0,4%, est révisé à la baisse : 0,2% - .

Par ailleurs, la divine surprise du 0,6% doit être tempérée . Un petit rien peut faire bouger le mercure du thermomètre .

Au dernier trimestre 2014, les températures étaient restées douces, réduisant les dépenses de chauffage des ménages . Au 1er trimestre 2015, les températures sont revenues à la normale faisant faire un bond à ces mêmes dépenses de chauffage, qui interviennent, selon l'INSEE, pour un tiers, dans le 0,6% annoncé . De la pure mécanique et donc rien qui puisse inciter à l'optimisme .

Car de la croissance, ce qu'en attendent d'abord les Français, c'est le travail qui va avec . Or, au premier trimestre 2015, notre économie a encore détruit 13500 emplois, alors qu'en moyenne 25000 jeunes entrent sur le marché du travail chaque trimestre . Information peu relayée par les médias, on se demande pourquoi .

En poursuivant la lecture du rapport, les uns et les autres auraient pu relever aussi qu'au cours du trimestre concerné nos importations avaient augmenté deux fois plus vite que nos exportations . Explication : les entreprises ne sont pas reparties à la conquête des marchés étrangers malgré la baisse de l'euro, et restent dans l'attente de nouveaux cadeaux fiscaux de la part du gouvernement ; la consommation des ménages a légèrement augmenté, profitant d'un peu de pouvoir d'achat laissé par la baisse du prix du pétrole et des carburants ; mais cette consommation a surtout permis aux usines d'écrans plats chinoises de tourner .

Un autre rapport aurait pu éveiller la curiosité des observateurs avisés, celui de la Direction Générale des Finances Publiques, à Bercy : en 2014, comme ne l'avait pas promis Manuel Valls, les impôts ont augmenté . Certes, 1,6 millions de foyers sont sortis de l'impôt sur le revenu, mais ce même impôt a rapporté à l'Etat, 3 Mds d'€ de plus que prévu . Cherchez le mistigri ! Les classes moyennes ont payé beaucoup plus . Celles qui seront à nouveau invitées à voter F. Hollande en 2017 .

Mais, dans toute cette grisaille ambiante, on voit apparaître le bout du tunnel . C'est le MEDEF et Pierre Gattaz qui l'ont désigné à la fin de l'année 2014 . Le bout du tunnel : " Le licenciement sans motif " . Ce sésame de la reprise a déjà fait son entrée à l'Assemblée Nationale sous la forme d'un amendement à la Loi Macron, déposé, en février dernier, par onze députés de l'UMP, avec en tête la bien nommée Mme Laure de la Raudière ( Chef d'entreprise et hautement cumularde en mandats électifs ) .

Cet amendement autoriserait ( s'il était voté ) un patron à licencier, sans motif, jusqu'à 10 salariés, chaque année, restant protégés les femmes enceintes et les salariés en congé de longue maladie . Nous avons une âme ! En outre, la France reprendrait sa signature de la Convention 158, de l'Organisation Internationale du Travail, du 22 juin 1982, qui interdit tout licenciement sans motif .

Cependant et ce faisant, elle se mettrait hors la loi, par rapport à la charte européenne des droits fondamentaux de 1999 . Nos honorables élus n'y ont pas songé .

M. Gattaz, quant à lui, passe allègrement sur tout cela . Ce qui l'intéresse c'est de se débarrasser, demain, sans aucune entrave, de la personne qu'il salarie aujourd'hui, obsédé qu'il est par la procédure finale, la rapidité, le coût de la rupture du contrat .

" Un chef d'entreprise n'a pas la tête encombrée par le désir de garder longtemps un bon ouvrier ou par les sottises du genre : mon carnet de commandes impose que j'embauche ", nous dit le socialiste Gérard Filoche . Non ! L'important est de ne pas être obligé d'envoyer une lettre, ni d'assumer un entretien de licenciement, ni de convoquer le salarié, les yeux dans les yeux, ni de motiver sa décision et encore moins de payer des indemnités .

En somme, ce que nous propose le MEDEF, c'est comme un divorce ( que l'ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, appelait gentiment : " la séparabilité " ) . " Un divorce où ce serait toujours le même qui garderait la maison et les meubles " . (G.F.) .

NB : les chiffres sont empruntés à l'article de Hervé Martin " Enthousiasme décroissant ... ", Le Canard Enchaîné du 20 mai 2015 .

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Published by regain2012 - dans Economie
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