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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 13:52
Siryza .

Siryza .

" Cependant, depuis la nuit des temps, le chant des sirènes attire les poètes . L'écriture permet de les approcher mais ils restent attachés au mât d'une réalité rassurante, ainsi qu'Ulysse sur son navire " . ( Freud, 1908, la littérature, une activité de " fantasme " ) .

Les approximations journalistiques concernant les récentes élections législatives grecques, si elles sont, parfois, le fait d'une ignorance désespérante, ont surtout pour objectif de masquer une réalité européenne : il n'est plus permis, aux peuples qui composent l'Europe, de critiquer et de s'opposer au dogme néolibéral inscrit dans le marbre du Berlaymont, rue de la Loi, à Bruxelles, depuis la signature du Traité de Maastricht, en 1992 .

Que vous soyez libéral ou anticapitaliste, européiste ou europhobe, pour une finance régulée ou une finance encadrée, vous serez mis dans le même panier, le panier du populisme, et jeté à la mer, si vous vous permettez la moindre éraflure aux tables de la Loi, si vous osez quitter votre fenêtre pour intervenir dans les évènements qui agitent la cour de l'immeuble .

Telle est la règle qui prévaut, en " médiacratie ", pour nous parler de Syriza . Qualifier ce mouvement de " Gauche radicale " illustre une volonté d'en détacher les opinions publiques européennes, afin de circonscrire toute contagion .

C'est pourquoi examiner le genèse de ce mouvement s'impose à nous . Tout commence en août 1968, avec l'invasion de Prague par les chars soviétiques : le Parti Communiste grec ( KKE ) explose en deux courants, les prosoviétiques et les partisans de " l'eurocommunisme " promu par l'Italien Enrico Berlinguer, l'Espagnol Santiago Carrillo et le Français Georges Marchais . Malgré une tentative de rapprochement en 1989, le divorce des frères ennemis est consommé en 1991 .

Les réformateurs se regroupent au sein du mouvement " Synaspismos ", matrice majoritaire de l'actuel Syriza, devenu parti unique en mai 2012, pour des raisons de loi électorale, attribuant un bonus de 50 sièges au Parlement, au parti arrivé en tête aux élections législatives . Alexis Tsipras, comme d'autres cadres de Syriza, est un ex-militant de " Synaspisnos ", une sorte de PSU français des années 1960, à la sauce Michel Rocard, finalement plus centriste que radical . Et certainement pas anti-européen .

Politiquement, Syriza est le produit direct des plans d'austérité, sans équivalent en Europe, imposés à la Grèce, et c'est ainsi que se définissent ses électeurs .

Il n'a rien à voir avec le Front de Gauche français, alliance de vieux briscards du PS, en rupture avec leur parti, de gauchistes et d'écologistes déçus, et d'un PCF en difficulté . Syriza a bénéficié, en outre, de l'effondrement spectaculaire du PASOK ( PS grec ), dont les turpitudes ont écoeuré le peuple .

Il n'empêche que Syriza peut écrire une histoire singulière de son pays, mais qui s'écrira bien plus sous la bannière d'une " souveraineté nationale retrouvée ", après les humiliations subies, que sous l'étendard d'un antilibéralisme assumé . Syriza ne tient pas à être détaché du mât du navire européen . C'est à cette aune là qu'il faut comprendre l'alliance avec les " Indépendants ", un tantinet xénophobes .

La " radicalité " est un principe fort commode pour mettre à l'index tout ce qui dérange et pourtant c'est un principe très relatif .

Chez nous, en France, la gauche radicale ( ou extrême-gauche ) ce furent, en 1848, Louis Blanc et Ledru-Rollin, en 1870, Gambetta et V. Hugo, en 1890, Clémenceau et en 1910, Jean Jaurès, explique Jean-François Kahn, dans Marianne ( No 928 ) .

Ce rejet massif par l'oligarchie européenne de la réaction du peuple grec, en termes trop globalisants, est peu intelligent, car il masque le vote censure contre " l'establishment " ( droite et gauche institutionnelles dans le même sac ), contre les élites autoproclamées, devenues des castes, contre les politiques d'austérité auxquelles échappent, en France comme en Grèce, la caste des oligarques, contre le " carcan " européiste qui a tourné le dos, depuis 1992, aux principes fondateurs .

Un terreau dans lequel sont venues s'ensevelir, les unes après les autres, toutes les " social-démocratie " européennes, de Scandinavie à la Grèce, et dont se repaissent aujourd'hui, toutes les forces néo-fascistes du continent .

Il ne s'agit pas, ici, de jouer les " Cassandre " mais ... A quoi a conduit, au Moyen-Orient, l'éradication , sous direction américaine, des régimes socialisants et antioccidentaux ( Nassérisme, Baasisme ), afin de préserver les régimes ultra-conservatismes " capitalisto- théocratiques " mais pro-occidentaux ( Saoudien, par exemple ) ? A l'apparition d'un grand vide que l'islamisme politique et radical s'est vite empressé de remplir .

La victoire du dogme génère toujours le triomphe de l'horreur !

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Published by regain2012 - dans Politique
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