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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 14:20

Sous-titre : " Rien ne sera plus comme avant " !

Il est des gens pour qui, se féliciter de la crise, est un acte de foi . " On serait entré dans une nouvelle société qui se débarrasserait, non sans peine, de contraintes archaïques, d'une organisation du travail - la société du salariat - qui ne répond plus au progrès . Le progrès passerait exclusivement par le triomphe de la robotisation, de l'automatisation, de l'informatique ... Le travail lui-même serait une fonction dépassée, un blocage de la créativité " ! ( Michel Clouscard , Les métamorphoses de la lutte des classes ).

Le titre du présent billet demande un éclaircissement . Il ne s'agit pas de nier aux politiques une certaine volonté de vouloir faire baisser le chômage, mais dans le contexte d'une crise généralisée du système, leur action est, aussitôt engagée, paralysée . Le chômeur de moins dans l'environnement actuel, enfante deux pauvres : lui-même, embauché pour un salaires très bas, sur un contrat précaire, des frais de transport élevés, un loyer prohibitif . De chômeur, le voilà devenu, d'un mot très moderne, " travailleur pauvre " .

Par dessus le marché - si j'ose dire - il va coûter à l'entreprise des cotisations que l'Etat va prendre en charge, car le chef d'entreprise ne veut plus payer, et donc être la cause d'augmentations d'impôts et de réductions des aides sociales, qui vont retomber sur son voisin, qui devient, du coup, le deuxième pauvre .

Cette expression synthétise parfaitement le blocage de la société devant lequel le libéralisme nous a conduits, blocage né de la contradiction majeure dans laquelle ce système s'est " enferré ", qui peut être traduit, aussi, par une autre expression, bien connue des milieux économiques : " Quand le chômage diminue, aux Etats-Unis, Wall Street s'effondre " ... Expression sur laquelle nous reviendrons .

C'est bien dans une nouvelle société que nous venons d'entrer, mais bloquée, c'est pourquoi les idéologues essaient de s'en sortir, mais non pas en cherchant à la dépasser, c'est devenu impossible ; alors on " tripatouille " la réalité, on agite le " bouillon " ;dérèglementation, ainsi ce qui n'était que les pires effets de la crise, devient " norme " - mais jusqu'à quand - : dérèglementation, flexibilité de l'emploi, délocalisation .

Et les médias à la solde, se voient assigner une mission précise : il faut faire accepter chaque ratification des dégâts provoqués par la crise comme un progrès vers la " modernité " .

L'allusion précédente à " Wall Street " nous permet d'exprimer schématiquement la contradiction fatale qui frappe le stade ultime du libéralisme .

Oui, il peut y avoir, de-ci, de-là, un " epsilon " de reprise, dans les mois qui viennent ( d'ailleurs, observez comment les journalistes se jettent, affamés, sur le moindre 0,1% de croissance ), mais qui ne fera pas long feu, car au départ de toute relance, il y a désormais "surchauffe ", inflation si vous voulez : or, ce mot est frappé d'excommunication, depuis bien longtemps, dans le monde économique, puisqu'il rogne les revenus des épargnants et des investisseurs .

C'est que la relance de la consommation, seule à même de réduire le chômage - le reste n'est que baudruche médiatique - passe par l'augmentation du pouvoir d'achat, c'est à dire des salaires et du développement du crédit . La reprise de l'inflation est fatale . Du coup, la rentabilité de l'argent diminue , l'intérêt étant réduit par l'inflation . C'est donc le capitalisme financier et bancaire qui est alors en question et menacé .

Aussi pour enrayer cette dévalorisation de son capital, le capitalisme financier et bancaire relève les taux d'intérêt, mais alors, c'est le capitalisme industriel, qui ne retrouvant pas ses petits renonce aux investissements productifs .

Tel est le cycle infernal d'une économie bloquée par ses contradictions : pourquoi prendre le risque d'investir alors que le bénéfice envisagé sera moindre que celui de l'argent qui dort, dans les dettes publiques, par exemple .

C'est là toute la vacuité du système dual que le libéralisme a mis en place : le capitalisme financier contre le capitalisme industriel . Et n'allons pas prendre cela pour une nouvelle lutte des classes, quand il ne s'agit que d'un combat entre requins .

La gestion de l'impressionnante technostructure libérale ou social-démocrate a pu longtemps contenir et limiter cette contradiction, en jouant - non sans succès - sur les quatre grands paramètres qu'elle avait inventés : commerce extérieur, inflation, chômage, niveau de vie . Selon la conjoncture économique, la manipulation de tel ou tel paramètre apportait une amélioration, dans la mesure où un autre en supportait les conséquences, puis à son tour ce dernier était réparé au détriment des autres ...

Mais le petit jeu technocratique des rattrapages puis des compensations n'est plus possible : les critères de convergence de Maastricht, la monnaie unique, la réduction drastique des déficits, l'austérité, en instituant " la désinflation " comme " loi sacrée " ont définitivement et durablement sacrifié l'emploi : chômage massif et nouvelle pauvreté .

La situation est irréversible et catastrophique .

" Le péché originel du libéralisme est le profit . Il mourra du profit " . ( Michel Clouscard ) .

greenetvert .

greenetvert .

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Published by regain2012 - dans Economie
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