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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:37

(1) . " Eh bien, continuons " est la dernière réplique de la pièce " Huis clos ", de Jean-Paul Sartre . (Continuons pour rien, vers rien, un rien sans guillemets ...semble-t-elle signifier) .

Nos derniers billets essayant de décrypter les lois profondes du libéralisme et de son dernier avatar le capitalisme financier débridé et sauvage, parvenu à son achèvement et donc à son blocage, devant trouver une conclusion, une insoutenable question a perturbé notre esprit . Et si la dégénérescence du système était un contrat à durée indéterminée, et si elle pouvait durer toujours, dans cet état de pourrissement que nous avons décrit ... et qui deviendrait éternel ?

C'est ainsi que nous est revenue en mémoire la dernière expression de " Huis-clos " . Le constat de dégénérescence ne suffit pas ; on ne peut établir des postulats de résistance sur " une fin sans fin ", sur une attente résignée .

Résumons-nous ! Il a fallu, au début de la mise en place de la dernière révolution libérale, duale, production-consommation, toute une accumulation de circonstances : saturation relative des biens d'équipements - compensée, un temps, par la technique de l'obsolescence programmée de ces biens -, la baisse du pouvoir d'achat, la fin des avantages de l'inflation - le crédit facile - , le chômage de masse, les nouveaux pauvres, l'angoisse du lendemain, la peur de l'avenir pour ses enfants, autant d'éléments dont le cumul conduit les couches populaires, les plus nombreuses, à se détourner de la consommation inutile, la marchandise capitaliste trouve de moins en moins preneurs, la marché se réduit de plus en plus .

Automatiquement, la célèbre loi - dite naturelle - de l'offre et de la demande se met à jouer à plein : moins de pouvoir d'achat, moins de clients, baisse des prix , loi à laquelle il faut ajouter sa consoeur, la non moins célèbre : " la libre concurrence " .

Une fois de plus, les dogmes du libéralisme vont se retourner contre lui . La libre concurrence est devenue implacable . Guerre civile entre les Etats ou les zones post-industrialisés( Europe, EEUU, Japon ) mais aussi agression extérieure des pays émergents ( Chine, Russie, Brésil ), détenteurs de l'arme suprême, " les délocalisations ", autre principe libéral, qui se retourne contre le créateur, parce que, pour un Chinois, par exemple, " A libéral, libéral et demi " .

Mais, contradiction sur la contradiction, les prix bas obtenus par les délocalisations et l'arrivée des pays émergents sur le marché occidental, n'arrangent rien . Le constat est sans appel : plus les prix baissent et moins les biens et les services trouvent preneurs ( austérité, Maastricht, monnaie unique ), ce qui entraîne une réduction des investissements et de la production, donc le chômage de masse : la déflation !

Tout cela peut-être remis en situation historique, pour la clarté du propos .

Au commencement de ce que les observateurs assermentés appellent la " modernité ", il y eut la crise de 1929, déjà générale, première remise en cause accablante du principe même du libéralisme, dépassée, essentiellement grâce à la deuxième guerre mondiale, mais aussi " la rénovation " de ce libéralisme : radicaliser le développement maximal de son principe : la systématisation du profit . En somme, aller jusqu'au bout de ce qui n'avait été réalisé qu'en partie .

Nous l'avons déjà écrit : développer deux marchés, le marché des marchés traditionnels, des biens d'équipements, et le marché du " désir ", la double économie, l'exploitation archi-brutale du producteur et la permissivité des mœurs, l'économie du diurne et l'économie du nocturne, de la jouissance sans frein .

Cette dernière semblant pouvoir se développer à l'infini, puisqu'elle recouvre toute l'existence de l'être .

La permissivité totale ne pouvait qu'enfanter un autre avatar : l'économie de l'interdit, souterraine, parallèle . L'économie " complémentaire " du blanchiment d'argent, des mafias, des " affaires " assise sur le trafic de drogue, le trafic d'armes, le trafic d'êtres humains ... autant d'horreurs, tout à fait acceptées, car porteuses de dynamique pour le marché officiel . L'économie nocturne et de l'interdit jouant le rôle de vitrine publicitaire et promotionnelle ; l'économie souterraine apportant à l'économie licite l'injection d'énormes capitaux, la sauvant provisoirement .

Reconnaissons que Marx n'avait prévu ni théorisé cette économie de la complémentarité .

Alors, voici la question qui se pose : Comment pourrait-il y avoir une réelle " relance ", promise par tous les économistes appointés, d'un système dans lequel tout est accompli, que tout a été essayé ? demandait le philosophe Michel Clouscard, il y a quelques années .

Le capitalisme n'a-t-il pas réussi le développement maximal de son principe immanent : l'enrichissement, jusqu'au vertige, des propriétaires des grands moyens de production ? Oui, mais ! C'est aussi dans son " apogée " que sont apparues les causes de sa dégénérescence future .

La leçon devient évidence : la dégénérescence d'un système économico-politique ne s'achève que si on l'achève ! Autrement, l'agonie pourrait indéfiniment se prolonger, dans une dégénérescence de plus en plus sauvage, barbare .

Le dilemme nous ramène à Huis-clos : " Continuons " ou " Passons à l'acte " !

NB : texte inspiré par l'essai du philosophe Michel Clouscard, " Les métamorphoses de la lutte des classes " .

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Published by regain2012 - dans Economie
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