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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 14:33

" La fortune est aveugle et l'argent n'a pas d'odeur, disent les proverbes . C'est pourquoi les financiers s'efforcent de perfectionner le toucher " . ( Paul Laffitte, Jeroboam ou la finance sans méningite ) .

Le 15 octobre dernier, la séance boursière mondiale a fait une glissade qui mérite notre attention : - 7% à Athènes ; -4,4% à Milan ; -3,6% à paris ; - 2,9% à Francfort ; - 2,8% à Londres ; - 1% à New-York . En quelques jours, toutes les hausses enregistrées sur les places boursières européennes depuis le début de l'année 2014, ont été effacées .

La glissade des marchés d'actions a entraîné les autres marchés dont le marché obligataire des emprunts d'états qui a fait le grand écart . Les spéculateurs se sont précipités vers les pays considérés sûrs, les taux d'intérêts allemand sont restés très bas à 0,7%, mais ont fui les pays jugés risqués : c'est ainsi que les taux grecs sont passés à 8,9% . ( Parallèlement, le prix du pétrole a perdu 20% depuis le mois de juin, le baril de Brent passant en dessous de 85 $ ) .

Cette fièvre financière évoque les biens mauvais souvenirs de l'année 2008 et ses conséquences .

Que se passe-t-il ? Entre 2012 et 2014, depuis deux ans donc, les marchés boursiers ont paru vivre dans un autre monde . Tandis que la planète se débattait dans les suites de la crise qui avait éclaté en 2008, ils ont nagé dans une douce euphorie .

Tandis que les salariés, les chômeurs, les retraités et la jeunesse européens courbaient l'échine sous la multiplication des plans de rigueur et le knout fiscal, la hausse des indices boursiers a été ininterrompue pendant tout ce temps . Entre le mois de juin 2012, au plus fort de la crise de l'euro, et l'été 2014, l'indice du CAC 40 a augmenté de 50%, le Dax allemand de 65% et le S§P 500 de New-York de 56,7% . Comment expliquer une telle envolée des cours, alors que la croissance mondiale se traînait à 3% et que la zone euro était en récession ( quoiqu'ils disent ) .

Les économistes et les analystes indépendants répondent sans hésitation que rien ne justifiait une telle fièvre, sinon le creusement délibéré de l'écart entre la finance et l'économie réelle, " maladie non-infantile " du néolibéralisme .

Les grandes banques centrales ont leur part de responsabilité dans cette exubérance boursière . Totalement prises de cours par la crise financière de 2008, elles ont pratiqué des distributions d'argent gratuit pour tenter de faire repartir la machine et ont accordé aux banques des milliers de milliards .

Cet argent destiné au crédit en vue de faire redémarrer l'économie réelle a été capté par la sphère financière . Celle-ci a détourné les milliards offerts, sans contrepartie, pour les investir dans tous les marchés qui lui semblaient bien plus profitables que les difficiles investissements productifs : marchés boursiers, immobilier, matières premières ont connu une véritable explosion .

Le dérèglement étant devenu la norme, les entreprises ont suivi . Les perspectives de leurs activités étant bien plus médiocres que les jeux financiers, elles ont réservé l'essentiel de leurs bénéfices aux dividendes et aux rachats d'actions . Une partie d'entre elles se sont même endettées pour racheter leurs actions et les faire monter . Ne cherchez pas ailleurs la cause du chômage de masse .

L'agence financière Bloomberg a pu écrire que les groupes figurant dans l'indice S&P 500, s'apprêtaient à dépenser 914 Mds de $, 95% de leurs résultats, dans les politiques de rachats d'actions et de dividendes . L'ensemble des flux de liquidité générés par une société ( cash-flow ), utilisé dans le rachat d'actions a triplé en une décennie, dit encore cette agence . Les rachats d'actions ont augmenté de 300% depuis mars 2009 au lieu d'aller à l'investissement productif .

Et là, on va oser rire, un peu ! Qui ne se souvient, chez les anciens, du célèbre sketch de Fernand Raynaud : " Allo ! tonton, pourquoi tu tousses ? " . Voilà que les marchés se fâchent parce qu'ils craignent que les dirigeants d'entreprises n'étouffent la croissance boursière, s'ils ne réinvestissent pas, d'urgence, dans leurs activités .

Seulement, il y a un problème : ces dirigeants ont jeté l'argent par les fenêtres, en voulant d'abord soutenir les cours de leurs actions , artificiellement, donc en ne produisant pas .

Et la banque des règlements internationaux ( BRI ) de s'en mêler : " Les politiques des Banques Centrales - et l'aveuglement des dirigeants des grands groupes - nous conduisent à une nouvelle crise financière, potentiellement plus importante que celle de 2008 ", les Etats étant exsangues .

NB : d'après le billet de Martine Orange du 16 octobre 2014 sur Mediapart, " Chute des marchés, c'est grave docteur " ?

graduateinstitute .

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Published by regain2012 - dans Economie
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