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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 15:07

" Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué !, Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé, jusqu'à présent, de plus sacré et de plus puissant, a perdu son sang sous notre couteau ... " . ( F. Nietzsche, Le gai savoir, l'insensé ) .

" Dieu est mort ? Cela reste à voir ... ". Aucun champ fécond n'est né de cette hypothétique disparition, le nihilisme, le culte du rien, la passion pour le néant, la fascination pour les abîmes sont toujours là . Tableau sinistre d'une apocalypse déprimante ...

Et d'ailleurs, qui a vu le cadavre ? Qui a assisté à la décomposition du cadavre ? Le Dieu invisible de son vivant, est resté invisible après sa mort . Ce ne fut qu'un effet d'annonce dont on attend toujours les preuves, mais qui pourra les donner ?

" Pour que la mort de Dieu fût avérée il eût fallu des certitudes, des indices, des pièces à conviction ", apportées par un juge d'instruction instruisant à charge et à décharge . Or tout cela a manqué ... Et puis, où serait - il mort, Lui qui est partout ? Tué par qui et avec quelle arme ? " Un livre, des livres, une œuvre " ? Et ne faudrait - il pas qu'il soit un Dieu supérieur le meurtrier de Dieu ?

Dieu n'est ni mort, ni mourant parce qu'il est non mortel ! Une fiction ne meurt pas, une illusion ne trépasse jamais, un conte pour enfant ne se réfute pas .

La mort de Dieu fut un impossible récit métaphysique du XXe siècle né des charniers de 14-18, un XXe s., un récit qui se mit à voir la mort partout : " mort de l'art, mort de la littérature, mort de la philosophie, mort du roman, mort de l'histoire et même la mort de la politique " .

Autant de morts qui ne furent utiles qu'à quelques uns : la mort du roman générant des romans, la mort de l'art des œuvres d'art, la mort de la philosophie permettant la philosophie, la mort de la politique autorisant plus d'économie . La mort de Dieu, elle, a produit encore plus de sacré, de divin, du religieux, par brassées .

Jamais autant de fausses informations n'ont été célébrées comme autant de vérités révélées, qu'en ce début de XXIe siècle .

" On ne tue pas un souffle de vent, une odeur, un rêve, une aspiration " . Dieu n'a été fabriqué par les mortels et à leur image que pour les aider à rendre possible la vie quotidienne malgré le trajet que tout un chacun doit accomplir vers le néant . Tant que les hommes auront à mourir , une partie d'entre eux ne pourra soutenir cette idée et s'inventera des subterfuges or on n'assassine pas un subterfuge .

Ce serait même plutôt le contraire : c'est le subterfuge qui nous tue, car " Dieu met à mort tout ce qui lui résiste, et en premier lieu la Raison, l'Intelligence, l'Esprit critique ".

" Le dernier dieu ne disparaîtra qu'avec la disparition du dernier homme ", emportant avec lui l'angoisse existentielle , cette machine à créer des divinités .

Aujourd'hui, dans le paysage dévasté d'un monde occidental aux abois, Dieu se réveille de mauvaise humeur et dresse, dans les déserts d'un Moyen-Orient toujours plus insaisissable, un monstre d'horreur, nourri au lait des pétrodollars saoudiens, appelé à éradiquer les créations diaboliques que sont " la vitesse supersonique, la conquête spatiale, l'informatisation généralisée, le séquençage du génome humain, l'énergie nucléaire ou les débuts du post-humain " . Une vision du monde qui justifie les logiques de marquage, de possession, de gestion et d'extension du monde à partir de morceaux d'un texte né, au début des années 630, dans une époque tribale, féodale et clanique .

La démocratie vit de mouvements, de changements, de dynamiques permanentes, elle se crée et se métamorphose en regard d'un vouloir de forces vivantes, elle recourt à l'usage de la raison, au dialogue des parties prenantes . A l'inverse, la théocratie invoquée par l'Etat islamique ( marque de fabrique également de l'Arabie Saoudite ou du Qatar ) se veut - à coups de pétrodollars, tout de même - immobile : pour jouir de la mort et de l'irrationnel .

La religion devient dès lors une affaire d'Etat : non pas une communauté restreinte, un groupe limité mais la société tout entière . L'élargissement de la sphère religieuse à la sphère politique puis à la totalité de la sphère humaine, définit le totalitarisme .

" Alors l'Etat sert l'idée et la famille, le travail, l'école, la caserne, l'hôpital, le journal, les loisirs, les lectures, le tribunal, le stade, la culture relaient l'idéologie " .

Lecture du texte par les prélèvements pour vivre sa spiritualité dans la modernité, ou lecture littérale et archaïque qui peut autoriser toutes les exactions : tel est le défi auquel est confronté le monde musulman et auquel il est le seul habilité à chercher les réponses .

NB : Les citations sont des emprunts au livre de Michel Onfray " Traité d'athéologie " , Grasset, 2005 .

" Dieu respire encore ... " .

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Published by regain2012 - dans philosophie
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