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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 13:13

" The dollar is my god " .

Le 18 décembre 1971, quatre mois après la décision du Président Nixon de dévaluer le dollar et de supprimer sa parité avec l'or, le Secrétaire au Trésor américain de l'époque, John Conally, annonce, devant un parterre de Ministres des Finances européens qui n'en croient pas leurs oreilles : " Le dollar est notre monnaie et c'est votre problème ... " .

Les Etats-Unis proclamaient alors qu'ils reprenaient la propriété exclusive de leur monnaie, même s'ils pouvaient, à leur convenance, en accorder partiellement l'usufruit à quelques nations choisies . Il faut comprendre que ce n'était pas la banque centrale qui créait la monnaie mais le Département du Trésor - Ministère des Finances - en d'autres termes, le gouvernement . Le dollar devenait de facto une arme géostratégique, financière et commerciale .

L'affaire du conflit actuel entre la première banque française BNP- Paribas et la Justice américaine, qui s'est achevée hier par une transaction " à l'amiable " de presque 9 Mds de $ de pénalités pour la banque française, illustre tout à fait cet " Imperium " .

Pendant une dizaine d'années BNP- Paribas s'est crue autorisée à présenter à la chambre de compensation américaine du dollar, des billets verts tirés de la vente de pétrole iranien, l'Iran étant alors placé sous embargo par le Congrès des Etats-Unis . Mais ce même embargo n'avait pas été décidé par le Parlement français . Les gouvernements français n'avaient cessé durant ces mêmes années de négocier avec les Américains les contenus de cette mesure .

Pour les Américains, le comportement de BNP- Paribas a été immoral car il équivalait à vouloir blanchir , chez eux, de l'argent sale venu de " l'axe du mal ", les islamistes . Certes BNP-Paribas n'y était pas allée " de main morte " : environ 30 Mds de $ de transactions, sur dix ans .

BNP-Paribas pouvait-elle ignorer qu'ayant acquis une licence l'autorisant à travailler sur le territoire des Etats-Unis, et en dollars, dans le Comté de New-York, elle pouvait tomber, un jour ou l'autre, sur une demande de comptes de la justice américaine ? En l'occurrence, c'est le procureur de New-York, Cyrus Vance Jr, qui a un contentieux avec la France depuis son échec dans les poursuites engagées contre DSK, en 2011, qui mène le bal .

A quel jeu ont voulu se frotter les dirigeants de BNP- Paribas, alors que les Iraniens, sentant venir les mesures américaines, avaient pris la précaution d'autoriser, dès 1999, les transactions commerciales menées chez eux, en " euros " ?

Cette deuxième formule , certes, avait un coût : des frais de couverture de change qui n'existent pas aux EE-UU . Cupidité, quand tu nous tiens !

Qu'on ne nous parle donc pas de la naïveté des dirigeants de la banque . Quant à dire qu'ils pensaient que les lois françaises ou le droit européen les protégeaient, ils sont bien les seuls à y croire . Retenons simplement que pour les Américains, leur Loi est supérieure aux lois des autres, ce qui doit nous rendre plus que suspect, le fameux accord transatlantique, qui a défrayé la campagne des élections européennes .

Le souci, si souci il doit y avoir, c'est que l'attaque vise seulement un établissement français et que le montant des pénalités est exorbitant et unique : une fois et demi le chiffre d'affaires de BNP - Paribas .

Il n'est pas inintéressant de savoir que 11% du pétrole importé par la Chine est iranien et payé en dollars par les banques chinoises installées aux EE-UU . Mais le gouvernement de M. Obama ne va pas s'en prendre au premier créancier de son pays .

La banque a réglé la question, comme on la règle toujours dans les milieux d'affaires : on se sépare des lampistes, quelques cadres de la succursale suisse, toute petite entité ( 1.8% du chiffre d'affaires du géant BNP - Paribas ), à laquelle on impute la faute, et que la direction centrale accuse d'avoir été irresponsable .

Empire américain, grenouilles françaises voulant jouer dans " la cour des grands ", pour justifier leurs rémunérations exorbitantes, renvoyons les uns et les autres, dos à dos, puisque le client paiera la note en frais bancaires .

NB : d'après l'article de J. L. Gombeau, Quand les naïfs de BNP ..., Marianne No 897 du 27 juin 2014 .

 " Pour une poignée de dollars " .

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Published by regain2012 - dans politique
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