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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 14:35

" Tous les intellectuels de gauche aux mains propres n'ont jamais compris qu'on pouvait jouir en buvant le foutre du capital " . ( Jean-François Lyotard ) .

Ce samedi 15 juin, Manuel Valls sortant de la réunion du Conseil National du PS, nous a presque tiré des larmes, en lançant à la presse une prophétie alarmante (1) : " La gauche peut mourir " !

Emouvant Manuel Valls qui ne sait pas que la gauche est morte, la gauche de gouvernement s'entend, la gauche dite réaliste, quelque part, dans les années 1980 ( La Décennie : le grand cauchemar des années 1980 , François Cusset ) .

Touchant Manuel Valls qui feint d'ignorer qu'il a en charge " l'inhumation " de cette gauche moribonde, lui qui voulait, il y a quelques années, que le PS changeât de nom, pour ne plus apparaître de gauche ; il a trois ans devant lui pour accomplir sa mission et son zèle ne saurait être mis en cause .

Mais là n'est pas mon sujet ! La question qui me taraude est la suivante : pourquoi, au fil des échéances électorales, des " déculottées " enregistrées par le PS, la gauche de la gauche ne progresse-t-elle pas ? Pourquoi les dérives droitières du PS n'ouvrent-elles pas un boulevard au Front de Gauche ou au NPA ? Pourquoi, ne trouve-t-on pas, en France, une situation proche de celle de la Grèce, où, le " Parti Syrisa " - Front de gauche - est le premier parti en voix, plus de 26%, après l'effondrement spectaculaire du Pasok ( PS ) à 8% ? ( Aux 26% de Syrisa, peuvent être ajoutés, en termes de contestation antilibérale, les 7% du Parti Communiste Grec ) .

L'hégémonie idéologique actuelle et réelle de la droite, et de l'extrême droite, ne saurait venir de différences entre les politiques économiques puisque l'UMP et le PS mettent en oeuvre les mêmes mesures ( Hollande = Sarkozy dans ces domaines ), et il n'y a pas place, entre elles, pour une feuille de papier à cigarette .

L' hégémonie idéologique actuelle de la droite et de l'extrême droite prendrait-elle naissance dans un divorce flagrant entre les politiques identitaires des deux camps ? La violence du quinquennat de Nicolas Sarkozy contre les étrangers, les immigrés, illustrée par le désormais célèbre Discours de Grenoble du 30 juillet 2010, sur la " déchéance de nationalité " de certains délinquants, n'a pas été combattue par le PS .

En matière d'immigration, sous F. Hollande, " le verbe est moins haut, mais les chiffres d'expulsions ne baissent pas " ( Eric Fassin ) ; contre les Roms, les discours et les actions de M. Valls ( démantèlements spectaculaires de camps ), se sont même aggravés, au cours de l'été 2012, ce qui vaut au Premier Ministre une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, ce 5 juin .

Du PS, au FN, en passant par l'UMP, c'est le même discours identitaire qui s'est imposé . L'espace est très étroit, du coup, pour la gauche de la gauche et son internationalisme, illustré par le discours de J.L. Mélenchon, sur les plages du Prado, à Marseille, le 14 avril 2012, paroles lancées vers l'autre côté de la Méditerranée .

L'idéologie néolibérale a démontré un génie particulier, dès les années 1980, pour exploiter l'explosion de 1968 contre les vieux carcans et en faire une apologie de l'individualisme, du plaisir et du laisser-faire .

De prétendus " nouveaux philosophes " ( Lévy, Gluksman, Bruckner ) nous faisaient découvrir l'horreur, connue depuis longtemps des " totalitarismes "; des saltimbanques s'engageaient pour nous faire aimer l'esprit d'entreprise ( Montand, Vive la crise ) ; des spécialistes de la " rapine " d'entreprises en difficulté ( Tapie , Gagner, vivre, c'est bouger ) devenaient des héros de la réussite personnelle, promise à tous et à chacun s'il sait se bouger ; l'essai sociologique et économique ( Attali, Minc ) devient " best-seller " ; des directeurs de presse et des rédacteurs en chef ( Julliard, Joffrin ), éteignent dans les médias toutes velléités de contestation du dogme afin de nous placer dans l'obligation d'aller dans le sens du vent, c'est à dire du fatalisme économique ... une promesse faite aux " perdants " qu'ils ont une chance d'atteindre la félicité de ceux qu'ils admirent dans les médias .

La chute du mur de Berlin est un évènement qui va conforter durablement cette ligne . Pendant des années, nous allons vivre sous la voûte de la culpabilisation : quiconque se mobilise est diabolisé, parce qu'ayant partie liée avec le communisme et l'horreur soviétique .

Mais, environ dix années plus tard, un autre évènement vient contrarier la première partie du scénario : la chute des tours jumelles de New-York . L'évènement, surdimensionné, au regard de tout ce qui a suivi au Moyen-Orient, contraint les idéologues occidentaux à - dans un enchaînement dialectique digne de Hegel - enclencher le deuxième courant qui identifie le néolibéralisme, et qui vient faire cause commune avec le laisser-faire économique : le néo-conservatisme . C'est un courant nécessaire pour faire adhérer le public aux guerres à venir au Moyen-Orient, à la lutte contre les terrorismes et donc aux lois d'exception que cette lutte induit .

Le néo-conservatisme ou conservatisme sécuritaire, mouvement agressif, militariste, interventionniste, axé sur des valeurs morales et religieuses dans ce qu'elles ont de plus rétrograde, ( le créationnisme, par exemple ) .

Retenons, d'ores et déjà, que la fragilité du système se trouve là : la fragilité du néolibéralisme réside dans cet attelage improbable, laisser-faire économique et contrôle physique et moral des groupes, deux dimensions susceptibles d'entrer en conflit à tout moment .

C'est le cynisme suprême : sur la scène, les chants aux valeurs, au retour aux racines, à l'identité, à la France éternelle donc chrétienne , le divertissement de leurs amicales diatribes, offert par nos élites au peuple, pendant que dans les coulisses on préserve l'accord sur l'essentiel : les intérêts des classes possédantes .

Pour l'instant le rideau d'avant-scène ne permet pas aux idées de solidarité, de coopération, d'entraide, de destin collectif de réinvestir la salle, la génération actuelle baigne encore trop dans le " mythe " du salut individuel, l'effritement des structures collectives des trois dernières décennies, dont les " producteurs des discours de gauche " furent porteurs, est encore trop présent .

Mais la folie technocratique du PS, née sous les années Mitterrand et qui éclate comme un feu d'artifice, aujourd'hui, dans la bulle du hollandisme, connaîtra son crépuscule, comme le Pasok grec : alors, tout redeviendra possible .

NB : Source, http://www.article11.info/?Annees-1980-les-fossoyeurs-du-nouveau-monde .

 " La gauche peut mourir " (1) .

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Published by regain2012 - dans politique
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