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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 15:04

" L'Union Européenne constitue une organisation internationale inédite à bien des égards , qui n'est ni le fédéralisme " étatsunien ", ni la structure intergouvernementale " onusienne " . ( Serge Halimi ) . " Deux europes coexistent : celle qui se fait et celle qui s'imagine " . ( Alain Cotta, économiste ) .

Un tel système, issu, à l'origine, de l'histoire européenne, ne correspond à aucun modèle connu . Ne peut-on pas faire le constat, qu'aujourd'hui, l'Europe s'occupe de tout, mais selon des échelles pouvant aller de un à cent, propres à chaque sujet .

Elle assume à 100% la concurrence et la monnaie, par exemple ; mais 1% des questions de défense et de sécurité . Les modalités de prises de décision ne reflètent rien moins que l'attachement porté par les Etats à leur souveraineté : le vote à l'unanimité prévaut pour les questions fiscales et de défense ; la majorité qualifiée suffit pour les questions de concurrence . Peut-on considérer ces distinctions comme anodines ?

Le rôle du Parlement européen est parfaitement minoré sur les questions présentant des enjeux financiers majeurs, telle la politique agricole commune, la moitié du budget européen, qui relève du Conseil .

Or le Conseil - Conseil des Ministres - n'est pas responsable collectivement devant le Parlement européen, entorse majeure aux principes démocratiques issus des Lumières, et pour une raison essentielle : l'absence dans le droit européen de " peuple européen ", donc de souverain . D'ailleurs, existe-t-il seulement un espace public européen ? Le fameux Traité de Lisbonne, ne fait référence à aucun " Peuple européen ", mais " aux peuples des Etats réunis dans la Communauté, ( art. 137/CE ) . Pouvons-nous considérer cette distinction comme anodine ?

Le pouvoir délibératif du Parlement n'impressionne vraiment aucun dirigeant européen . La preuve en est que les responsables de partis nationaux n'hésitent pas à reconnaître, cyniquement, qu'ils " recasent ", à Strasbourg, leurs ex-élus qui qui n'ont pas trouvé de place ailleurs . Ceux que j'appelle, pour ma part : " Les plats réchauffés de la politique " .

Chez nous, ils sont légion, sur toutes les grandes listes .

Au sein de ce " meccano " institutionnel, le rôle de la Cour de Justice Européenne de Luxembourg, nous l'avons déjà écrit, n'est pas des moindres . Maîtresse de la définition du principe " castrateur " de " subsidiarité ", les juges, en réalité les experts chers au modèle " social- libéral ", énoncent ce qui relève , ou non, de la compétence de l'Union ou des Etats membres . Leurs jugements s'imposent à tous : gouvernements, entreprises, citoyens . Un tel principe, la puissance du droit pour assurer la suprématie du marché commun, censé respecter la souveraineté de chaque état, subterfuge suprême, est-il si anodin qu'il y paraît ?

Car, un modèle fondé sur un seul droit, le droit économique, ignorera par nature le droit public, donc l'intérêt général, donc les services publics, et contribuera à propager une logique profondément individualiste et marchande . Et cela, ceux qui nous dirigent le savent .

Les responsables politiques nationaux en sont réduits à gérer " le solde des politiques européennes ", comme le chômage, mais avec des outils, dont le manche est resté à Bruxelles .

Ah ! Certes, on en a construit du " Droit ", en soixante ans, mais à quelle fin ? L'Europe n'a pas été capable de définir un projet social et philosophique commun, en tant de décennies, pour l'unique raison, qu'elle ne poursuivait qu'un seul but : un modèle économique horizontal, uniquement assis sur la " libre-concurrence " sauvage . On a donc bâti un " colosse " juridique, que certains qualifient de " modèle fonctionnaliste " - permettre le bon fonctionnement du libre-échange - mais que je considère pour ma part comme machine à " déconstruire " tout le progrès social engrangé en un siècle par ceux qui travaillent, tout projet de vie meilleure , toute idée de " volonté générale " chère à J. J. Rousseau .

Au lieu de poursuivre la sophistication jusqu'à l'absurde du système décisionnel, faisons enfin de l'Europe, ce qu'elle n'a jamais été, parce que ce n'était pas l'ambition de ses fondateurs : " un objet de débat " .

" Construire pour déconstruire " .

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Published by regain2012 - dans politique
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