Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 14:43

" Je veux être le Président qui réorientera l'Europe dans une autre direction que l'austérité et la rigueur, pour la croissance, pour l'emploi, pour la lutte contre le chômage des jeunes " ! ( Martin Schulz . Social-démocrate allemand, Président sortant du Parlement européen, élu par une coalition des socialistes et des conservateurs européens - PSE et PPE -, candidat à la Présidence de la Commission pour les sociaux-démocrates , héraut du PS français ) .

Note : les sociaux-démocrates sont associés à Mme Merkel, dans l'actuel gouvernement allemand .

Le slogan du PS - Choisir notre Europe - (1), dans la campagne électorale actuelle, en vue des élections au Parlement européen, est l'expression d' une accroche politique d'une intensité à vous arracher des larmes . Il rappelle un autre slogan politique, d'une veine similaire : " Le changement, c'est maintenant " ! Souvenez-vous, nous en avions pleuré, déjà .

Trois mots, puissants, soutenus par une déclaration d'intention de M. Schulz, sacré, pour l'occasion, héraut du changement, qui rappelle la fable : la grenouille et le scorpion .

Il est donc reconnu, très officiellement, par les coproducteurs de la construction européenne, socialistes et sociaux-démocrates - constamment associés depuis soixante ans, aux conservateurs - qu'une autre Europe est possible, qu'une autre Europe était possible . Nous n'aurons pas la cruauté de demander pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt . Par contre nous ferons très amicalement le reproche à tous ces responsables politiques de répéter à longueur de discours - sur le mode thatchérien - qu'il n'y a pas d'autre voie, d'autre alternative que les politiques d'austérité .

Le slogan choisi ne dit-il pas tout le contraire ?

Cela est d'autant plus choquant que - médiocrité des services de communication aidant -, et alors que l'échéance électorale approche, Bruxelles annonce que le texte mettant en place la nouvelle taxe sur les transactions financières ( TTF ), " taxe Tobin ", à la sauce européenne, décidée en 2011, et concernant onze états volontaires, est prêt .

L'écologiste Pascal Canfin, ancien député européen, ancien ministre, mérité d'être écouté sur le sujet (2) .

La Commission Européenne voulait une taxe large, frappant les actions et les produits dérivés spéculatifs, qui aurait rapporté 35 Mds d'€ : que de projets ambitieux eussent pu être mis en œuvre, investissements dans les infrastructures, relance écologique, accès à l'emploi des jeunes et même réduction des déficits sans avoir à étrangler les peuples !

Eh! bien, cela ne sera pas . Le projet a accouché d'une souris : 5 Mds d'€ . Et ce sont les Etats, les gouvernements qui l'ont " liquidé " . Ce ne fut pas une question technique : la Commission avait démontré la faisabilité du système . La peau de chagrin qui nous est finalement proposée, dit l'ancien ministre, est l'œuvre de l'Allemagne et de la France, les deux seuls pays possédant une place financière, Francfort et Paris, importante . ( Londres n'y est pour rien, étant hors zone euro ) .

Qui plus est, la mise en place de la taxe est repoussée d'un an, au 1er janvier 2016 . C'est autant de gagné pour les banques .

Et l'un des adversaires les plus acharnés de cette taxe fut le socialiste français , néolibéral, Pierre Moscovici, ex-ministre des finances, candidat à un poste de Commissaire Européen - cherchez l'erreur - . Comme pour la Loi Bancaire, et la pseudo séparation des activités, M. Moscovici s'est incliné sous le lobbing de la Société Générale, de BNP Paribas, du Crédit Agricole ; les Allemands sous la pression de la Deutsche Bank .

Le choix d'une taxe à la hauteur des enjeux, là était le changement, avant l'heure . Imaginez : on aurait commencé à contraindre le monde de la finance, les banques, à rembourser tout ce que les gouvernements prélèvent depuis 2008, dans les poches des contribuables, pour le leur donner, pour payer une crise que ces banques-là ont provoquée . Un hochet pour électeurs en mal de confiance ? Non ! Un acte indiquant une volonté de changer de direction .

L'Europe que les socialistes nous proposent de " choisir ", et l'actuelle, vont se ressembler comme deux gouttes d'eau, car F. Hollande n'aime pas le changement .

NB : (2) . Entretien donné à Marianne No 891 .

M Economie .

M Economie .

Partager cet article

Repost 0
Published by regain2012 - dans politique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Regain 2012
  • Regain 2012
  • : Pour un retour à la démocratie réelle où le citoyen redevient acteur de son avenir et cesse de déléguer son pouvoir à des partis ou à des dirigeants trop éloignés des souffrances des peuples.
  • Contact

Vous aimerez peut-être :

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Recherche

Nuage de tags

Nombre de visiteurs en ligne

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog

Catégories

Liens