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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 12:47
" Le vol de l'empereur " .

" Toi qui ne pus jamais comprendre le repos, / N'as-tu donc plus la main qui lance le tonnerre ? / N'as-tu plus le sourcil qui fait trembler la terre ? / N'as-tu plus le regard qui produit les héros ? "

( Gérard de Nerval, L'Ile d'Elbe, poème ) .

Ce sera long, très long ... Plus de trois mois, cent jours ... C'est le temps qui nous sépare de l'issue de la " Primaire " à droite, le 27 novembre . Quand on voit le rythme effréné sur lequel s'est engagé le " Concours Lépine " des propositions les plus radicales censées servir à désigner le futur candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017, on ne peut que se dire que le trimestre qui s'ouvre va être long, très long . Et franchement pénible pour tous ceux qui demeurent attachés par dessus tout aux valeurs républicaines .

L'aigle du " Cap Nègre " vient de l'annoncer, il entame son envol final, vers la reconquête des Champs-Elysées, qu'un usurpateur osa, contre toute attente, lui dérober, voici plus de quatre ans . Roulez tambours, sonnez trompettes médiatiques pour accompagner le " vol " du " Sauveur suprême " .

Quand on aime on ne compte pas, dit le proverbe . Mais quand on aime par-dessus tout gagner, quand on est prêt à tout pour y parvenir, alors là, c'est la tempête qu'on soulève . On ne s'embarrasse pas " d'arguties juridiques ", de Déclarations de droits de l'homme, de Droit international, qui pourraient entraver la marche triomphale vers la victoire .

On sort le sabre et on mouline . Tel est l'état d'esprit de" l'aigle criard ", en ces jours décisifs pour l'avenir du pays : " Naboléon " va engager le fer très officiellement avec ses frères ennemis, au coeur de la famille " Les Républicains ", pour reconquérir ce qu'il n'a jamais cessé de considérer comme son dû : " le trône élyséen " .

Certes, il lui manque son " Maréchal Ney ", sur la route de Paris . Les Hortefeux, Ciotti, Estrosi, Jacob, Karoutchi et autres Darmanin n'ont pas le panache du Prince de la Moskowa .

Nous vivons des temps inhumains de " contre-réforme ", des temps terribles pour des millions de perdants, des temps dangereux de basculement vers des horizons de peste brune . Nous respirons l'air fétide des grandes régressions . Et pourtant, sous le bicorne d'un empereur d'opérette, bouillonnent déjà toutes les stratégies pour abattre les adversaires . La politique va céder le pas à une campagne électorale permanente dominée par le marketing politicien, vide et avilissant, par la communication manipulatrice, par les coups politiques, les uns plus tordus que les autres, par " le tango des égos " .

Trois mois d'une " ratatouille électorale ", sans queue ni tête, et dans cette ratatouille on cherchera vainement le peuple .

Les " primaires ", ces combats de " coqs frelatés ", ces rideaux de fumée, cette singerie des Etats-Unis qui accentuent la personnalisation à outrance, les postures, les revirements, les petits et gros calculs, au détriment des contenus, des batailles d'idées, des compétences des militants contournés .

Le ton est donné : le vol de l'empereur se fera sous l'étendard de " l'identité nationale ", ce qui annonce, mieux que la météorologie nationale, tous les orages, toutes les dérives, toutes les outrances auxquelles nous allons être soumis .

Nous n'avons aucune illusion à nous faire : aucun homme nouveau ne surgira de toutes les primaires annoncées, parce que la politique ne se joue pas dans les dîners en ville et à coups de " poker menteur ", aussi audacieux soient-ils .

Published by regain2012 - dans Politique
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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 16:01
" Pour ce qu'on est ou pour ce qu'on fait " !

" Réfléchir, c'est difficile, c'est pourquoi tant de gens s'empressent de juger " ( Carl Yung ) .

C'est acquis, nous faisons la guerre : bombarder, bombarder, bombarder !

Curieusement, personne ne s'interroge sur le paradoxe suivant : la France, hier pauvre, au bord du dépôt de bilan, à deux doigts de la faillite, incapable d'augmenter de un euro le SMIC, les retraites, les salaires des fonctionnaires, aujourd'hui privant d'APL des dizaines de milliers de Français a, miraculeusement, trouvé des milliards pour engager une guerre sans fin, par on sait quel tour de passe-passe .

Au lendemain des attentats de Paris du 13 novembre, un texte attribué au New York Times, circula sur les réseaux sociaux .

" La France incarne tout ce que les fanatismes religieux du monde détestent : la joie de vivre par une myriade de petites choses . Le parfum d'une tasse de café et des croissants, au petit matin, de belles femmes en robe souriant librement dans la rue, l'odeur du pain chaud, une bouteille de vin partagée entre amis, quelques gouttes de parfum, les enfants jouant dans les jardins du Luxembourg, le droit de ne croire à aucun dieu, de se moquer des calories, de flirter, de fumer et d'apprécier le sexe hors mariage, de prendre des vacances, de lire n'importe quel livre, d'aller à l'école gratuitement, jouer, rire, se disputer, se moquer des prélats comme des politiciens, de ne pas se soucier de la vie après la mort . Aucun pays sur terre n'a meilleure définition de la vie que les Français ... "

Image, cliché, goguenardise, peu importe ! Le discours dominant étant que l'islamisme radical attaque la France " pour ce qu'elle est ", si peu de chose dans le portrait ci-dessus, nous sommes vraiment mal .

Posons-nous une première question . La Suisse, l'Irlande, la Finlande, la Suède, le Portugal, sont des pays dans lesquels il y a aussi des croissants chauds et du café, de l'alcool et de la cuisine, des amis et des adultères, des enfants dans les jardins, du parfum et des athées, des librairies et des écoles publiques, et pourquoi ces pays n'ont-ils jamais eu à déplorer une seule explosion terroriste au nom de l'idéologie islamiste ?

Et mieux encore : après l'horrible attentat de la gare d'Atocha, en plein coeur de Madrid, au mois de mars 2004, ( 191 morts ) , l'Espagne retirait précipitamment ses troupes d'Irak . Depuis, les islamistes ne l'ont plus attaquée .

La question majeure est bien là : faire croire que la France est frappée par le terrorisme " pour ce qu'elle est, " est une farce . La France est attaquée " pour ce qu'elle fait " . Et elle bombarde . Depuis la première guerre du Golfe, en 1991, elle n'a fait que bombarder des pays musulmans : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Mali, dans le sillage des Etats-Unis .

Affirmer que la France est attaquée " pour ce qu'elle est " et seulement cela, c'est fermer toute issue aux solutions diplomatiques et politiques, et ne reste plus que la guerre, jusqu'à l'écrasement final de l'ennemi avec tous les dégâts collatéraux .

Mieux, en affirmant que la France n'est attaquée que " pour ce qu'elle est " on justifie qu'elle puisse encore continuer à faire ce qu'elle fait : bombarder !

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 18:56
Pourquoi faudrait-il démentir Ellul ?

" La France, 6e pays le plus riche du monde, promet depuis des décennies de consacrer 0,7% de son PIB à l'aide au développement des pays pauvres mesure importante en matière des politiques d'émigration - mais nous en sommes toujours à 0,36% " . (1) .

L'historien et philosophe Jacques Ellul ( 1912-1994 ) prophétisait en 1988, dans son livre " Le bluff technologique ", les événements suivants : " Il y aura un terrorisme tiers-mondiste qui ne pourra que s'accentuer et qui sera imparable dans la mesure où les combattants feront le sacrifice de leur vie. Quand tout dans notre monde sera devenu dangereux, nous finirons par être à genoux sans avoir pu combattre " .

Nous y sommes ! Par quelle intuition magique, par quels raisonnements sophistiqués l'essayiste avait-il pu entrevoir une telle issue, avec trente ans d'avance ? Nul ne le sait .

Son raisonnement commençait par ces mots : " Les pays développés, avec 30% de la population mondiale, concentrent 95% de la richesse, cette misère ne cesse de croître malgré les proclamations officielles des dirigeants des pays riches, le fossé technique ne cesse de grandir à une vitesse incroyable, entre eux et nous . A vues humaines, jamais le tiers-monde ne rattrapera les pays avancés " .

Il ajoutait qu'une telle situation " ne pourrait qu'engendrer des sentiments violents de frustration " .

Après avoir noté " l'échec des politiques d'assistance aux pays du tiers-monde, (1), car personne ne voulait aller au bout des politiques extrêmes que la situation impliquait " , il pointait la nature que devaient prendre ces politiques : " générosité ", " solidarité " , " lutte résolue contre les gaspillages de l'Occident " .

Jusque là, tout allait bien . Chacun pouvait trouver son compte dans la vision " ellulienne ", mais voilà, l'essayiste crut bon de la préciser : " On pouvait être tranquille tant que le tiers-monde ne possédait pas d'idéologie ", or désormais il en avait une, affirma-t-il, et ce n'était pas le communisme soviétique qui depuis quarante ans avait soutenu tous les mouvements d'indépendance mais était à bout de souffle . Cette idéologie, c'était " l'Islam " . La prophétie se précisait . Et que n'avait-il pas dit ?

Trente ans plus tard, alors que tous les événements illustrent l'accomplissement de la prophétie, des voix s'élèvent, qui ne réalisent pas qu'on a changé de temps, pour la condamner : " Démentons vigoureusement Ellul " ! ( Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné du 27 juillet 2016 ) .

Démentir ! Mais au nom de quoi ? " Ellul fait de l'Islam un bloc, comme s'il n'existait pas plusieurs islams et plusieurs manières de le vivre, comme s'il se réduisait à l'islamisme, amalgame dont on sait à quel point il fausse les perspectives ... Tous les musulmans ne sont pas prêts au djihad, ne sont pas hostiles à la laïcité, ne sont pas prêts au sacrifice de leur vie ... ", tonne le chroniqueur du journal satirique .

L'anathème est lancé : " amalgame " ! Même si l'on ne nous dit jamais de quel amalgame il s'agit, entre quoi et quoi : c'est plus facile .

" Penser est devenu compliqué quand les mots ne veulent plus rien dire ", prévient Michel Onfray .

Il n'en reste pas moins vrai que quand nous laissons le tiers-monde croupir dans la misère les fous sanglants de l'islamisme n'ont aucun mal à lever des armées de décérébrés suicidaires .

Posons-nous cette seule question : faut-il considérer les terroristes comme des militants de l'islam politique ? La réponse est évidente : comme quoi sinon ? Comme des loups solitaires, d'inévitables déséquilibrés, d'incontournables malades au passé psychiatrique qui tous crient des slogans de l'islam radical au moment de leurs forfaits, mais qui n'auraient rien à voir avec l''Islam ?

Assez d'hypocrisie, ici ! Assez d'aveuglement, là ! Tous ces criminels sont fichés comme relevant de la mouvance islamique radicale et ils n'auraient rien à voir avec l'islam politique ?

Ces assassins agissent au nom de la frange radicale et politique de l'islam salafiste . Il est plus que temps de nommer les protagonistes correctement .

Mais soyons clairs . Il n'est question ici que d'une chose : affirmer que ces terroristes ne sont pas les représentants de l'islam politique mais combattre l'idée qu'ils ne seraient pas l'une des modalités de cet islam politique .

Démentir Ellul c'est affirmer que l'Islam n'a rien à voir avec la politique . Mais alors, que font tous les régimes islamiques qui, sur la planète, appliquent la " Charia " ?

Published by regain2012 - dans Politique
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 22:38
Sans nuance et sans retenue !Sans nuance et sans retenue !

" Je crois que la perception causée par les pertes civiles constitue l'un de nos plus dangereux ennemis ", ( Général américain McCrystal, commandant la force internationale en Afghanistan , 2009-2010, ISAF ) .

Nous nous débattons, depuis l'attentat terroriste de Nice, dans l'indécence politicienne la plus vile : la communication politique ne s'embarrasse ni de nuance, ni de retenue . S'agit-il de trouver des réponses au terrorisme ou a-t-on seulement en vue l'échéance électorale de mai 2017 ?

A droite, les Sarkozy, Estrosi, Ciotti et consorts, n'en ont que pour leurs camps d'internement des " fichés S ", avant de nous proposer, étape ultime, l'obligation pour tous les Français musulmans, de porter un " croissant jaune " sur le revers de la veste .

Pour F. Hollande et Manuel Valls, nous sommes dans le temps fort de la mise en scène de " la compassion nationale " : quelle est cette manie de se rendre immédiatement sur les lieux d'une nouvelle tragédie, d'y prendre immédiatement la parole, sans recul ni prise de distance, obligeant les préfets à détourner des moyens dédiés à la gestion de la crise pour prendre en charge les autorités de l'Etat en mal de communication .

C'est qu'il s'agit de faire vite : il faut tout de suite désigner le coupable tant il est confortable d'avoir un ennemi, surtout quand il est extérieur à nous ; et quel soulagement quand la revendication tombe ! En nommant l'ennemi tout de suite, on s'exonère de sa propre responsabilité . On évite ainsi de se poser des questions sur les conséquences de sa politique .

Notre Dame, Invalides, Place de la République, gerbes, crêpes, drapeaux en berne, et dernier " must " de la communication, le " tweet " endolori, plus trois déclarations politiques par jour sur les plateaux télévisés, et " le boulot " serait fait ?

Comme si le souci premier des familles des victimes était de compulser, tous les matins, la " tweettosphère " pour y dénicher la phrase la plus attendrissante du carnaval politicien .

Bon, d'accord ! On sait qu'il faut accompagner l'expression de la douleur gouvernementale par des annonces : alors on ressort le Charles de Gaulle et les Rafales, puis, en prime cette fois, la livraison à l'Irak d'artillerie lourde, des canons à longue portée . Et, au prochain attentat, pourquoi pas la bombe nucléaire ?

Il s'agit de faire vite ! Il ne faut pas laisser les gens s'interroger sur des " rapports " trop dérangeants, tel celui de " l'Association Internationale de Médecins pour la prévention des guerres nucléaires ( IP-PNW ) - Prix Nobel de la Paix en 1985 - qui dénonce l'énorme massacre de civils imputable aux guerres occidentales engagées contre le terrorisme : 1,2 millions de civils ont été victimes de ces conflits, en Irak ( 1 million ), en Afghanistan ( 220 000 ), au pakistan ( 80 000 ) . Le jour viendra où il faudra établir le bilan, en Syrie . Les bombes que nous jetons sur l'Irak et la Syrie n'ont aucun impact sur notre sécurité mais tuent aussi beaucoup d'innocents .

" A force d'exporter la guerre, on finit par l'importer chez soi ", dénonce le philosophe Michel Onfray . Le terrorisme n'est pas spontané, il est toujours une réaction à une colère, une frustration : ce questionnement est-il si futile ?

L'indécence politicienne a également une autre face : la focalisation de tous nos maux sur l'Etat islamique ne permet-elle pas l'occultation de nos hypocrisies et incohérences ? Cette danse de " Saint Guy " de nos dirigeants qui bombardent sans discernement tandis que les Etats obscurantistes responsables de " la créature " ont droit à toutes nos contorsions pour leur faire signer des contrats d'armes .

On fait la guerre à Daesh mais sans couper les voies de la contrebande du pétrole : ce qui a pour conséquence que nous avons pu acheter du pétrole de l'Etat islamique, sans le savoir, et ainsi le financer .

Nous livrons des armes aux rebelles syriens, dans une région déjà saturée, pour qu'elles se retrouvent aussitôt entre les mains des combattants du Front Al Nosra ( ex Al Qaîda ), aussi barbare que ses adversaires de Daesh .

Afghanistan, Irak, Syrie, Lybie, Nord Sahel, où est l'efficacité dans la lutte contre le terrorisme, dans nos interventions militaires ?

L'Occident s'arroge le droit de décréter quelles guerres sont justes : Nous jetons à la face du monde nos valeurs universelles mais nous choisissons nos causes . Qu'avons-nous dit quand, en 2014, Tsahal assassinait 1900 civils dans la bande de Gaza ? Que disons-nous aujourd'hui de l'attitude d'Israël dans les territoires occupés de Palestine ?

L'Occident, aujourd'hui, au Moyen-Orient, ne tient plus qu'en une formule : " La guerre et les contrats " !

NB : d'après l'article de l'ancien diplomate Laurent Bigot, " Terrorisme : l'indécence politicienne ... ", Le Monde Afrique .

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 17:14
" Brève histoire de l'exception en matière de justice " .

" Cher fils, s'il t'advient de devenir roi, prends garde d'avoir les vertus d'un roi, c'est à dire d'être attaché à la justice avec une fidélité dont rien ne te puisse détourner ... ", ( Saint-Louis à son fils, le futur Philippe III ) .

A l'heure où une parie de la droite fait feu de tous bois pour introduire dans notre droit des mesures d'exception radicales, un bref retour sur l'histoire de " l'exception " peut apporter un éclairage intéressant sur les visées ce certains .

Relevons cependant que " l'exception " a traversé tous les régimes politiques, et que chacune des mesures engagées à des périodes différentes de notre histoire a laissé des traces dans notre société .

En effet, chaque régime politique se trouve confronté à des adversaires contre lesquels il tente de se protéger par le biais d'une justice spéciale, c'est la première leçon de l'histoire .

L'Ancien régime avait sa justice d'exception qu'on appelait " la justice retenue du roi " qui, du fait que le roi était, par essence, l'émanation de toute justice, voulait qu'il fût le juge en dernier ressort, pouvant trancher seul, sur toute affaire, et ainsi révoquer ou confirmer tout jugement pris par d'autres juridictions .

Le mot " terroriste " est entré dans l'histoire de France pendant la Révolution mais, à l'inverse de notre compréhension moderne, la " Terreur " telle qu'elle fut pensée par Danton devait être l'instrument du peuple pour conjurer les complots royalistes . C'est ainsi qu'en mars 1793, la Convention instituait " le Tribunal révolutionnaire ", justice expéditive chargée d'éradiquer la contre-révolution .

La mesure annulée par le Directoire n'empêcha pas ce dernier de mettre en place des " tribunaux spéciaux ", juridictions mixtes - juges civils et juges militaires - chargés de lutter contre le brigandage qui était devenu un fléau mais aussi contre les royalistes toujours virulents .

Après le Coup d'Etat du 18 Brumaire, Bonaparte mit en place " les Commissions militaires ", tribunaux militaires chargés de neutraliser les Jacobins, largement opposés au Coup d'Etat, tribunaux qui sévirent sous le Consulat et sous l'Empire .

La Restauration eut aussi son éruption de répression avec la " La Loi de Sûreté générale " du 29 octobre 1815, qui suspendait les libertés individuelles et permettait d'emprisonner sans jugement afin de chasser les bonapartistes et les républicains .

La sage IIIe République eut peu recours à " l'exception " même si en 1893 elle dut voter des lois en vue de la lutte contre le terrorisme anarchiste que le socialiste Léon Blum qualifia de " lois scélérates " . Le 19 décembre 1893, la Chambre des députés vota un texte instituant le délit " d'association de malfaiteurs ", qui nous est resté, et qui permettait d'emprisonner sur de simples intentions mais prévoyait aussi des exemptions de peine pour les délateurs - " Aïe ! " -

( Oublions, ici, l'année 1939 et la fin de cette IIIe République avec l'interdiction de la CGT, du Parti Communiste Français et l'emprisonnement de leurs militants ) .

Le régime de Vichy étant une " exception dans sa globalité et son essence nous n'en parlerons que pour souligner qu'on lui doit la légalisation " de la garde à vue ", mesure reprise pendant la guerre d'Algérie et devenue un socle de notre Code pénal .

La IVe République avec la guerre d'Algérie eut peu de scrupules avec " l'exception " : " loi de 1955 " sur " l'état d'urgence " dont nos élus se sont inspirés pour la situation actuelle, état d'urgence utilisé pour la répression des combattants du FLN : pouvoirs de police remis aux militaires, gardes à vue allant jusqu'à quinze jours, camps d'internement en Algérie et en France .

Le Ve République s'inaugura par diverses juridictions d'exception, chargées de la lutte contre l'OAS et les crimes politiques dont la " Cour de Sûreté de l'Etat ", instaurée en 1963 et composée de trois magistrats et de deux officiers supérieurs, dissoute par F. Mitterrand en 1981 .

S'il n'y a aucune continuité entre toutes ces époques ne croyons pas que le corps social et les institutions n'ont pas gardé de toutes ces tentatives de conservation de l'ordre des représentations toujours prêtes à resurgir, des nostalgies à droite et à l'extrême-droite pour un ordre immuable, le besoin pour ceux qui gouvernent de donner à croire qu'ils ne sont pas impuissants . Du moment qu'une mesure d'exception a été perçue comme efficace à un moment de l'histoire pourquoi ne resurgirait-elle pas ?

Cependant, il nous reste des raisons d'espérer : à l'opposé de leurs dirigeants politiques, les Français réagissent aux attentats depuis janvier 2015, et encore aujourd'hui, après ceux de Nice et de Saint-Etienne de Rouvray, avec une dignité qui prouve la cohésion de la société, sa résilience à l'horreur et sa maturité démocratique .

NB : Réf. Vanessa Codaccioni, Maître de Conférenceà Paris VIII : " Justice d'exception, l'Etat face aux crimes politiques et au terrorisme " , CNRS Editions, novembre 2015 .

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 17:19
 Infâmes .

Infâmes .

" Il y a des gens qui observent les règles de l'honneur comme on observe les étoiles, de très loin " ( Victor Hugo ) .

Au diable sociologues, psychologues et autres politologues : aujourd'hui, ce sont des entomologistes dont nous avons besoin, et en grand nombre, pour étudier les comportements des " insectes " qui peuplent le monde politique et se déploient dans des vols erratiques qui ne cessent de nous rendre fous .

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik, nous invitait, il y a quelques temps, à nous pencher sur " la pensée sans langage des animaux ", il me semble qu'il devient plus urgent de se pencher sur " le langage sans pensée des hommes politiques " .

Un prêtre égorgé au pied de son autel alors qu'il disait la messe, dix jours après la tragédie de Nice, alors que les Français sont en pleine sidération, à quatre mois des " primaires " de la droite et à neuf mois de l'élection présidentielle, et tous les éléments se trouvent réunis pour qu'un candidat n'hésite pas à franchir le Rubicon et remette en cause l'Etat de droit .

Le mardi 26 janvier, dans une déclaration de deux minutes, un ex-président de la République, a tout bonnement enterré ce qui est le fondement de la république : " Notre ennemi n'a pas de tabou, pas de limites, pas de morale, pas de frontières . Nous devons être impitoyables " . Puis de préciser, lui qui fut pendant cinq ans le gardien de la Constitution : " Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles " .

En quelques mots, la Constitution, " ce tissu d'arguties juridiques " n'était plus qu'un chiffon de papier .

Le patron du parti " Les Républicains ", quelques jours plus tard, précisait au " Monde " - ce qu'il est difficile d'appeler une pensée - tant le propos semble brumeux : " Il faut une adaptation de l'Etat de droit " . Il réclame par exemple le placement des plus dangereux fichés " S ", dans des centres fermés . Une sorte de " Guantanamo " à la française où l'ont peut enfermer des gens, sur de simples soupçons, sans les présenter à un juge, et qui peuvent rester des années sans être jugés, comme c'est le cas dans la base navale américaine de Cuba . Les Estrosi, Ciotti, Wauquiez, Fennech, en véritables comiques troupiers, n'ont pas tardé à emboîter les pas du patron .

A l'affût, Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen ont pris un malin plaisir à tacler l'ex de l'Elysée . La première en défendant la République : " La préservation de l'Etat de droit est indispensable, sur laquelle nous ne transigerons pas ", la seconde jouant sur l'incompétence du " forcené " : " C'est une proposition démagogique, nous avons tous les outils législatifs pour lutter contre le terrorisme " .

En tout cas le ton est donné de la période politique très délicate qui s'annonce : une campagne présidentielle ponctuée d'attentats avec d'incessantes déclarations comminatoires et de trop nombreuses surenchères, sous la pression du Front National .

L'attentat de Nice avait déjà montré la mesure de l'affolement de la droite . Dans un tir groupé prémonitoire, les sarkozistes " azuréens " et leurs lumières, Ciotti et Estrosi, s'étaient déchaînés, toute honte bue, contre le gouvernement et François Hollande .

" Les cadavres sur la Promenade des Anglais ne parlaient plus de l'Etat de droit ", s'était écrié le premier . Du Verlaine ! Quant au vrai faux Maire de Nice, Estrosi - 4 mandats, 7 fonctions - pour cacher son incompétence, il lança une brutale attaque personnelle contre le Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, manipulation de témoins à l'appui, pour abattre le Ministre et dans la foulée affaiblir un peu plus Hollande .

Ces deux viseraient le poste régalien de Ministre de l'Intérieur, après 2017, que ce ne serait pas surprenant .

Et, depuis Paris, on entendit un revenant, l'agrégé des tatamis, David Douillet, dénoncer : " Une gauche sclérosée, figée, qui ne sait se réfugier que derrière cette sacro-sainte Constitution " .

Que ces " accrocs " des sondages regardent bien la dernière livraison " Odoxa " pour Le Parisien et France Info : 80% des Français estiment que la classe politique n'a pas été à la hauteur après l'attentat de Nice . A bon entendeur, salut !

NB : d'après l'article de Soazig Quéméner, " Cette droite qui enterre l'Etat de droit " , Marianne du 29 juillet, No 1008 .

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 13:53
Publication FB de Dominique Jamnet .

Publication FB de Dominique Jamnet .

" Tuer un homme n'est pas défendre une doctrine ; tuer un homme est avant tout un homicide " ( Sébastien Castillion, protestant opposé à Calvin ) .

De massacre en massacre, au-dessus de nos rues, de nos places, de nos promenades, de nos terrasses de cafés, aujourd'hui de nos églises, sifflent dans un air étouffant, au-dessus des corps ensanglantés de nos enfants, des mots, toujours les mêmes, les mots de nos hérauts ou zéros médiatiques, les mots de nos intellos qui ne savant plus lire, les mots d'un personnel politique d'une médiocrité désespérante, et d'un cynisme déroutant, véritables analphabètes de la tragédie : " Camion-fou, faible d'esprit, psychopathe, radicalisé de la dernière heure, loup solitaire ... " .

Un vocabulaire de la dissimulation par les causes sociales et psychiatriques chères à notre intelligentsia prévaut qui occulte la réalité . Pendant ce temps, inlassablement, les familles enterrent leurs bébés broyés, leurs fillettes ensevelies, leurs parents décimés ...

Assez de psychiatrie, d'histoire coloniale, de parcours de délinquance, d'explications sociales alambiquées, les Etats-Unis et les Européens ont créé un monstre au Moyen-Orient pour de sordides motifs économiques, puis les monarchies du Golfe ont instrumentalisé la bête en lui fabriquant un habillage religieux qui légitimerait le fer et le feu que la bête aurait à porter en Europe et particulièrement en France .

La France, la nouvelle Carthage à détruire jusque dans ses fondations : sa laîcité .

Il suffirait de donner la parole à ceux qui savent comme l'écrivain algérien Boualem Sansal : " C'est la crainte d'une modernisation profane de la religion qui pousse Daech à frapper notre pays ... C'est le coeur de l'affaire " .

La peur noire qu'au contact de la France laîque et accueillante, place-forte encore de la pensée et de la curiosité intellectuelle, le pays des questions, la nation rebelle où l'on ne croit pas qu'au ciel, peur noire que l'islam ne se sécularise et disparaisse . Copieusement financés par l'Arabie Saoudite, les islamistes se sont mobilisés pour interdire cette funeste évolution . L'action la plus efficace a été d'initier un processus de réislamisation-communitarisation-radicalisation des immigrés qui les mettrait définitivement à l'abri de cette tentation .

L'opération a presque réussi en France, la séparation se profile facilitée par la faiblesse des contre-mesures des pouvoirs publics qui ont choisi de faire la guerre au Moyen-Orient plutôt que d'affronter l'ingérence intempestive de l'Arabie Saoudite, frontalement, chez nous .

La philosophe Hannah Arendt reste une référence essentielle pour comprendre les enjeux du monde actuel : " Les hommes qui ne pensent pas sont comme des somnambules " .

Envoyée comme correspondante de l'hebdomadaire américain The New Yorker au procès du nazi Adolf Eichmann, l'un des architectes de la solution finale, à Jérusalem, en 1961, ses articles sur le personnage vont soulever une polémique internationale et la fâcher avec ses amis . Et pourtant ! Que disait-elle ?

Elle va expliquer qu'Eichmann n'est pas un monstre mais un individu ordinaire, terne et insignifiant . Plutôt qu'une image du mal monstrueuse et démoniaque, elle ne retient de l'individu Eichmann que l'incarnation d'une " banalité du mal " - seul le bien est profond - qui lui permet de déduire que la monstruosité, chez l'humain, n'est en fait qu'une redoutable " absence de pensée " .

Ni méchanceté, ni stupidité, le mal c'est plutôt la bêtise et l'absence de la force de juger, l'incapacité de jugement .

" Les actes étaient monstrueux mais le responsable était tout à fait ordinaire . Il n'y avait en lui ni convictions idéologiques solides ni motivations spécifiquement malignes, la seule caractéristique notable qu'on décelait dans sa conduite n'était pas de la stupidité mais un manque réel de pensée ... ", devait-elle écrire, plus tard .

Ce raisonnement devait réapparaître lors du procès de Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, en France .

Les analyses d'Hannah Arendt sont très importantes si l'on veut approcher d'un peu plus près le phénomène djihadiste . Le djihadiste ne pense pas, il est inaccessible à tout jugement : ne perdons donc pas de temps à reconstituer son profil, cessons d'en faire un héros de télévision et de cinéma .

Portons notre regard sur ceux qui le manipulent .

NB : à partir des dossiers de Marianne du 21 juillet, No 1007 : " Pourquoi ils détestent la France " .

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 15:36
Site 20minutes-blogs.fr

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" Dans ce pays dévasté, bateau ivre livré à toutes les rancoeurs et à toutes les haines inassouvies ... "

Le 16 juillet 1992, pour la commémoration du cinquantenaire de la Rafle du Vel'd'Hiv, F. Mitterrand - premier Président de la République à accomplir ce geste - vient déposer une gerbe devant le mémorial des martyrs de ce sinistre jour . Il est accueilli par des huées . Fou de rage, Robert Badinter monte à la tribune et lance à la foule : " Taisez-vous ! Vous m'avez fait honte ! ... Les morts vous écoutent ... Je ne demande que le silence que les morts appellent ... " .

Alors que quinze victimes du 14 juillet 2016 sont encore entre la vie et la mort dans les hôpitaux niçois, alors que les quatre vingt quatre morts de ce sinistre drame ne sont pas encore inhumés, une classe politique, en-dessous de tout, faite de " va-t-en guerre " sans vergogne, à l'origine de bien de nos malheurs, se déchire en vue de prendre position pour l'échéance électorale de 2017 . Le spectacle est répugnant !

Les magnifiques mots de Louis Lecoin ( Père du statut des objecteurs de conscience ) sont très éloignés de leur conscience : " S'il m'était prouvé qu'en faisant la guerre mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre . Car on n'élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres " .

Les morts appellent le silence, le temps du deuil, mais ils appellent aussi à la vérité, passé le temps du recueillement, sinon leur âme ne peut trouver le repos . Et cette vérité doit éclater avant que les boues de la haine n'emportent tout sur leur passage .

Nous savons que c'est sur un monceau de cadavres que les islamistes veulent édifier leur société idéale, une société qui ne pourrait être qu'inhumaine, un enfer terrestre, une dictature de fer et de feu, de peur . Et nous n'en voulons pas .

Mais tous les " va-en-guerre " qui se déchaînent aujourd'hui, les " il faut cogner, taper, tuer, liquider " nous entraînent-ils vers un monde meilleur où régnera à nouveau, dans notre beau pays qui n'aspire qu'à la paix, comme par miracle, une douce tranquillité ?

Ces mêmes " va-t-en guerre " qui revendiquent le droit sacré de fabriquer des armes, d'en exporter partout, jusque chez nos amis saoudiens et qataris, et si fiers d'arborer la médaille de deuxième exportateur d'armes, cette année .

Mais posons-nous donc la seule question qui vaille, en ces temps de folie . En ce moment, les seules puissances qui frappent Daesch, sont les puissances occidentales . Pas un seul Etat arabe ne s'implique dans le conflit, trop occupés, les uns et les autres à gérer leurs problèmes internes . Cette situation est-elle tenable à moyen terme et susceptible d'apporter une solution politique au Moyen-Orient ? La réponse est dans la question . Quand on a compris que la toile de fond du chaos actuel est le conflit entre Sunnites et Chiites, conflit spirituel vieux de quatorze siècles, la seule question qui peut venir à l'esprit est bien : " Mais que faisons-nous là-bas ? Est-ce aux Occidentaux de régler un conflit religieux séculaire ? Leur présence, au contraire ne conduit-elle pas à accroître les tensions ?

Ah ! Certes . Il y a le pétrole et le gaz : les approvisionnements en énergie de l'Europe . Soit ! Mais alors, il faut dire à toutes les familles de victimes que leurs parents, leurs frères, leurs soeurs, leurs enfants, sont morts pour de sombres histoires commerciales, et non pour un idéal démocratique de liberté et d'égalité .

Jacques Chirac fut grand, un jour, un jour seulement, quand il sut dire non aux Etats-Unis d'Amérique sur la question de l'Irak, mais ses deux successeurs, véritables aventuriers de la politique, nous ont précipités contre un mur de haine, la haine des peuples arabes contre notre pays, incapable de préserver la position d'équilibre que les politiques gaulliennes avaient su instaurer .

" Que Dieu nous vienne en aide ! ", murmure l'athée .

Note : Louis Lecoin, ( 1888-1971 ), grande conscience du XXe siècle, 12 ans de prison pour son opposition à la première guerre mondiale, 22 jours de grève de la faim, en 1962, à 74 ans, pour obtenir le statut des Objecteurs de conscience . Cité par Jean-Luc Porquet, dans le Canard Enchaîné du 20 juillet 2016, " S'il n'était pas prouvé ... "

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 14:04
" Militarisation des Idées " . Yaser Safi, 2014, Mark Hachem Gallery .

" Militarisation des Idées " . Yaser Safi, 2014, Mark Hachem Gallery .

" Le danger est qu'une civilisation globale, coordonnée à l'échelle universelle, se mette un jour à produire des barbares nés en son propre sein, à force d'avoir imposé à des millions de gens des conditions de vie qui, en dépit des apparences, sont des conditions de vie de sauvages " ( Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme, 1951 ) .

Le 2 janvier 1956, alors que la guerre d'Algérie a commencé depuis plus d'un an, la SFIO ( ancêtre du PS ) et un front républicain ( Mendès-France, Mitterrand ) remportent les élections législatives anticipées, avec 27,1% de voix, devant la Parti Communiste, 25,6% de voix .

Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO, est investi Président du Conseil, fin janvier . Son gouvernement intègre Mendès-France et F. Mitterrand . Le 6 février, pour montrer sa volonté de changer le cours de la politique menée jusque-là, en Algérie, il se rend - dans un geste un peu théâtral - à Alger, après avoir limogé le Gouverneur Général, Jacques Soustelle, jugé trop pro-Algérie française .

Une manifestation de masse l'y attend . Les gerbes qu'il dépose au Monument aux morts sont piétinées et divers projectiles dont plusieurs centaines de kilos de tomates sont lancés sur le cortège des officiels .

Les médias surnommèrent cette journée " La journée des tomates " .

On sait aujourd'hui que cet accueil fut soigneusement organisé par des activistes pro-Algérie française et par des éléments factieux - qui constitueront en 1961 la sinistre OAS puis resteront longtemps rassemblés au sein du FN - expressément venus de métropole sous l'oeil bienveillant de certains éléments des forces de l'ordre et de l'armée .

De retour à Paris, Guy Mollet capitule et se fait voter, le 12 mars, des pouvoirs d'exception, non pas pour mettre fin à la guerre mais pour l'intensifier :

  • Envoi du contingent en Algérie .
  • Création d'une procédure de justice militaire .
  • Légalisation de camps d'internement .
  • Pouvoirs de polices dévolus aux militaires .

​Hier, 18 juillet 2016, exactement 60 ans après la " journée des tomates ", le Premier Ministre, Manuel Valls, rejoignait Nice, pour rendre un hommage de la Nation aux victimes du carnage du 14 juillet . Il était attendu . En plein deuil national, en plein recueillement, faisant fi de la minute de silence, des anti-républicains manipulés par les héritiers du 6 février 1956, n'ont pas hésité, pour la deuxième fois de piétiner des gerbes déposées à la mémoire des morts - certes symboliquement - en sifflant, huant et injuriant, le Premier Ministre .

Il y a deux semaines, Manuel Valls fut sifflé à Montpellier, à l'occasion de l'inauguration d'une ligne de tranway, par des opposants à la Loi Travail . Si je m'étais trouvé à Montpellier, ce jour-là, j'aurais peut-être sifflé, moi-aussi, une politique économique injuste car il n'y avait pas de morts, ce jour-là, entre lui et nous .

Mais à Nice ! Quatre jours après l'enfer . Quelle bassesse . C'est la France qui doit se sentir insultée comme elle l'est par l'attitude honteuse de tous ces élus fort mal nommés " Les Républicains " qui appellent à la haine et à l'Etat de siège .

Les mesures préconisées par N. Sarkozy, ses camps d'internement et ses arrestations sur simple soupçon, sentent bon le printemps 1956 et ne manquent pas d'humour pour quelqu'un qui est impliqué dans au moins dix affaires judiciaires .

Les grands médias ont curieusement oublié de montrer qu'à la suite de la cérémonie officielle, des altercations eurent lieu, dans la foule, entre grandes bourgeoises " embijoutées ", de la Côte d'Azur, et familles maghrébines venues se recueillir, elles aussi, et prises à partie . ( Sur les 84 morts de la Promenade des Anglais, 30 sont de confession musulmane, plus du tiers ) .

La formule de Marx :" L'histoire se répète toujours deux fois ; la première comme une tragédie, la seconde comme une comédie ", a de beaux jours devant elle, grâce aux " Républicains " et à N. Sarkozy .

La " militarisation des Idées " conduit toujours les sociétés aux désastres .

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 17:48
L'aboutissement de l'ordre libéral .

L'aboutissement de l'ordre libéral .

" Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent ... et pour les mêmes raisons " ( George Bernard Shaw ) .

(1) . Thuycide, La guerre du Péloponnèse .

" La démocratie sociale que nous devons construire doit s'appuyer sur un syndicalisme fort et respecté, constructif sur l'innovation, intransigeant sur les régressions sociales . Il faut rétablir la hiérarchie des normes : la loi est plus forte que l'accord collectif et lui-même s'impose au contrat de travail . Si la loi peut permettre à des accords de déroger à ces dispositions, elle ne peut le permettre dans les domaines relevant de l'ordre public social : salaire minimum, durée légale du travail, droit du licenciement, existence de la représentation du personnel . Avec le chômage de masse, les salariés et les syndicats reculent dans le rapport de force avec les employeurs . Aussi la négociation sociale doit-elle s'inscrire dans le cadre d'un Etat qui garantit le socle des règles sociales, impulse les négociations, en fixe les règles et les fait respecter ... " .

Extrait de la motion majoritaire ( Cambadélis, Aubry, Valls ) au congrès du Parti Socialiste de Poitiers, en juin 2015 . C'était, il y a exactement un an .

A l'opposé du texte de la Loi travail, dite Loi El Khomri, désormais adoptée et qui ne se montrera pas vraiment " intransigeante " à l'encontre des " régressions sociales ", puisque c'est elle qui les institue .

Félonie, trahison, reniement, forfaiture : à ces profondeurs de déshonneur, les mots perdent tout leur sens . Les socialistes français emmenés par une poignée de cyniques uniquement préoccupés de leur sort personnel, viennent de se déshonorer .

" Il est essentiel d'encadrer la négociation dans l'entreprise par des négociations de branches, afin d'éviter que la durée du travail devienne un élément de concurrence entre les entreprises . La santé des travailleurs ne peut devenir l'objet de négociations ... La réalité est que les rapports sociaux dans les entreprises ne sont pas de grande qualité et que la seule possibilité de garantir certains principes comme la santé des travailleurs est de donner plus d'importance à la négociation de branche ... " .

Extrait de la déclaration de Marcel Guignard, Secrétaire national de la CFDT, en 2008, devant la commission des Affaires Sociales du Sénat .

Et la CFDT de secouer sa " crête de coq ", en 2016, pour défendre l'inverse .

Félonie, trahison,forfaiture, reniement : qu'importe ! ...

Au moment où l'individu doté de la volonté d'entreprendre et du goût du risque est tenu pour valeur ultime des sociétés démocratiques, il devient salubre de rappeler qu'il y a individu et individu et " qu'on ne peut être un véritable individu, au sens positif du terme, que si vous n'êtes pas réduit par la société à payer de votre seule personne " . ( Robert Castel, Claudine Haroche, Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi ) .

C'est tout le sens de la réponse des Méliens aux Athéniens intransigeants, exigeant un tribut exorbitant : " Puisque vous nous forcez à fonder nos arguments sur votre intérêt personnel et non sur ce qui est juste, sachez qu'il serait utile à tous de ne pas détruire un principe qui sert le bien commun : laisser ceux qui se trouvent dans les griffes de la mauvaise fortune prospérer au-delà des limites que fixe le calcul précis de leur puissance ... Un jour votre propre chute pourrait s'accompagner de la vengeance la plus terrible ... " . Quelques années plus tard, les Spartiates s'emparaient d'Athènes et la pillaient .

NB : Thuycide est cité par Yanis Varoufakis dans son dernier livre " " Et les faibles subissent ce qu'ils doivent", Ed. Les liens qui libèrent, avril 2016 .

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