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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:17
Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

Photo, " Le Temps " ( Suisse ) .

" Voter, ce n'est pas choisir entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable " ( Raymond Aron ) .

Expédions les affaires courantes : le 7 mai, je voterai E. Macron parce que je tiens plus que tout à dire " Vous, jamais ! " aux héritiers des collabos de Vichy et de l'Algérie Française . Il ne peut y avoir débat, pour moi, là-dessus . Bon, ça c'est fait !

Passons aux choses sérieuses . Les " faiseurs d'opinion " qui se succèdent sur les plateaux télévisés depuis dimanche soir sont pathétiques . Ils ont tout faux . " Le petit prince de la finance " a terrassé les partis, il ouvre la voie à un renouvellement de la vie politique, enfin avec lui, toutes les formes de conservatisme incarnées par les partis étant étouffées, la France va pouvoir se réformer . Bla, bla, bla ! ...

Sauf que ce qui s'annonce avec la victoire annoncée d'E. Macron, c'est le retour en force des Partis . Parce que loin du " mantra " médiatique actuel de la fin des partis, ces derniers ne meurent pas, ils se transforment, certes, ils évoluent, mais ils restent, parce qu'ils sont nécessaires à la vie politique, comme le disait Léon Blum, parce qu'ils la structurent et j'ajoute - avec l'historien Michel Winocq - qu'ils doivent être forts et disciplinés, pour rester les vrais remparts contre toutes les aventures totalitaires, de toutes natures .

Je reprends donc à mon compte la métaphore mélenchonienne du " casse noix ", inventée pour dépeindre la tragédie du pauvre B. Hamon, pour décrire ce qui vient . 

Pour une affaire de " gros sous " d'abord, leur financement durant les cinq années à venir, pour peser de tout leur poids dans le prochain quinquennat, et pour la droite, prendre sa revanche de la présidentielle ratée, les Socialistes, de leur côté, et Les Républicains, du leur, vont se rabibocher, panser quelques plaies, pour empêcher Emmanuel Macron de gouverner à sa guise .

Ce matin, chez J.J. Bourdin, sur BFMTV, Bruno Le Maire a énoncé très clairement la stratégie de son camp : " La droite ne présidera pas la France mais elle peut la gouverner ", tant le désir d'alternance est grand chez ces conservateurs .

Les grognards de ces deux camps ont bien compris que " Peter pan " et les 577 - ou presque - inconnus qu'il va lancer dans la bataille des Législatives n'ont aucune chance d'obtenir une majorité à l'Assemblée Nationale, alors soyons lucides, le troisième tour de la présidentielle ne se jouera pas entre E. macron et la droite, sans Fillon, mais dans un combat entre le PS et Les Républicains, afin d'obtenir pour chacun des camps, le groupe de députés le plus puissant à l'Assemblée et imposer au nouveau président, éventuellement, un Premier Ministre issu de leurs rangs ou, au moins, un pacte de coalition très contraignant . Et l'on devrait appeler cela la mort des partis ?

J. L. Mélenchon, après une magnifique campagne, et alors qu'il pouvait s'enorgueillir d'un résultat pour la vraie gauche, remarquable, gagnant huit points et plus de trois millions de voix sur 2012, choisit de son côté, de mettre un terme à son épopée, au soir du premier tour, dans une intervention télévisée, confuse, inaudible et sans panache, hypothéquant ainsi les résultats de ses insoumis lors du troisième tour . 

La question qui se pose donc, aujourd'hui, ne concerne plus le deuxième tour de la présidentielle, déjà joué, mais les Législatives : quel signal les Français voudront-ils envoyer au nouveau président ? Barrage, rejet, navigation plus à droite, cap plus à gauche ? Dans tous les cas, le nouvel élu n'a pas à attendre, comme ses prédécesseurs d'état de grâce, sa marge de manoeuvre sera très étroite . Il n'aura ni majorité claire ni autorité morale suffisantes pour réformer . Dans l'Hémicycle, les familles politiques ne l'épargneront pas et les tentations de dissolution seront fréquentes .

Alors, le président aura à choisir : l'impuissance ou la brutalité ! 

" Emmanuel ", c'est ainsi que dans la bible le prophète Isaïe, désigne le Messie, Jésus : " celui qui accomplit le dessein de Dieu " . Cette référence biblique devrait pouvoir nous réconforter sauf, qu'à ce jour, notre Emmanuel n'a toujours pas annoncé quel était son dessein .

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 14:23
" La République des copains " .

" La tribu qu'une passion collective soude à son chef ", ( Marc Bloch ) .

Au-delà des reniements sur les questions économiques et sociales, il en est une où le quinquennat hollande ne pourra jamais être absout, c'est la question démocratique . 

Au terme du quinquennat de N. Sarkozy qui avait poussé jusqu'à la caricature tous les traits détestables de la monarchie républicaine, au point de transformer la France en une sorte de système néo-poutinien, on s'était pris à sepérer que F. Hollande tournerait la page sur ce plan-là . On pouvait donc espérer que les socialistes engageraient, au moins, des réformes - qui ne coûtent rien - pour refonder la démocratie, pour sortir des méfaits du legs bonapartiste et de tous ses excès : le pouvoir personnel, l'affairisme, le népotisme, la xénophobie, la flatterie des instincts les plus vils .

Pour beaucoup de Français qui votèrent en 2012 pour F. Hollande il y avait d'abord l'indignation soulevée par les comportements de N. Sarkozy, la volonté de tourner une page honteuse . Sans doute ce vote était-il un vote sans illusion sur la question sociale, les socialistes avaient tant de fois tourné casaque, mais au moins, avec F. Hollande, l'air pouvait devenir démocratiquement un peu plus respirable .

Il n'en fut rien . Et " l'imposture " s'imposa en ce domaine comme dans tous les autres :  la république des copains poursuivit son chemin comme " la tribu soudée à son chef " que dénonçait Marc Bloch en 1940 . 

L'historien, nous donne dans " L'étrange défaite ",  en pleine  débâcle de 1940, où la démocratie s'écroulait parce qu'elle était anémiée, sa très belle définition de cette démocratie : " La Cité étant au service des personnes, le pouvoir doit reposer sur leur confiance et s'efforcer de la maintenir par un contact permanent avec l'opinion . Sans doute, cette opinion peut-elle, doit-elle être guidée, mais elle ne doit être ni dupée, ni violentée, et c'est en faisant appel à sa raison que le chef doit déterminer en elle la conviction ... - Deux quinquennats successifs n'auront fonctionné que sur l'appel aux passions des gens - . Ainsi doit-il avant tout distinguer les aspirations profondes et permanentes de son peuple, exprimer en clair ce que celui-ci dénie parfois bien confusément et le révéler pour ainsi dire à lui même . Un tel débat ne peut être méné que dans la sécurité - c'est à dire hors passions . L'Etat au service des personnes ne doit ni les contraindre, ni se servir d'elles comme d'instruments aveugles pour des fins qu'elles ignorent . leurts droits doivent être garantis par un ordre juridique stable . La tribu qu'une passion collective soude à son chef est alors remplacée par la Cité que gouvernent les Lois ... "

A l'évidence, F. Hollande n'a jamais lu notre grand historien . C'est pourtant de cette démocratie tolérante, libérale au sens politique du terme, respectueuse des citoyens, dont la France a été privée durant les deux derniers quinquennats, dont elle a besoin .

Marc Bloch formule peut-être un rêve . Mais en ce dimanche d'élection présidentielle, prenons la mesure des enjeux : trois candidats sur les quatre en lice font peser d'énormes dangers sur la démocratie, le quatrième nous invite au contraire à tenter l'aventure démocratique . Ne nous trompons pas . Nous vivons un moment historique .

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:49
Valmy : 22 septembre 1792 .

Valmy : 22 septembre 1792 .

" Tout commence en mystique et finit en politique " ( Charles Péguy, Notre jeunesse, 1910 .

Souvenons-nous ! En 1981, le slogan des socialistes lors de la campagne de F. Mitterrand était le beau mot d'Arthur Rimbaud : " Changer le vie " ( Une saison en enfer, Délires, Vierge folle ) .

Et nous y avons cru et le 10 mai 1981, fut pour nombre de ceux qui l'ont vécu un moment de grande espérance . Quels que soient les reniements qui suivirent, reconnaissons qu'en 1981, la gauche cherche, sitôt au pouvoir, comme en 1936, et même si les conditions historiques ne sont pas les mêmes, à faire bouger les choses, à honorer ses promesses . A la différence de 1936, il n'y a pas de grève générale mais il y a l'enthousiasme formidable de la Bastille au soir du deuxième tour, et pour cette fois encore les choses vont aller très vite .

Dans les premiers jours qui suivent l'alternance, le gouvernement de Pierre Mauroy met en oeuvre une politique économique de relance : augmentation de 10% du SMIC, de 20% du minimum vieillesse, de 25% des allocations familiales, de 3,4% du salaire des fonctionnaires, le premier Ministre annonçant dans la foulée, lors de sa Déclaration de politique générale un nombre de réformes considérable : abaissement de la durée hebdomadaire du travail à 39 heures sans perte de salaire ; retraite à 60 ans et les nationalisations de cinq grands groupes industriels, de 36 banques de dépôt et des prises de participation majoritaires dans les deux plus grosses entreprises de l'armement : Dassault et Matra ...

En 2012, rien de tout cela . Le gouvernement de " notaires tristes " de Jean-Marc Ayrault, annonce d'emblée l'austérité . Passons !

Demain nous votons à nouveau, et nous devons apprécier avec rigueur ce qui nous est proposé .

Le néofascisme de Mme Le Pen : chasse aux immigrés, puis chasse aux syndicats, puis chasse aux assistés, suivies de la chasse aux " ouvriers non ralliés ", de la chasse aux gens de culture, de la chasse aux libres-penseurs, de la chasse aux SDF ...

L'ultralibéralisme de F. Fillon et son tout pour l'entreprise avec son corollaire, réduction drastique des services publics, démantèlement de la Sécurité Sociale, baisse des retraites, appauvrissement général des classes populaires et restriction des libertés : limitation du champ des droits . F. Fillon n'est pas un républicain .  

E. Macron, c'est " l'ubérisation " de la société . La fin du salariat et l'explosion des " autoentrepreneurs ", s'assurant eux-mêmes auprès de groupes privés pour tout : santé, retraite, chômage, . L'appauvrissement généralisé des ménages, l'impossibilité de construire un projet de vie pour le plus grand nombre, un avenir meilleur réservé à une poignée de chanceux ou d'héritiers .

Alors, pour retrouver un de ces moments historiques, que furent 1936 et 1981, retrouver le droit d'espérer, le droit de rêver, dans " la fièvre des réformes " à venir, il n'y a pas beaucoup d'options, il n'y en a qu'une .

Et encore une fois, Charles Péguy nous montre la direction : " L'intérêt, la question, l'essentiel est que dans chaque ordre, dans chaque système, la mystique ne soit point dévorée par la politique à laquelle elle a donné naissance ... Il importe évidemment que les républicains l'emportent sur les royalistes ou que les royalistes l'emportent sur les républicains mais cette importance est infiniment peu, cet intérêt n'est rien en comparaison de ceci : que les républicains demeurent des républicains, que les républicains soient des républicains " . ( A bon entendeur salut, M. Fillon ! )

" La mystique n'a-t-elle pas été dévorée par la politique ? " dans cette génération de socialistes qui, ayant accédé au pouvoir en 2012, avec F. Hollande à sa tête, fuit avec armes et bagages se réfugier dans les bras d'une marionnette, afin de sauver ce qui peut l'être : " la soupe " .

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 14:20
Premier gouvernement Hollande : " Des notaires tristes " .

Premier gouvernement Hollande : " Des notaires tristes " .

Le 1er mars 1937, Marceau Pivert rompt avec Léon Blum, dans une lettre annonçant sa démission du secrétariat de la Présidence du Conseil . Le 13 février précédent ( allocution radiodiffusée ) Léon Blum avait annoncé " la pause sociale " décidée par son gouvernement .

" Non je ne serai pas un complice silencieux et prudent . Non, je n'accepte pas de capituler devant le capitalisme et les banques . Non, je ne consens ni à la paix sociale, ni à l'union sacrée . Et je continuerai à le dire, quoiqu'il puisse m'en coûter ", ainsi s'exprime le leader de la gauche de la SFIO .

Le front populaire reste avant tout pour les classes populaires une dynamique sociale, une formidable dynamique qui redonne aux ouvriers, même si ce n'est que pour un temps limité, leur dignité .

Tel est le message de la philosophe Simone Weil, (1), dans l'article formidable qu'elle écrit, sous le pseudonyme de Simone Galois, le 10 juin 1936, dans le journal " La révolution prolétarienne "  et intitulé : " La vie et la grève des ouvrières métallos " : " Se sentir des hommes, pendant quelques jours . Indépendamment des revendications, cette grève est en elle-même une joie . Une joie pure . Une joie sans mélange " .

Plus loin, la philosophe ajoute : " Nul ne sait comment les choses tourneront . Plusieurs catastrophes sont à craindre . Mais aucune crainte n'efface la joie de voir ceux qui par définition courbent la tête, la redresser . Ils n'ont pas, quoi qu'on suppose du dehors, des espérances illimitées . Il ne serait même pas exact de parler en général d'espérance . Ils savent bien qu'en dépit des améliorations conquises, le poids de l'oppression sociale, un instant écarté, va retomber sur eux . Ils savent qu'ils vont se retrouver sous la domination dure et sèche et sans égards . Mais ce qui est illimité, c'est le bonheur présent . Ils se sont enfin affirmés . Ils ont enfin fait sentir à leurs maîtres qu'ils existent " .

Le Front Populaire, quels qu'aient été ses reniements et ses abandons ultérieurs, c'est d'abord un moment héroïque de l'histoire de la gauche . Un moment symbolique entre tous puisqu'il a permis des avancées sociales historiques, des congés payés jusqu'aux conventions collectives et aux 40 heures .

Pas grand chose à voir avec le Parti Socialiste de F. Hollande . Où est le Marceau Pivert des temps présents ? Pas grand chose à voir, non plus, avec ces dirigeants socialistes qui accèdent au pouvoir en 2012 : ni joie, ni enthousiasme , comme en témoigne la photo ci-dessus . Et pour cause : ils préparent déjà des mesures sociales d'une sécheresse et d'une dureté sans égales depuis longtemps . Connaissent-ils seulement le sens du joli mot " espérance " qu'utilise Simone Weil ? 

 Cette photo de " notaires tristes ", au coeur sec, prise à la sortie de leur congrès annuel montre à l'envi combien cette équipe de F. Hollande ne va jamais être en empathie avec le peuple qui les a portés au pouvoir .

Alors, dimanche prochain, à l'heure de voter, quel que soit le jugement que l'on porte sur certaines propositions de J. L. Mélenchon, souvenons-nous, de la joie de nos pères et mères en 1936, ne nous privons pas du bonheur de faire embrasser le sol à ceux qui se croient nos maîtres même si l'on sait que dès dimanche soir, si J.L. Melenchon est qualifié pour le second tour, ce ne sera que le début d'un long combat .

NB : source " L'étrange capitulation ", Laurent Mauduit, mars 2013 .

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 14:09
Publication FB de Maria Sakar .

Publication FB de Maria Sakar .

(1) . Article du 27 mai 1936, de Marceau Pivert (Gauche Révolutionnaire ), aile gauche de la SFIO : " Les masses ne se contenteront pas d'une modeste tasse de guimauve que l'on porte à pas feutrés au chevet de la mère malade " .

" Plus de cent économistes de dix-sept pays à travers le monde appellent les citoyens à se prononcer, dimanche, pour le programme de La France insoumise ",  ( Libération, édition du 18/04/2017 ) .

Alors que la France n'est toujours pas sortie de la récession économique qui fait suite à le grande crise financière de l'année 2008, Emmanuel Macron et François Fillon veulent poursuivre et aggraver les politiques de coupes dans les dépenses publiques, le démantèlement de l'Etat social et du droit du travail, dans le droit fil des deux quinquennats précédents, politiques qui ont conduit à un chômage de masse inédit, et au cercle vicieux de l'explosion de la précarité et de la pauvreté avec son corollaire qu'est la poussée du FN à la nature profondément raciste et xénophobe .

" A l'inverse, les solutions proposées par J.L. Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux urgences majeures de notre temps ", affirment ces universitaires .

Les propositions du programme " L'avenir en commun " prennent en compte les équilibres budgétaires non pas en se lançant dans une course à l'austérité mais en proposant un programme économique précis et ambitieux reposant sur une plus grande justice fiscale, une politique d'investissements et une émancipation réelle de la tutelle des marchés financiers ... ", ajoutent-ils .

La première urgence dans toutes ces mesures vise la baisse du chômage, aujourd'hui arrivé à des taux insupportables dans la durée : plus de 6,5 millions de chômeurs ( 10% de la population ) avec un taux de 25% chez les jeunes de moins de 25 ans . Pour cela il faut dégager des marges de manoeuvre pour les investissements publics en mettant fin à une dépense autant inutile que préjudiciable à la collectivité : la dépense fiscale du pacte de responsabité et du CICE qui auront coûté aux contribuables 41 Mds d'€ pour une efficacité nulle dans la mesure où les politiques d'austérité tant en France qu'en Europe avaient réduit drastiquement la demande .

Face au sous-investissement chronique sous le quinquennat Hollande qui s'est contenté de charcuter la fiscalité, l'urgence est à une ambitieuse politique de relance pour stimuler l'activité, donc l'emploi . A ce titre, le plan d'investissements de 100 mds d'€ sur l'ensemble du quinquennat est correctement proportionné, la dépense étant judicieusement focalisée sur des secteurs essentiels, à fort coefficient multiplicateur ( transition énergétique,, infrastructures scolaires, transports publics, santé, logement ... ) et qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale . Son efficacité et son financement sont avalisés par le récent rapport de l'OFCE ( Investissement public, capital public et croissance de Xavier ragot et Francesco Saraceno ) .

Pour sortir de l'austérité budgétaire et salariale, des mesures comme la revalorisation du SMIC, des retraites et des minima sociaux couplées à une ferme politique d'égalité salariale femmes-hommes, devenues totalement nécessaires et combinées à un plan de réduction du temps de travail, telle que le respect effectif des 35 heures, la semaine supplémentaire de congés payés tout comme à une formation professionnelle de qualité envers les chômeurs, ceux qui ont abandonné toute recherche d'emploi ou ceux encore qui sont insatisfaits de leur temps partiel imposé, sont absolument cohérentes .

Les contempteurs de ces mesures qui brandissent le chiffon rouge de la dépense oublient de nous dire que l'aggravation de l'austérité qu'ils préconisent se traduira par plus de chômage et toujours moins de services publics .

La deuxième urgence à laquelle le pays doit répondre consiste à enrayer le creusement des inégalités, à mettre fin à l'augmentation indécente des patrimoines des possédants et à remédier aux injustices du système fiscal, injustices qui affectent tout autant les ménages que les PME par rapport aux grands groupes .

Et en ce domaine encore, la proposition de J.L. Mélenchon est précise et cohérente : pour les ménages, en passant le nombre de tranches de l'impôt sur le revenu de cinq à quatorze ; pour les petites et moyennes entreprises, en baissant le taux de l'impôt sur les sociétés à 25%, les grands groupes devant y souscrire alors qu'aujourd'hui ils contribuent au mieux à 10% . Par ailleurs bon nombre de niches fiscales seront supprimées en vue de mettre fin à la captation des richesses par une minorité .

La troisième urgence est industrielle . Il s'agit de combattre la financiarisation de l'économie  qui a tué notre tissu productif . Pour qu'il monte en gamme, les dotations et les missions de la Banque Publique d'Investissement seront étendues . L'octroi des crédits et les prises de participation seront libérées de la strcte logique financière pour privilégier la vision à long terme des investissements . Le contrôle du système bancaire français par la Banque de France sera renforcé et la séparation des banques d'affaires et des banques de dépôt mise en oeuvre sans tarder couplés à un contr^le plus strict des mouvements de capaitaux spéculatifs afin que la spéculation n'entrave plus l'investissement .

Ces économistes soutiennent par ailleurs deux autres urgences abordées par JLM : la transition écologique et la désobéissance aux traités européens dans un seul but : " Sauver le meilleur de l'Europe en supprimant ce qu'il y a de mauvais " .

En un mot, le programme économique de " La France insoumise " nous offre une occasion historique de prouver qu'il y a des alternatives sérieuses, crédibles et désirables aux politiques absurdes menées avec acharnement depuis trois décennies .

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 14:46
Publication FB de René Leucart .

Publication FB de René Leucart .

" Une équation perverse surplombe les programmes de trois candidats, sur les quatre en lice : réduire le salaire brut patronal - payé par le patron - pour hausser le salaire net salarial - reçu par le salarié " . Plus de cotisation prélevée sur les salariés, à ajouter aux exonérations patronales déjà accordées aux entreprises : la SS est nue ! 

Nous venons de traverser un week-end de feu, à droite . Il est de tradition, en fin de campagne, dans ce camp, quand la bataille finale se fait très proche, de déclencher " la mitraille " . Foin des litotes, des paraboles et des euphémismes, on canonne .

C'est ce que n'ont pas manqué de faire la néo-fasciste Marine Le Pen et le néo-maurassien F. Fillon .

La première, voulant réveiller une campagne un peu somnolente et constatant une érosion des sondages à son endroit, a choisi " la recoagulation " de son socle électoral, en invoquant " les mânes " de la maison FN .  A cette fin, elle a annoncé, hier,  dans un Zénith de Paris même pas à moitié rempli, qu'elle allait - si elle était élue - suspendre toute immigration légale et rappeler les réservistes de l'armée française, non pas dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais pour garder nos frontières et arrêter les hordes de migrants lancées à l'assaut de notre identité nationale . Ces hordes qui dans une stratégie particulièrement raffinée entendent attaquer notre civilisation par l'invasion pernicieuse des " plonges " de nos restaurants et l'occupation insidieuse de nos bureaux, dès l'aube, pour des nettoyages subversifs, à l'heure où nous dormons encore .

Le second, a choisi d'autres boucs émissaires : les journalistes, cette engeance au patriotisme " douteux ", cette cinquième colonne de la bien-pensance qui a eu l'outrecuidance d'informer le public de ses turpitudes financières, déstabilisant un projet de campagne fondé sur la probité, l'honnêteté, le don de soi à la patrie en danger, fustigeant le complot de la presse, le cabinet noir de l'Elysée, l'acharnement des médias, levant la main droite tel un " Christ Pantocrator ", les Saintes Ecritures dans la main gauche, quand ses ouailles hurlent aux " journalopes " et aux " merdiass " pour les absoudre de leur inélégance . Et, sans doute pour s'absoudre lui-même, de clamer, qu'un homme politique n'a pas à être " Saint François d'Assise ", le saint des pauvres, ne voyant pas l'étrange aveu contenu dans ce cri du coeur . Pour lui aussi " recoaguler " son socle électoral, il ajoute qu'il prendra - s'il est élu - dans son gouvernement, des ministres issus de " Sens commun ", cette secte catho vouée à l'homophobie, frontalement anti-mariage pour tous, anti-PMA, anti-avortement .

Et pour montrer qu'il est un vrai rebelle, il refuse de se rendre, ce mardi matin, dans l'émission de Jean-Jacques Bourdin, sur BFMTV, où tous ses concurrents seront passés, geste qui se veut héroïque car ce journaliste est un " véritable dictateur " mais refus dont on apprend qu'il tient davantage au fait que Bourdin voulait lui poser des questions sur ses affaires . Le " Savonarole " des médias est démasqué . 

Le favori des sondages, E. Macron, a fait le plein, hier, à Bercy : 20 000 personnes . Le meeting est réussi mais le candidat est fatigué : on a placé quatre " prompteurs ", autour de lui, par précaution . Il s'enlise, entre Pyrénées et Picardie, les deux régions où il a grandi et parle " d'architecture, de cathédrales, de colombages familiers ... " 

Cependant, il réussit à faire passer le coeur de son message : " Ce qui nous est proposé depuis vingt ans, ce n'est ni la libération, ni la reconstruction mais un lent consentement au chômage de masse ... " Et il parvient à faire vibrer la salle quand il invoque " la génération debout, la génération en marche, la nôtre ", celle de tous ceux qui l'ont rejoint depuis un an, contre les candidatures du passé qui n'ont que " leur impuissance " à faire valoir .

En ce week-end de Pâques, Jean-Luc Mélenchon, fidèle à sa stratégie " des surprises " , parcourait, paisiblement, sur sa " péniche insoumise " les canaux de l'Ile de France . Ni fracas, ni fureur, dans ce camp . De simples appels au sang-froid, au travail militant, à la modération de ses soutiens sur les réseaux sociaux, face aux attaques violentes des opposants : " Nous sommes fâchés mais pas fachos " . 

Ce rapide panorama du week-end de Pâques nous dit une chose : " L'exigence de probité ne concerne pas l'art de gouverner mais l'honnêteté des élus " ( Michel Winock, historien ) .

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 16:06
Les quatre portes .

" Qui aurait pu prévoir que les Français accepteraient un jour l'incertitude et choisiraient l'aventure ? " ( Guy Konopnicki, journaliste à Marianne ) .

Telle est la première surprise de cette étrange campagne électorale : la tentation de l'aventure . Les Français ont éliminé, un par un, les hommes politiques blanchis sous le harnais, trop prévisibles, ayant démontré leur impuissance ou ayant trahi, triché, certains se vautrant dans la corruption : Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls, Duflot et tant d'autres ... disparus, naufragés, noyés, évanouis ...

Les Français passaient, depuis trente années pour des enfants sages, votant pour des partis rassurants, pour des alternances et des cohabitations molles mais du coup paisibles, n'entraînant aucun bouleversement dérangeant . En somme des petits bourgeois peu pressés de courir l'aventure . Et tout allait bien ainsi, pour le plus grand bonheur de tout un monde de privilégiés se goinfrant au soleil de la sagesse de tout un peuple .

Or, patatras ! Voilà que les Français, à l'occasion d'une campagne électorale " sentant trop mauvais " ( dixit F. Hollande ) se rebiffent, regimbent, se cabrent, se révoltent et se proclament séduits par l'aventure comme si la peur ne rôdait plus autour de nous, comme si le chaos n'effrayait plus personne, comme si le " plus rien à foutre " avait pris le dessus sur tout autre considération .

Pourtant le chaos s'invite à notre table, chaque jour : il gouverne la Syrie, l'Irak, l'Egypte, la Suède, Londres, l'Afghanistan, la Mer de Chine ... Vous imaginez un peu, à côté de ces conflits, vous voudriez que la minuscule aventure politique de notre présidentielle puisse nous effrayer, clament les Français à l'oreille de candidats en mal d'envolées lyriques chantant la grandeur, le rayonnement et même la puissance toujours intacte du pays .

En cette dernière semaine de campagne, les Français ont choisi de laisser entrouvertes quatre portes, quatre portes ouvrant sur quatre aventures très différentes, quatre incertitudes, quatre chaos, peut-être . Qui peut savoir ?

Qui peut avoir peur aujourd'hui de l'instabilité politique qui nous donna, quand même, quatre Républiques et dont les partis dominants avaient fait un épouvantail pour justifier les alternances douces de la Ve . Les moroses alternances ont fini par lasser et cela, les partis en place ne l'avaient pas anticipé .

Les français n'ont plus peur de l'inconnu . Ils savent que la surprise peut être terrible mais l'épouvantail de l'instabilité s'est fondu dans le paysage .

Au bout du couloir donc, quatre portes . L'une nous conduit directement au néo-fascisme, à une société autoritaire, déshumanisante, conflictuelle, invivable et surtout irréversible : les régimes totalitaires ne rendent jamais le pouvoir sans violence .

La deuxième, ultra-libérale, rompant avec tout pacte social, va démanteler des pans entiers de notre modèle, services publics, assurance-maladie, retraites, assurance chômage, promouvoir l'extension des petits boulots et réintroduire une morale religieuse très pesante sur notre quotidien .

La troisième s'ouvre sur une société " sans statut " . Dehors, la République, la démocratie,  les services publics, le contrat social, la règle sera :  "  Les salariés on ne les paie que quand on a besoin d'eux ", à la tâche, à la mission, au chantier et ils se débrouilleront pour se loger, se soigner, s'occuper de leurs enfants et de leurs vieux .

La quatrième s'ouvre sur un monde plus généreux et surtout plus démocratique . Assemblée constituante, référendum révocatoire, non cumul des mandats en nombre et dans la durée, renouvellement des élites politiques, débat contradictoire pour les décisions locales comme nationales . Davantage de démocratie, donc . Beaucoup plus de démocratie ! Mais alors, il faut se poser la question : n'est-ce pas trop de démocratie d'un coup ? La nouvelle société saura-t-elle gérer ce " trop plein " de démocratie ? Un pari, certes, mais un pari fondé sur la confiance dans l'intelligence collective : une inconnue mais vers un progrès véritable si elle se transforme en succès .

Il nous reste une semaine pour savourer tant d'incertitude avant de connaître le nouveau paysage politique que notre curiosité pour les mondes inconnus aura choisi . Souhaitons que la rage ne suive pas de trop près la recomposition attendue !

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 14:02
" Après le 6 mai 2012" .

Suite du billet précédent : " L'imposteur " .

Macron est le spasme d'un système qui repousse son trépas, sa dernière solution, l'unique moyen de déguiser une continuité devenue intolérable au reste de la société " ( F. Lordon ) .

La baisse de popularité de F. Hollande commence dès la rentrée 2012 . Les observateurs avisés nous expliquent qu'il a manqué d'esprit de responsabilité, qu'il a pris des vacances, se montrant en short sur les plages, souriant, aux bras de sa compagne, disparaissant ainsi, tout l'été, des radars politiques et que les Français lui en veulent de tant de légèreté . Quel aveuglement !

En fait, F. Hollande n'a cessé de piloter la mise en place concrète de son " imposture " .

Dans le courant du mois de janvier 2012, " L'Institut de l'entreprise ", annexe du MEDEF où l'on retrouve pêle-mêle les patrons de Vinci, Sodexo, Axa, Schneider Electric, Lafarge, GDF Suez, BNP Paribas et bien d'autres, rien que du beau linge du CAC 40, avait publié une note intitulée : " Pour un choc de compétitivité en France " et sous titrée : " Transférer une partie des cotisation sociales vers la fiscalité pesant sur les ménages " . Voici ce que dit le document : " Le poids du financement de la protection sociale pèse de manière démesurée sur les coûts de production . Le système de protection sociale étant le résultat de nos préférences collectives, c'est aux ménages d'en assurer d'abord la charge . Une réforme de l'assiette de financement de la protection sociale, qui verrait une partie des cotisations employeurs rebasculée vers les ménages, via la mise à contribution de la TVA, la CSG, la TICPE, la fiscalité écologique, doit être envisagée . Un tel transfert aurait la vertu symbolique d'envoyer le signal déterminé d'une nouvelle politique de l'offre ... " 

En mars 2012, " l'Institut Montaigne ", autre club patronal, remet ça et précise : " Pour avoir un effet réel sur l'emploi et la compétitivité le transfert de charges doit être suffisamment important, il faut rechercher un choc de l'offre, ce sont ainsi plus de 30 Milliards d'€ qui pourraient être transférés . Les cotisations maladie et famille  ont vocation à être basculées prioritairement vers la consommation , en raison de leur caractère universel ... "

Le décor est posé . Et dès le lendemain du 6 mai les choses vont aller très vite . Un grand patron, Louis Gallois, ancien président d'EADS, nommé Commissaire Général à l'investissement, et de mèche avec F. Hollande, va mener le train . On envoie d'abord l'inconsistant Pierre Moscovici, Ministre de l'économie, que personne n'écoute, lancer une sonde, devant un parterre de patrons de la CGPME, " Planète PME ", nous sommes le 28 juin 2012, et les formules du ministre sont sans équivoque : " La conférence sociale convoquée par le premier Ministre, les 9 et 10 juillet, posera les premiers jalons d'une politique de compétitivité . Elle sera l'occasion pour l'Etat et les partenaires sociaux d'aborder les questions touchant au marché du travail et des moyens de fonder une nouvelle compétitivité pour notre économie " .

Avec les déclarations encore plus nettes de Louis Gallois, le 7 juillet, tout s'accélère . Ce dernier est envoyé en mission à Aix-en-Provence, pour s'exprimer devant un parterre d'économistes, les-mêmes que rencontrait Hollande en 2011, auxquels il confie : " Pour toucher le secteur exposé à la concurrence, il faut que le choc de compétitivité soit assez massif et qu'il porte aussi sur les cotisations sociales des salaires élevés . Il s'agit de transférer 30à 50 Milliards pour avoir un effet significatif " . Les intentions cachées de l'Elysée vont devenir de plus en plus transparentes .

Le 9 juillet, en ouverture de " La Grande Conférence Sociale ", F. Hollande tombe le masque . " L'équilibre de nos comptes et la compétitivité de notre pays ne sont pas seulement des impératifs économiques, ce sont des obligations sociales . Nos mécanismes de solidarité seront menacés si nous ne savons pas les faire évoluer  . pour les entreprises les plus exposées à la mondialisation nous devons trouver le moyen de les aider à rester dans la course face à des concurrents qui ont fait des efforts considérables ces dernières années ... Voilà pourquoi je considère nécessaire une réforme du financement de la protection sociale pour qu'il ne pèse plus seulement sur le travail ... " .

Venir sur le terrain de l'adversaire, au lendemain même d'une victoire, cela ne s'était jamais vu ! Et la marche en avant se poursuit . Dès le 11 juillet, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, charge Louis Gallois de rédiger un rapport sur ces sujets de la compétitivité des entreprises et du coût du travail .

Pour ce grand patron, la tâche ne sera pas harassante : il va puiser toutes ses recommandations dans les deux notes de " l'Institut de l'entreprise " et de " l'Institut Montaigne ", dont nous avons déjà parlé, les remettant au Premier Ministre, le 5 novembre 2012 où il préconise " un choc de compétitivité de 30 Milliards ", au milieu d'un plagiat éhonté des deux rapports patronaux .

Dans un communiqué intitulé " Rapport Gallois ", la présidente du MEDEF, Laurence parisot, laisse éclater sa joie .

Dès le lendemain - le Premier Ministre a dû lire tout le rapport dans la nuit - Jean-Marc Ayrault, annonce un gigantesque allègement d'impôts consenti aux entreprises pour un montant de 20 Mds sous la forme d'un Crédit d'Impôt ( CICE ); invraisemblable cadeau, offert sans raison et sans contre-partie . Ces sommes fabuleuses seront payées par 10 Mds d'économies sur les services publics et 10 Mds d'impôts supplémentaires sur les ménages .

La boucle est bouclée . A la fin de l'année 2012, F. Hollande a pris la première grande mesure de son quinquennat : " Une grande mesure de redistribution ... à l'envers ", pourra dire le journaliste Laurent Mauduit .

NB : source " L'étrange capitulation " de Laurent Mauduit, Ed. J.C. Gawsewitch, 2013 .

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 11:56
L'imposteur .

" Les anciens socialistes chantaient Le temps des cerises, les nouveaux, de droite, à l'image de F. Hollande, n'ont retenu que les merles moqueurs ... ", dit le journaliste Guy Konopnicki .

Ne dites pas de F. Hollande qu'il est un " traître " au PS, à la gauche, au socialisme ; F. Hollande n'a trahi personne, il n'est qu'un " imposteur ", un banal " imposteur " . Le sommet de son imposture est atteint durant la campagne des présidentielles de 2012 et les tout premiers mois de son mandat . " Une double campagne " .

Sa campagne officielle, une posture publique, où il feint de tourner le dos aux priorités économiques et sociales inégalitaires défendues par N. Sarkozy et propose au pays une politique économique alternative : " Le changement, c'est maintenant ! " son slogan principal qui promet des lendemains qui chantent, une véritable rupture avec les années Sarkozy . Cette campagne, c'est le discours du Bourget du 22 janvier 2012 qui en est le temps fort . Ce jour-là, le candidat socialiste dévoile ses principales promesses : les réformes démocratiques, du non-cumul des mandats à l'introduction d'une dose de proportionnelle dans les élections législatives en passant par le mariage pour tous ou le vote des étrangers aux élections locales . On y trouve aussi une refondation de l'école, une réforme fiscale profonde, la fin des dérives du nouveau capitalisme financier - " mon adversaire c'est la finance " - une taxe sur les transactions financières, la séparation des activités, de crédit et de spéculation au sein des banques ... En cet instant, F. Hollande semble être devenu le candidat dont le pays a besoin, le chevalier blanc qui va terrasser " cette finance qui s'est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle ", ajoute-t-il .

Ne nous étendons pas, le refrain est connu ...

Mais F. Hollande mène une double campagne . car il y a, dans le même temps, la campagne officieuse, celle dont la grande presse ne parle pas, une campagne autrement plus prudente, conservatrice, qui tourne le dos à la campagne publique .

Pour comprendre ce qui se passe quand F. Hollande accède à l'Elysée, il faut se plonger dans cette deuxième campagne, pour y déceler les ambiguïtés du candidat mais aussi sa part de calcul et surtout, disons-le sa part de duperie .

F. Hollande est homme habile, et même dans ses envolées lyriques évoquant la passé glorieux de la gauche, des oreilles averties peuvent déceler des petits riens subliminaux envoyés au camp d'en face, des signaux envers les milieux d'affaires, soucieux de rigueur économique et de respectabilité financière .

Le début de la campagne occulte du candidat socialiste peut être datée . En septembre 2010, F. Hollande n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature à la primaire socialiste, mais soumet un débat sur internet sur le thème : " Parlons de la France ", et le petit livre numérique qu'il dévoile, à cette occasion, aurait dû faire dresser l'oreille à certains . Multiplication des appels à la raison et à la modération comme s'il cherchait à ce que de vieux slogans comme le " Changer la vie ! " de 1981, ne revienne pas hanter la gauche .

Nous ne pouvons pas multipler les propositions comme si nous avions tous les moyens pour agir et disposions de tous les leviers ... les trésors cachés n'existent pas ... Les prélèvements sur les revenus financiers comme sur les grandes fortunes, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent suffire à combler tous les déficits de notre protection sociale ", insiste-t-il . Matine Aubry y avait vu un " flou ", puis un " loup " .

Puis il ajoute : " Ces comportements peuvent paraître séduisants électoralement car nos concitoyens préfèrent entendre que " Tout est possible " ( Marceau Pivert, en 1936 ) plutôt que " l'Etat ne peut pas tout " . Par ailleurs, toujours dans son petit livre numérique " Parlons à la France ", il entre fermement dans le concret à propos des retraites : " Afin de tenir compte de l'allongement de la durée de la vie, il est logique d'allonger la durée de cotisation au fur et à mesure que l'espérance de vie augmente " .

Quelques mois plus tard, en janvier 2011, lors d'un face à face organisé par Mediapart, avec l'économiste Thomas Piketty, que certains ont prétendu à tort qu'il a inspiré la politique économique de F. Hollande, ce dernier fait comprendre, d'emblée, que sa révolution fiscale sera la moins radicale possible et qu'elle s'interdira une trop forte taxation des plus hauts revenus . Le dirigeant socialiste, émettant de très fortes réserves sur le barème d'imposition préconisé par l'économiste : " les taux faciaux pour un tout petit nombre sont inefficaces et conduisent aux délocalisations ... Je préfère un impôt payé à un impôt fraudé ", assène-t-il, quand Piketti lui fait remarquer que si on réduit en-dessous de 50% le taux supérieur de l'impôt sur le revenu, cela induit d'augmenter les taux d'imposition des revenus moyens et inférieurs, ce qui se produira d'ailleurs, dès le début du quinquennat .

Le 24 mars 2011, au détour d'un entretien, le journal " Les Echos " demande au candidat Hollande s'il accepte une filiation avec le centriste Raymond Barre - " le Père la rigueur " - que les socialistes ont chassé de son poste de premier Ministre en 1981, et Hollande acquiesce : " Il a eu le souci de mettre nos finances à flot " .

Le 24 août 2011, à l'occasion d'une réunion qu'il tient avec des économistes, le socialiste, va tenir les propos suivants : " La gestion au fil de l'eau, l'accoutumance aux déficits, la programmation sur des hypothèses irréalistes, l'acceptation d'un niveau d'endettement plus élevé sont autant de manifestations d'une irresponsabilité qui a coûté trop cher et à laquelle il est temps de mettre un terme " . " Cet effort de longue haleine devra être mené avec résolution ", martèle-t-il, avant d'ajouter qu'il fait siens les objectifs de réduction des déficits fixés par le gouvernement Fillon .

Ce jour-là, il n'y a pas que le contenu du discours de F. Hollande, qui a de l'intérêt . La brochette d'économistes invités à débattre avec lui, ne manque pas de piquant . Les plus convenus de Paris, les plus mondains, les plus libéraux, les plus conservateurs .

Et comme il a aimé l'expérience, le candidat cette fois investi par la primaire, remet ça, le 9 novembre suivant, à la maison de l'Amérique latine, avec les mêmes experts : Jean-Hervé Lorenzi, Président du cercle des économistes ; Philippe Aghion, l'économiste de Harvard ; Gilbert Cette, l'économiste de la Banque de France : Agnès Bénassis-Quéré, future présidente du Conseil d'Analyse politique, auprès du Premier Ministre ; Thomas Philippon, professeur d'économie à New-York ; Romain Rancière, professeur à l'Ecole d'économie de paris, et ancien du FMI ou encore Stéphane Boujnah, directeur général du " Banco de Santander France " . " Des imposteurs de l'économie " qui barbotent dans d'insupportables conflits d'intérêts, tous discrètement appointés par le monde de la finance .

Foin de jeunes chercheurs et d'économistes qui essaient dans un contexte de crise historique de chercher des voies nouvelles pour la gauche .

Le leiv-motiv de cette journée sera : " Une politique salariale trop généreuse fait le lit du chômage et nuit à la compétitivité " . 

Bien d'autres réunions discrètes suivront et en particulier après le 6 mai 2012, pour mettre en place, en 2013, le fameux " Pacte de responsabilité " qui devait déverser sur les grosses entreprises des dizaines de milliards d'€ . Mais nous y reviendrons .

Le chef politique est nécessairement un imposteur puisqu'il enseigne à résoudre les problèmes de la vie en ne les posant pas " ( A. Malraux, L'espoir " ) .

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 14:40
Site, Urtikan.net ( Dessin de Deligne, octobre 2014 ) .

Site, Urtikan.net ( Dessin de Deligne, octobre 2014 ) .

" Dans les poulaillers d'acajou, / Les belles basses-cours à bijoux, / On entend la conversation / D'une volaille qui fait l'opinion . /  Ils disent : / Que font ces jeunes, assis par terre, / Habillés comme des traîne-misère, / On dirait qu'ils n'aiment pas le travail, / Ca nous prépare une belle pagaille . / Mais comprenez-moi : c'est inquiétant, / Nous vivons des temps décadents, / Mais comprenez-moi : le respect se perd / Dans les usines de mon grand-père ... " ( Chanson d'Alain Souchon, album " Jamaix content ", 1977 ) .

Accrochons-nous ! " Les volailles qui font l'opinion " sont énervées . A dix jours du scrutin - des présidentielles - elles continuent à nous livrer le même diagnostic, qui les irrite car elles ne peuvent nous offrir aucune nouveauté : Le Pen et Macron dominent toujours la compétition, malgré un léger tassement pour les deux, à 23%, contre Fillon et Mélenchon, au coude à coude, autour de 18% . Avec la satanée marge d'erreur des sondages, à 3% - en plus ou en moins - rien n'est donc joué . Pas de favori indiscutable à nous présenter . C'est énervant ! D'autant plus que le jeune et bienveillant " fils de ... " se voit décerner des bons points par F. Hollande - ce n'est pas forcément un cadeau - qui dans le même temps flingue avec la méthode qui lui est propre, l'artillerie lourde, J.L. Mélenchon ( Interview du " Point ", à lire demain ) .        

Pourtant, tout est tellement clair !  

" Macron devrait gagner au deuxième tour, mais si Mélenchon continue son ascension, il peut lui passer devant, ce qui donnerait un deuxième tour " FN-France insoumise " que Mélenchon devrait emporter avec un apport de la gauche, à moins que la droite fillonniste choisisse massivement Le pen, hypothèse qui néglige toutefois le fait que Fillon garde son socle au premier tour et ne voie revenir à lui les électeurs de droite momentanément  déconcertés par les affaires de justice, ce qui le placerait en challenger de Le Pen au deuxième tour, avec une bonne chance de l'emporter, sauf si la gauche faisait totalement défaut au candidat LR, sans oublier le fait que dans un autre cas de figure, toujours possible, Fillon et Macron pourraient s'affronter au deuxième tour, avec une bonne chance pour Macron, sauf si la droite se mobilise et si la gauche s'abstient, rebutée par l'ultra-libéralisme de Macron, lequel peut avoir éventuellement en face de lui - et pourquoi pas - Mélenchon, dans un duel final que Macron devrait alors dominer grâce à l'apport des électeurs de droite effrayés par " La France insoumise ", à moins que les électeurs de Le Pen ne se joignent à ceux de la gauche pour faire tomber le candidat de la haute finance, qui garde toutes ses chances, sauf s'il les perd dans les tout derniers jours ... 

Résumons-nous :

A droite, si l'on est lepéniste, on vote Le Pen ! Si l'on est conservateur-libéral à la Thatcher, on vote Fillon ! Il n'y a là, aucun motif d'hésitation . Si l'on est d'une droite plus ouverte, plus modérée, on votera Macron pour éviter les fractures que le programme " réac " à souhait de Fillon va provoquer, et si l'on est d'une gauche libérale, réformiste, on va aussi voter Macron pour éviter Le Pen, Fillon et Mélenchon .

A gauche, la gauche authentique, si on veut la rupture, on vote Mélenchon, pas de changement . Si on veut, d'abord, sauver le PS et une gauche historique, on vote Hamon . Ah ! oui, mais : Le Pen et Fillon, c'est la catastrophe annoncée, alors il faut bien se résoudre à voter Macron, même sans savoir ni ce qu'il vaut, ni ce qu'il veut ...

" C'est pas simple, tout ça ! " Voilà pourquoi, notre sondeur se tait .

 

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