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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 14:42
Guesde et Jaurès : images de la Fédération de la Libre pensée .

Guesde et Jaurès : images de la Fédération de la Libre pensée .

Temps II : 1890-1920 .

" Depuis Marx, une tradition : un socialiste s'affirme toujours par la critique, plus ou moins violente, d'un autre socialiste " ( Guy Konopnicki ) .

Normalien, Docteur ès-lettres, professeur de faculté à Toulouse, Jaurès ne vient pas de la classe ouvrière ; il n'est pas de la génération de la Commune et n'a aucune expérience des luttes . Il découvre le socialisme sur le terrain lors de la grève des mineurs de Carmaux dont ce bourgeois se fait le porte-parole avant de devenir leur député en 1893 . Il récidive avec les verriers de la même ville en empêchant la fermeture de l'usine par la fondation d'une coopérative ouvrière . C'est un habile négociateur . Se voulant socialiste indépendant, il ne cherche pas à rejoindre les formations existantes, lui qui, en réformiste, approuve toute avancée, qu'il s'agisse des libertés publiques ou de la condition ouvrière et s'oppose ce faisant au dogmatisme de Guesde .

Au début du XXe siècle, il y a au moins cinq formations se réclamant du socialisme, chacune derrière son chef historique : Edouard Vaillant, Jules Guesde, Paul Brousse, Jean Allemane auxquels s'ajoutent des comités socialistes indépendants dont Jaurès est la figure principale .

La IIe Internationale, fondée en 1889, les presse de s'unir et refuse de choisir mais les vieux chefs se déchirent et se combattent . Jaurès plaide le premier pouir l'union des socialistes . Mais qui est-il ?

Quand il prend parti pour le capitaine Dreyfus, Guesde ne peut s'empêcher de s'écrier : il n'est pas socialiste puisqu'il défend un militaire, un officier, un bourgeois !

En 1902, Guesde, décide de rassembler les révolutionnaires, à l'exclusion de tous les autres et fusionne le POF avec le parti d'Edoud Vaillant ;  ils forment ainsi le " Parti Socialiste de France ", une manoeuvre d'appareil visant à écarter les socialistes tièdes . Une sorte de " Tout sauf Jaurès "

Jean Allemane et Paul Brousse se rapprochent alors de Jaurès . La guerre des socialistes reprend entre les deux nouveaux blocs : Jaurès et ses amis participent aux combats républicains jusque dans le travail parlementaire participant, par exemple, à la rédaction des articles de la Loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat, tandis que les " guesdistes ", opposés à la fois à l'Eglise et à l'Etta, se tiennent à l'écart, ne s'estimant pas concernés .

Cependant l'Internationale exige cette fois la fusion . Jaurès prend le parti de l'unité, cherchant à sortir le socialisme de son isolement, à coups d'articles et de discours tandis que Guesde ne cesse de l'invectiver et fonde, en 1904, le journal " l'Humanité ", au sein duquel il attire une constellation d'écrivains : Anatole France, Jules Romain, Tristan Bernard ou Octave Mirbeau .

De gré ou de force, Guesde finit par céder et les deux blocs fusionnent en 1905, au Congrès du Globe, pour former, la " Section Française de l'Internationale Ouvrière " ( SFIO ) .

L'union paye et en 1914 les socialistes obtiennent 107 sièges à la Chambre des Députés . Jaurès tente par ailleurs de conjurer la menace de guerre mais est assassiné le 31 juillet 1914 . Après trente années de dénonciation de toute compromission Guesde entre alors au gouvernement d'Union sacrée . Les députés socialistes votent pour la guerre  à l'unanimité . 

La guerre se termine et les socialistes se déchirent à nouveau car ceux qui rentrent du front demandent des comptes aux camarades qui les ont envoyés au " casse-pipe " .

Mais l'histoire s'accélère . " La Révolution d'Octobre " vient rebattre les cartes et la Fondation de la IIIe Internationale à Pétrograd  précipite la scission dans une inversion curieuse des visions : Lénine, Trotsky et Sinovien ne soutiennent pas Jean Longuet, le pacifiste proche de Jaurès ( et petit-fils de Karl Marx ) mais les ex-bellicistes Marcel Cachin et L. O. Frossard .

La nouvelle guerre des socialismes peut commencer . L'Acte de fondation en sera le Congrès de Tours en décembre 1920 ...

En cet automne 2017, le socialisme français a retrouvé l'éparpillement et l'impuissance des temps fondateurs : impuissance brillamment assumée par JLM .

 

NB : Guy Konopnicki, Marianne No 1029 du 16 novembre 2016 .

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 13:53
( Pensées.fr ) Les femmes arbres .

( Pensées.fr ) Les femmes arbres .

" L'amour propre :  il est bizarre . Il s'accommode des choses et de leur privation : il peut passer dans le parti des gens qui lui font la guerre, il entre dans leurs desseins et ce qui est admirable, il se hait lui-même avec eux, il conjure sa perte, il travaille même à sa ruine ... " Larochefoucauld, Maximes ) .

" L'amour-propre est l'amour de soi-même et de toutes choses pour soi ; il rend les hommes idôlatres d'eux-mêmes, et les rendrait les tyrans des autres si la fortune leur en donnait les moyens . Il ne se repose jamais hors de soi et ne s'arrête dans les sujets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs, pour en tirer ce qui lui est propre . Rien n'est plus impétueux que ses désirs, rien de si caché que ses desseins, rien de si habile que ses conduites ; ses souplesses ne peuvent se représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses et ses raffinements ceux de la chimie . On ne peut sonder la profondeur ni percer les ténèbres de ses abîmes . Là il est à couvert des yeux les plus pénétrants ; il y fait mille tours et retours . Là il est souvent invisible à lui-même, il y conçoit, il y nourrit, il y élève, sans le savoir, un grand nombre d'affections et de haines ; il en forme de si monstrueuses que, lorsqu'il les a mises à jour, il les méconnaît ou ne peut se résoudre à les avouer .

De cette nuit qui le couvre naissent les ridicules persuasions qu'il a de lui-même ; de là viennent ses erreurs, ses ignorances, ses grossièretés et ses niaiseries sur son sujet mais cette obscurité épaisse qui le cache à lui-même n'empêche pas qu'il ne voie parfaitement ce qui est hors de lui, en quoi il est semblable à nos yeux qui découvrent tout et sont aveugles seulement à eux-mêmes . En effet, dans ses plus grands intérêts, et dans ses plus importantes affaires, où la violence de ses souhaits appelle toute son attention, il voit, il sent, il entend, il imagine, il soupçonne, il pénètre, il devine tout, de sorte qu'on est tenté de croire que chacune de ses passions a une espèce de magie qui lui est propre .

Rien n'est si intime et si fort que ses attachements qu'il essaye de rompre inutilement à la vue des malheurs extrêmes qui le menacent ; cependant il fait quelquefois, en peu de temps, et sans aucun effort, ce qu'il n'a pu faire avec tous ceux dont il est capable dans le cours de plusieurs années . D'où l'on pourrait conclure assez vraisemblablement que c'est par lui-même que ses désirs sont allumés, plutôt que par la beauté et par le mérite de ses objets ; que son goût est le prix qui les relève et le fard qui les embellit ; que c'est après lui-même qu'il court et qu'il suit son gré lorsqu'il suit les choses qui sont à son gré ...

Il ne se soucie que d'être, et pourvu qu'il soit, il veut bien être son ennemi . Il ne faut donc pas s'étonner s'il se joint quelquefois à la plus rude austérité, et s'il entre si hardiment en société avec elle pour se détruire, parce que dans le même temps qu'il se ruine en un endroit, il se rétablit en un autre ... " 

Enfin, un politologue, indépendant et lucide, a pu pénétrer l'énigme de la personnalité d'Emmanuel Macron : François de La Rochefoucauld, ( Maximes, Maxime 1, 1664, " L'amour-propre " ) .

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 14:58
 Fernand Léger : les constructeurs .

Fernand Léger : les constructeurs .

" Le principe constitutif de toute société, de toute civilisation, de toute formation sociale particulière est la mise en relation de la production et de la consommation " (Michel Clouscard ).

Pour maîtriser une économie nationale il faut contrôler, réduire, abattre ce qui l'empêche : les forces productives traditionnelles, celles qui ont fait la Nation, les forces vives de la République, les piliers de " l'exception française " . C'est ce que nous appellerons " l'épuration économique " : le démantèlement des forces productives traditionnelles .

C'est ce à quoi nous assistons, aujourd'hui, en direct : l'aboutissement du triptyque néo-libéral, social, libéral, libertaire .

Ne nous y trompons pas . C'est bien plus qu'un combat idéologique, de dévalorisation, de liquidation des valeurs . Il faut atteindre l'adversaire en son infrastructure même, à sa base, en sa cause et pas seulemnt en ses effets ou dans ses représentations .

Est d'abord visée la classe ouvrière à travers le démantèlement du droit du travail mais aussi la paysannerie, dans sa proximité avec la nature, ces deux forces productives élémentaires qui doivent être attaquées en leur existence même, dans leur identité de classe .

Dit autrement, l'ouvrier comme le paysan doivent être exclus de leur appartenance de classe ! Pour cela, il faut éliminer les métiers qui ne sont plus rentables - mais pour qui ? pourrait-on demander -, évidemment au nom d'une abstraction : la modernité .

A partir de là, a été engagée, à la fin des " trente glorieuses ", toute une épuration productive : désindustrialisation, délocalisations, invention de " l'atelier du monde " - la Chine -, visant le démantèlement de la classe ouvrière mais aussi des autres forces productives : artisans, travailleurs indépendants, petits patrons, dans leur secteur de base ( métallurgie, mines, textiles ) en même temps qu'on faisait disparaître les commerces et services de proximité au profit de ce qu'on allait appeler la grande distribution .

Toute une stratégie de la " terre brûlée ", une volonté unique : faire le vide, par les concentrations . Et il y en a encore qui cherchent les raisons du chômage de masse !

Comme nous l'avons dit en introduction, il ne s'agit pas d'un combat idéologique sur des valeurs : il n'est question que de mettre en oeuvre une sorte de " terreur économique " - et nulle expression n'est mieux appropriée pour décrire la détresse actuelle des agriculteurs - : l'élimination de l'adversaire par l'élimination de son métier, de ses moyens d'existence, de son environnement .

Une guerre ! Une " purification économique " en mode " guerre froide " qui vise l'existence physique de la classe ouvrière autant que l'existence physique de la paysannerie .

Il faut réduire l'adversaire - l'ennemi de classe réel ou potentiel - à n'être plus qu'une force productive dépendante, entièrement soumise aux impératifs financiers et bancaires d'une économie mondialisée, source de plus grands profits .

" Une guerre froide ", commencée par le " coup d'état permanent " que fut, en 1958, l'instauration d'un régime présidentiel - sous le prétexte de liquider les " tares " du parlementarisme -, régime présidentiel qui a permis aux grands patrons des multinationales d'encadrer l'appareil d'état républicain, et inversement ... Ainsi, dans les structures formelles de la République et de la démocratie bourgeoise allaient pouvoir commencer la perversion du citoyen en client, l'imposition à la société d'un ordre mercantile, la neutralisation du programme du Conseil national de la Résistance, jugé trop révolutionnaire et, ironie suprême, tout cela " au nom des droits de l'homme " .

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui n'est que le dernier acte d'un long drame mais dont toutes les scènes ne sont pas encore écrites .

NB . Source : " Les métamorphoses de la lutte des classes ", Michel Clouscard, 1996, Ed. Le temps des cerises .

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 13:50

" On gagne beaucoup plus par l'industrie que par l'agriculture, et plus par le commerce que par l'industrie ." William Petty . Political Arithmetic. 1678 . Cité par Daniel Cohen .Richesse du monde .Pauvreté des Nations .1997 .)

" La haine des campagnes a une origine simple : les élites sont toutes urbaines et tiennent toutes, des villes, leur légitimité politique ." ( id.)

  ( Illustration : villesvillages.centerblog.net ) .

 

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  Depuis très longtemps, les villes, et que dire des mégalopoles d'aujourd'hui, sont un problème dans le développement de nos sociétés . On peut même penser qu'il existe, dans l'évolution historique de l'humanité, un véritable antagonisme entre les villes et les campagnes . Daniel Cohen évoque Jéricho, Athènes ou Rome pour dire que  " l'affrontement entre villes et campagnes est le coeur éternel de l'histoire humaine . "

   L'histoire apporte des réponses à ces intuitions .

   Que se passe-t-il, au milieu du Quatorzième Siècle, en pleine guerre de Cent Ans ? C'est l'arrivée de la poudre noire en Europe, introduite par les Arabes depuis la Chine, et avec elle les armes à feu : bombardes, couleuvrines, ancêtres des arquebuses font leur apparition qui rendent armures et remparts bien plus vulnérables que ne le faisaient les armes blanches .

   Aprés les défaites de Crécy et de Poitiers, la vieille chevalerie n'a plus sa place dans les combats . Par ailleurs les méfaits des Grandes Compagnies, dans les campagnes, lors des périodes de trêves, coûtent trés cher .

   La nécessité des armées permanentes s'impose aux princes européens mus par des volontés d'expansion, les futurs états modernes sont en pleine construction . La surenchère militaire entre la France, l'Espagne, l'Angleterre ruine les finances de ces Etats . Avec cette nouvelle organisation, les besoins financiers des souverains deviennent exorbitants .

   La peste noire, entre 1347 et 1352, et les famines, tuent  40% de la population européenne . Il y a donc dans les campagnes une sorte d'embellie, beaucoup moins de gens, pour davantage de terres libres . Les élites vont cesser de s'intéresser à la campagne, qui leur paraît ne plus être un problème - coupable aveuglement -  pour regarder vers la ville où des réservoirs de richesse, dans l'industrie et le commerce,  paraissent leur ouvrir les bras .

Nous assistons à l'entrée officielle de la bourgeoisie dans l'économie et la politique . Ces élites économiques vont très vite amadouer les Princes . Les campagnes, bien que plus peuplées que les villes, ne peuvent pas fournir aux souverains les recettes fiscales attendues ; le paysan consomme sur place sa production, seuls les surplus peuvent participer aux échanges . Mais en ville, les industries et le commerce des foires peuvent apporter aux souverains les rentrées fiscales si nécessaires à l'entretien des armées permanentes . La richesse fiscale des campagnes est donc trop mince .

   Par contre, " les villes, sièges du commerce et de l'industrie, sont le lieu de passage des échanges marchands les plus denses, ceux qui portent la promesse d'une fiscalité abondante ". 

   L'alliance politique entre le politique et la bourgeoisie est là, toute nue, devant nous . La bourgeoisie offre aux princes, sous forme de droits,  la part nécessaire des activités commerciales pour remplir leurs caisses ; en échange, les corporations d'artisans, les guildes de commerçants obtiennent des rois

   Les campagnes vont participer au système, indirectement : ils obtiennent " les monopoles d'exercice de leurs métiers " ; le capitalisme vient de naître . Il faut que le prix des denrées vendues aux villes soit toujours le plus bas possible pour nourrir facilement une population urbaine qui va devenir toujours plus nombreuse .

   Le capitalisme est né, et avec lui ses premières contradictions . " On n'aide pas les villes en appauvrissant les campagnes ", dit encore Daniel Cohen .

   Mais les élites de l'époque ont une autre vision des choses . Elles comprennent trés vite que le danger le plus grand est au coeur de ces villes dont elles appellent de leurs voeux l'expansion . Ce danger porte un nom : les émeutes de la faim . Ce sont les révoltes urbaines qui déclenchent les coups d'Etat et les révolutions, pas les jacqueries . Tout pouvoir en place redoute les émeutes de la faim .

 Sachant que la moitié de la consommation urbaine est constituée de produits alimentaires, il faut donc maintenir les prix des produits agricoles artificiellement bas .

   Mais en faisant pression sur ces prix, on ruine les paysans les plus vulnérables qui se voient obligés de venir s'entasser dans les villes, où les aides aux indigents maintiennent une apparence de paix, mais bien précaire car l'exode rural n'est pas maîtrisé .

Admirons la mise en place d'un système que l'on peut qualifier de " protocapitaliste ", où l'économie se met au service de la politique . La règle d'or en est : faire entrer le plus d'or possible, mais ne pas en laisser sortir . Un  protectionnisme caricatural y est la règle : soutien de l'Etat aux exportations donc  aux monopoles chargés de " la guerre commerciale " à l'étranger ; blocage des importations pour éviter le gaspillage des " richesses nationales " ; cela pour le commerce et l'industrie .

   Pour l'agriculture, c'est le traitement inverse . La circulation du blé est étroitement encadrée . On interdit par exemple les exportations de blé et l'on favorise les importations de cette céréale, car il faut nourrir les villes .

   A trop vouloir pressurer les campagnes, on sait que tôt ou tard les famines reviennent . On sait également comment ont fini ces systèmes, en France par une révolution et la fin de l'Ancien Régime .

Malheureusement, on sait aussi que ce système est celui qui a cours aujourd'hui en Afrique, lutte entre les villes et les campagnes, aggravé par la corruption des élites  et un grand déficit de démocratie .

    C'est, avec plus de délicatesse certes, dans un meilleur " emballage " de communication, sous une couche de fausse-démocratie, ce qui se poursuit chez nous comme en Europe . Sauf, qu'aujourd'hui, s'est ajoutée à la chaîne un acteur , assez anthropophage : la grande distribution .

   Mais puisque les paysans veulent continuer à voter massivement pour les dignes héritiers de ces temps idylliques, grand bien leur face .

Par contre, craignons que l'humanité ne s'effondre avec l'explosion de ces " centrales nucléaires "  que sont nos mégalopoles ingérables, à terme, sur tous les plans : hygiène, santé, environnement, fourniture d'énergie, d'eau potable, transports, pollution , sécurité ...

 

 

   NB : (1). Titre emprunté au dernier film muet de Charlie Chaplin en 1931 .

 Article inspiré par le livre de l'économiste Daniel Cohen . " Richesse du monde, pauvreté des nations " . Flammarion . 1997 .

 

   

 

 

 

 

 

 

   

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 14:28

" Nous ne connaissons qu'une seule science, la science de l'histoire ." ( K. Marx . F. Engels . L'idéologie allemande .1845 .)

  ( Illustration : bouddhanar.blogspot.com ) .

 

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   Toute la compréhension de la pensée de Marx est, deux cents ans plus tôt, dans la pensée de Spinoza : " Toute l'idée de la mer est dans une goutte d'eau " . La pensée de Marx est une pensée de l'unité et de la totalité . Et tous les malentendus qui ont éclaboussé cette Idée, tout au long du vingtième siècle, viennent de cette incompréhension .

   Que l'on ait été l'adversaire de Marx, et que l'on n' ait vu dans son oeuvre qu'une théorie économique, facilement critiquable puisque partielle ; que l'on ait adhéré à sa pensée et voulu la défendre, mais en n'y voyant  que le philosophe ; que l'on se soit aveuglé au point de n'y voir que le sociologue de la bourgeoisie ; dans tous les cas l'on se trompait, car c'était ne retenir que la partie d'un tout, c'était nier l'unité d'une pensée qui embrasse la totalité de l'histoire humaine .

   Marx le philosophie ! Personne n'a été plus sévère que Marx avec la philosophie .

   La philosophie n'est que théorie . Elle surgit comme vérité du monde non philosophique, de la religion, de la mythologie et de la magie, et fait surgir à son tour un nouveau monde non philosophique : un monde d'activités pratiques quotidiennes mais aussi politiques, sur lesquelles, l'idée n'a pas prise . Le philosophe ne peut que constater " l'insuffisance imannente de la philosophie ."

   En fait, les élaborations philosophiques dépendent des groupes et des classes en présence . Les philosophes tirent toujours du réel des interprétations qui ont un sens politique, donc une relation avec des intérêts de groupes ou de classes .

   Les tendances philosophiques qui ont voulu défendre les intérêts, les buts, les espérances des opprimés ont toujours été vaincues .

   Certes la philosophie nous mène au seuil des problèmes véritables, elle nous offre les outils pour aborder ces questions, pour les poser, mais elle ne peut par elle-même les résoudre .

Marx l'économiste !  On attribue à Marx, aussi bien pour le critiquer que pour l'approuver, la modélisation d'un déterminisme économique, par lequel les forces productives et leur niveau entraîneraient mécaniquement l'apparition de formes sociales et de  rapports sociaux : propriété, institutions, idées .

   Cependant le sous-titre du Capital aurait dû mettre certains en garde : " Critique de l'économie politique " .

   En fait le Capital étudie une société, la société bourgeoise, et un mode de production, le capitalisme . Ce n'est pas lui qui invente l'argent et la marchandise, la plus-value et le profit.

   Il se contente de constater, de décrire, et d'expliquer qu'un tel système ne peut fonctionner que sur les bases d'une société de pénurie, de non abondance, de rareté .

   D'où il déduit que cette économie politique là, doit cesser et être dépassée, car elle ne fait que mettre des entraves et bloquer le développement de certains groupes ou individus .

   Qu'explique-t-il finalement ? La société médiévale se fondait sur des rapports directs entre les êtres humains, transparents, mais rapports de maîtres à asservis .

   " Dans la société transformée, les rapports redeviendront directs et transparents, mais sans asservissement ."

   " Le Capital " n'est pas un traité d'économie politique, n'en déplaise à tant d'interprètes qui en ont mutilé toute la puissance .

Marx sociologue ! La sociologie a tenté aussi de faire main-basse sur la pensée marxiste . Ce fut l'erreur majeure des théoriciens de l'URSS . Le matérialisme historique était, pour eux, une sociologie généralisée . Il contiendrait les lois générales de toute société, celles du devenir appliquées à l'histoire, contradictions motrices, changements quantitatifs gradués, changements qualitatifs par bonds .

   En effet, comment appliquer les lois générales de la dialectique au développement social ? L'examen de faits figés, hors mouvement, d'une société totale, sans lutte de contraires ; des constatations en lieu et place de la " contestation critique " ne peuvent conduire qu'à des conservatismes, qu'à des retours à la philosophie insuffisante, et en tout cas mutilent la pensée de Marx .

La puissance de la pensée de Marx est ailleurs ! Dans l'appropriation de la pensée hégélienne qui " fonde la connaissance du temps et qui devient le fondement de toute connaissance de l'homme " . L'être humain est un être de temps car il est un être en devenir . Et le temps revêt un double aspect : croissance et développement.

   Marx va approfondir l'intuition hégélienne . Les êtres qui naissent en devenir croissent, c'est à dire augmentent graduellement selon telle ou telle de leurs propriétés . Ces propriétés sont quantitatives, mesurables . C'est sur ce segment que joue le déterminisme naturel . Dans le même temps et le même devenir surgissent des propriétés nouvelles, " des diversités qualitatives " . Croissance et développement inter-agissent , selon les lois dialectiques .

  " Un être qui ne ferait que croître quantitativement deviendrait vite un monstre . Et ils existent . La croissance est quantitative, continue ."

   Le développement est qualitatif, discontinu ; il traverse des bonds . 

  " La croissance est facilement prévisible . Le développement l'est moins " . Et peut-être même comporte-t-il de l'imprévu, hasards, apparitions surprenantes de qualités neuves, toutes créations difficilement réductibles au passé et à un quelconque déterminisme .

   " L'histoire est plus riche de créations, de formes et d'oeuvres que ne le laissaient supposer les prévisions ou l'attente de la réflexion ".

   On voit ici combien le marxisme est loin d'un matérialisme mécanique, d'un déterminisme fermé mais offre bien au contraire une ouverture à la réflexion pleine d'intérêt .

   C'est dans ce concept de " développement " qu'il faut placer le deuxième volet de la pensée marxiste, qui en fait comprendre sa spécificité et son ampleur . Si le déterminisme n'intervient que dans le mouvement naturel de la croissance, il y a toute la place à l'action de l'homme dans le " développement " . C'est ce que Marx appelle " la Praxis ", l'action, les interactions, la pratique . La pratique de la société basée sur l'industrie, laquelle permet de prendre conscience de la pratique humaine en général . Et c'est là que vient se placer, pour Marx, le concept de lutte des classes , dont nous parlerons une autre fois .

Le marxisme n'est pas une philosophie, il n'est pas davantage une école économique, pas plus qu'une démarche sociologique . Il est tout cela à la fois et même plus, il est aussi anthropologie, psychologie ou démographie . Mais du fait qu'il explicite l'historicité de la connaissance, qu'il déploie l'historicité de l'être humain, qu'il dénoue dans l'explication, les contradictions du couple économie-social, il est " profondément historique" .

   Marx nous dit que l'histoire est une science fondamentale, mais non unique,  parce qu'elle est la science de l'être humain, mais abordé dans son devenir, donc dans son action, sa praxis . Autrement dit, l'unité de toutes ces sciences se fait par l'histoire .

   " C'est dans la praxis que l'homme doit démontrer la vérité, c'est à dire la réalité, la précision, la puissance de sa pensée ..." ( Thèse II sur Feuerbach .)

   Tout ce qui est immobile n'est pas marxiste, pourrait-on dire !

 

 

   NB : d'aprés l'ouvrage d'Henri Lefebvre :" Sociologie de Marx ". 1966 . Presses Universitaires de France .)

 

 

 

    

 

   

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 15:07
Petits enfants : jeunesse africaine .

Petits enfants : jeunesse africaine .

   Réédition de décembre 2011 .

" Il faut bien se mettre en tête ce postulat de base du Capitalisme: quiconque touche aux profits met en danger l'économie mondiale ".

   Pour augmenter ces profits, à l'heure où la colonisation est difficilement défendable, le système a inventé la dette. Et vous n'allez pas me croire quand j'affirme que par la dette, c'est le Sud qui finance le Nord, ou plus précisément les riches du Nord .

   L'ONU est constituée de 191 Etats membres dont 122 vivent sous le seuil de pauvreté et qu'on a l'habitude d'appeler le Tiers Monde.

   En 2003, l'aide directe-en subventionsz-au développement fournie par les pays du Nord à ces 22 pays, s'est élevée à 54 Mds de dollars.C'est cette aide qui fait dire aux biens pensants, que le Nord se saigne pour le Sud.

 Eh,bien! vérifions. Cette même année 2003; les pays du Sud ony versé aux Banques du Nord, en intérêts et amortissements de leur dette 436 Mds de dollars; soit huit fois plus que ce qu'ils ont reçu.

   Qui se saigne? Voici juste quatre exemples de Budgets nationaux, avec le pourcentage du budget social et celui du remboursement de la Dette:

Cameroun: social-4%; dette-36%

Côte d'Ivoire: social-11%; dette-35%

Kenya:social-12%; dette-40%

Zambie:social-6%;dette-40%

En 1980 le montant de la dette du Sud était de 580 Mds de dollars, pour un remboursement annuel de 90 Mds ; en 2003 elle a explosé et atteint:2400 Mds pour un remboursement de 340 Mds. Dans les deux cas, quatre fois plus.

 Au passage, rappelons que les taux d'intérêt des Banques ne sont pas les mêmes selon qu'on prête au Nord ou au Sud: six fois plus élevés, pour le Sud. Au nom de la trés morale Loi capitaliste qu'elles prennent plus de risques avec le Sud.

   Néammoins précisons que ce ne sont pas les pays pauvres  seuls qui sont étranglés. Ainsi le Brésil en 2003, 11e puissance mondiale, doit 240 Mds de dollars, soir 52% de son PIB, ce qui en fait le 2e pays le plus endetté du Sud.

   Les avions,les voitures les Médicaments brésiliens sont à la pointe des progrès technologiques. Certaines Universités brésiliennes sont parmi les meilleures du monde, et pourtant le poids de la dette est tel que44 millions de Brésiliens restent en état de sous alimentation,(soit la population de l'Espagne.)

   Qui sont les créanciers de tous ces pays? Le Comité pour l'abolition de la Dette du Tiers Monde, ONG trés puissante, donne des chiffres fort édifiants.

   Le FMI et la Banque Mondiale participent à la Dette pour19%; les 19 pays les plus riches, rassemblés au sein du Club de Paris- qui a son siège au Ministère des Finances français- à Bercy - eh oui ! - à hauteur de 27% ; les Banques et Sociétés d'Investissement privées- américaines, britanniques, allemandes, françaises, suisses...- à hauteur de 54%.

   Le principe d'octroi de ces prêts est connu. Il intervient sur la base de La Lettre d'Intention du FMI, qui contraint l'Etat emprunteur à une extrême rigueur sur les Investissements sociaux, mais pas sur le remboursement de la dette.

Comme le décrit si bien l'économiste Américain Joseph Stiglitz, ancien du FMI, dans la " Grande Désillusion ", le rôle du FMI n'est pas d'aider les pays pauvres à se développer, il est d'être le " Gendarme des Créanciers ", car seul compte le remboursement des créances.

Une question vient tout de même à l'esprit. Pourquoi ces pays , quand il y va de la survie de leur peuple, ne refusent-ils pas de rembourser la dette ? D'autant plus que dans le droit international, la notion de  faillite d'un Etat  n'existe pas.

  IL y a plus de vingt ans, le Pérou a essayé, en n'acceptant de rembourser que le Tiers de sa Dette. Le Lendemain de cette décision, dans tous les ports, sur tous les aérodromes du monde, bateaux et avions péruviens sont confisqués, ou leur alimentation en carburant est refusée, les avoirs péruviens à l'étranger sont gelés . Le Président démocrate Alan Garcia jette l'éponge.

Et si les 19 pays du Club de Paris décidaient d'effacer la dette des pays du Sud ? L'Economie mondiale serait-elle en danger?

   La réponse est simple: les versements des 122 pays pauvres aux pays riches représentent 2% du revenu national des pays prêteurs . J'ai bien dit 2% !

   Lors de la violente crise boursière de 2000-2002,liée à la bulle des hautes technologies, des milliards de dollars furent anéantis, la plupart des titres avaient perdu 65% de leur valeur. Un seul pays du Nord a-t-il implosé ? En deux ans cette crise fut digérée par nos économies, et nous  nous n'en avons pus entendu parler.

Ce papier paraît un peu daté . Peut-être! Ce que j'ai voulu faire, c'est " annoncer la couleur " pour l'Europe. Banques et sociétés vont se goinfrer- se goinfrent déjà- au nom de la Dette, et les peuples vont payer toujours plus, malgré le dépeçage déjà fort entamé.

NOTE: Chiffres empruntés à J.Stiegler, " L'Empire de la Honte " et au PNUD ( 2005 ) .

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 15:07

   "C'est le peuple qui sera le juge suprême, c'est lui qui prononcera, c'est lui qui jugera, mais ce que nous lui devons, nous, aprés avoir affirmé devant lui et notre conscience, une idée, c'est de nous y tenir quels que puissent être les remous et les mouvements incertains de l'opinion, c'est d'y engager notre responsabilité personnelle . Ce sera moins dangereux que vous ne l'imaginez : les courants qu'on dit irrésistibles sont faits bien facilement de la paresse qu'on met à leur résister ."

   (1) . Jean Jaurès .Discours du 18 novembre 1908 . Cité dans le livre édité par le Centre et le Musée Jean Jaurès  .Exposition de septembre et octobre 1994 .

 (  Illustration : histoire.image.org )imagesCAR11NS5.jpg

 

   La campagne électorale récente donne des raisons à chacun , de désespérer, de se replier sur soi, de s'enfermer dans un égoïsme dévastateur . Tous les pièges qui nous ont été tendus par les " grands candidats ", et nous sommes bien loin de l'appel de Jaurès, se révèlent aujourd'hui, à nous, dans toute leur splendeur .

Le premier piège qui nous était tendu résidait dans ces discours de la plus grande nudité  gestionnaire , froidement monétaires et économiques, au nom de la crise , complètement extérieure au problème français, purement d'origine spéculative  .  On ne parlait plus de spéculation , mais de compétitivité économique, de compétitivité des entreprises, de compétitivité mondiale . Le changement sémantique n'était pas anodin . Les dérives financières, noyau dur de la crise,  étaient occultées . Ainsi ne parlait-t-on plus de s'attaquer aux rouages de la spéculation ; on était revenu à la vieille antienne : poids du coût du travail, poids des charges patronales,  mais surtout pas du parasitisme des actionnaires . Glissement sémantique anodin ? Sûrement pas ! Revenir à la question des coûts , c'est à dire pour le travailleur, qui préfère la simplicité , son  salaire et ses cotisations, c'était préparer l'opinion à la nécessité de geler l'un et augmenter l'autre . 

 Les grands enjeux, l'école , la recherche , la formation n'ont eu droit qu'à des incantations . Mr Macron nous ne voyions rien dans votre programme , qui pût rappeler " les germes d'un futur meilleur  " tels que les appelait de ses voeux Jaurès .

Un deuxième piège nous attendait avec les errements catatoniques du Président sortant empêché de se représenter pour cause de haute trahison . Certes reconnaissons lui une cohérence  irréfragable : le quinquennat a commencé par un racket fiscal inconnu jusque-là, sur les classes moyennes et populaires pour se terminer par un magnifique cadeau aux entreprises avec le CICE et les baisses de charges patronales sur le travail .

   Avec le nouvel élu, nous avons déjà droit au discours gestionnaire, plus clair que celui de son prédécesseur : c'est aux pauvres de payer . Ajoutons-y " les boules puantes" - injures aux Français - que lui et son entourage vont continuer de balancer et qui font partie de la stratégie d'enfumage sur les vrais problèmes .

Le troisième piège, pour détourner nos votes, était bien connu, il a trente ans d'âge, c'est le " Vote utile ": et cette année encore, il a bien fonctionné Il n'y aurait eu que trois discours valables, à la hauteur, pensent même certains . C'était le mécanisme du " racisme de l'intelligence ", dénoncé par Bourdieu . Certains détenaient la vérité, " les sachants " les autres, " les riens ", n'avaient qu'à suivre. C'est la manipulation des sondages sur le score de Marine Le Pen, contre qui on ne pourrait faire barrage qu'en votant massivement pour E. Macron, dés le premier tour . 

   Il s'agissait de donner un score de maréchal à E. Macron contre deux tentations extrémistes : France Insoumise et Front National .

   Un quatrième piège nous menaçait : la folle insouciance des apparatchicks socialistes qui n'avaient tiré aucune leçon du coup de tonnerre de 2002, tout à leurs guerres intestines, pour occuper les postes les plus flatteurs et les plus rémunérateurs .

Faisons un petit retour en arrière, sur la défaite de L. Jospin en 2002 .  Fut-ce bien un hasard ? Voter utile c'était échapper à un nouveau  21 avril 2002 ? 

   Mais qu'est-ce qui avait fait perdre Lionel Jospin en 2002, qui ne réunit que 16% des suffrages ?  Des erreurs, des mauvais choix politiques, l'arrogance des caciques du PS  qui croyaient la victoire acquise . Et certainement pas les autres candidatures de gauche .L'abstention fut élevée dans les couches populaires désespérées par les socialistes . Or l'abstention favorise le Front National, c'est amplement vérifié .

   Que disait Jospin à ces couches populaires ? " L'Etat ne peut pas tout... Mon programme n'est pas socialiste ...", afin de ne pas effrayer l'électorat du centre .

   Qu'ont fait ses Ministres des Finances, Strauss-Kahn et Fabius  ? Alléger, déjà,  les impôts des riches, libérer les " stocks options ". Et que fait son gouvernement, en fin de mandat, pour plaire à la CFDT et aux Verts ? Mettre en place " les 35 heures " - excellente idée - mais dans la précipitation, dans le désordre, dans l'impréparation,  en accordant au patronat  20 Mds d'euros par an,  pour  dédommager les entreprises, 20 MDS, que nous payons toujours . Et en ajoutant à cela une faute politique énorme : exclure les ouvriers et employés des petites entreprises de moins de vingt ouvriers de ce dispositif.

   Qui avait désespéré la classe ouvrière , en l'oubliant ?

 

   L'introduction de ce blog est faite des dernières phrases du Germinal de Zola : " La germination des siècles futurs ", qui rejoignent l'appel de Jaurès dont j'ai fait mon titre, aujourd'hui . Pourquoi ?

   Nous avons besoin d'hommes et de femmes politiques qui ne nous promettent pas que de réparer les dégâts de la finance , mais d'hommes et de femmes qui nous proposent aussi de poser les bases d'un " vrai futur " .

 

   

   

 

   

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 15:09
Image paperblog .

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Sous-titre : Le capitalisme n'est pas compatible avec la vraie démocratie !

" Peut-on, aujourd'hui encore, s'étonner que des entreprises n'hésitent pas à licencier ? L'essence du capitalisme étant de faire toujours plus de profits, les salariés ne sont que des exécutants interchangeables auxquels on peut accorder quelques droits si on y a intérêt, à un moment donné, ou si un rapport de force provisoire nous y oblige " .

Dans la jungle sans pitié du commerce mondialisé, les salariés seront toujours sacrifiés et exploités, c'est le rôle qui leur est assigné par le système capitaliste . Parler de capitalisme à visage humain est insensé puisque le libéralisme ne tend qu'à la négation de toute véritable humanité . Par l'action dite sociale, on peut à la rigueur poser quelques bandages sur les corps déchiquetés par la guerre économique permanente, mais ces pansements dérisoires n'empêchent pas les exploités de se vider de leur sang . Le vampire économique les pompera jusqu'à l'os avant de les jeter au chômage - de moins en moins bien indemnisé, la période s'y prête - ou à la retraite - de moins en moins bien assurée - l'époque y est propice - dès lors qu'ils ne valent plus rien sur le marché .

Il est donc parfaitement logique et " naturel " que les entreprises licencient, délocalisent, fusionnent, accumulent " les plans sociaux " ... c'est le contraire qui serait étonnant ! Une entreprise florissante qui peut gagner encore plus d'argent si elle se débarrasse de la moitié de son personnel n'hésitera pas une seconde à le faire .

Mais reconnaissons-le, les travailleurs sont à la fois victimes et complices de ce système aberrant qui aboutit à l'échelle du monde, à la mort, à la misère et au gaspillage .Au lieu de se révolter et de chercher une autre voie à celle qu'on leur impose depuis la naissance, dans leur grande majorité, ils se ruent sur la consommation - arme la plus redoutable du système - et la compétition, acceptant les humiliations inhérentes à toute recherche d'emploi . 

" L'esclavage moderne " est bien plus subtil que celui qui s'épanouissait " au temps béni des colonies " puisque le maigre salaire qu'on condescend à accorder au travailleur- esclave n'a qu'une destination : lui faire croire qu'il est libre . Alors qu'en fait, dans cette société, il est toujours prisonnier, la corde de la consommation en permanence autour du cou .

Les dominants ont depuis longtemps compris que des êtres sont prêts à abandonner leur liberté si on leur offre, en échange, quelques " joujoux " - fussent-ils de mauvaise qualité et frappés d'obsolescence programmée, c'est le système low-coast en pleine expansion - 

Les lois censées protéger les salariés, l'action syndicale, le droit de grève, le droit de manifester ne changent rien aux inégalités sociales fondamentales, engendrées par le système . On peut même dire qu'elles peuvent faire office de " leurre " quand elles installent le travailleur dans son statut et couplées au deuxième leurre - un suffrage universel altéré et manipulé - lui donnent le sentiment qu'il existe et a du poids .

Quelles que soient les législations sociales, les lois du marché restent implacables, les plus riches s'enrichissent sur le dos des plus pauvres qui ne cessent de s'appauvrir . 

Le capitalisme est incompatible avec une véritable démocratie . Il exige des gens soumis, des inégalités criantes et le maintien d'un grand volant de " crève-la-faim " exploitables à merci . Il a besoin d'Etats à sa botte et peu lui importe qu'ils prennent la forme de pseudo-démocraties, de tyrannies ordinaires ou de dictatures sanglantes pour faire respecter ses lois et mater les récalcitrants à l'ordre de l'argent .

La vraie démocratie ne peut être fondée sur un gouvernement direct et réel du peuple, sur l'égalité, le partage et l'épanouissement de tous, autant de notions en totale opposition avec la maximalisation des profits, la compétition généralisée, le salariat, l'argent, la propriété des grands moyens de production, le pouvoir des banques, l'exploitation éhontée des richesses naturelles, la marchandisation du vivant ...

" La dignité ne peut se réaliser dans un " travail- prostitution ", le culte de la compétition et du pouvoir " . 

La seule vérité admissible est qu'il y a en chacun de nous une part de génie à exploiter . Peut-on imaginer le gâchis qu'eût-été un Einstein, passant toute son existence comme comptable dans une usine de vente de pots de fleurs ? Eh bien, les salariés sont des sortes d'Einstein que l'on contraint de se mutiler de leurs dons particuliers afin qu'ils acceptent de se sacrifier pour un trois-pièces-cuisine en banlieue et une voiture jetable . 

Leurs capacités uniques ne profiteront jamais à l'humanité qui en a pourtant plus besoin que d'un zéro de croissance à ajouter au taux d'augmentation du commerce mondial .

Et nous n'avons pas osé parler, ici, de ceux qui finissent par mourir dans la rue et dans les dépotoirs .

 

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 22:43
" Ils s'aiment comme avant ... " ( Daniel Lavoie ) .

" Ils s'aiment comme avant ... " ( Daniel Lavoie ) .

" Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour " ( Pierre Reverdy ) .

(1) Article d'Emmanuel Levy, Marianne, No 1068, 8 septembre 2017 .

Après " leur flirt poussé " estival qui a donné naissance aux ordonnances excluant les salariés du droit du travail devenu le droit des entreprises, le MEDEF et le gouvernement , viennent de passer à l'étape suivante, celle où l'on passe à la multiplication des preuves d'amour qui vont consolider une idylle déjà très avancée : des espèces sonnantes et trébuchantes, par dizaines de milliards d'€, vont passer de la poche des contribuables dans les coffres des actionnaires, cette fois au vu et au su de tout le monde .

La transformation du CICE ( Crédit d'impôts pour la compétitivité et l'emploi ( - façon Hollande - en réduction des cotisations sociales patronales est en route pour être effective dans le budget 2018, mais la négociation est serrée . Le patronat réclamait cela depuis la création du dispositif, mais voilà qu'on grain de sable est venu, cet été , enrayer le mécanisme du transfert . Il y avait un " hic " . 

La transposition d'un mécanisme à l'autre, du CICE consistant à rembourser 7% du total des rémunérations comprises entre une fois et demie et deux fois et demie le SMIC en baisse de cotisations se révélait, tout à coup, perdant pour les entreprises : elles allaient devoir payer pour 10 Mds supplémentaires d'impôts à cause d'une augmentation naturelle des profits, soit la moitié des 20Mds annuels que leur apporte le CICE ( Institut Rexicode ) . Damnation ! Machines arrières, toutes !

Mais " les amants " - qui n'ont jamais vu Vérone - ont trouvé la parade . Quand on aime, on ne compte pas, surtout avec l'argent des autres . 

Le gouvernement ajoute une ristourne supplémentaire : une baisse de 10% des cotisations salariales patronales, entre un SMIC et un SMIC et demi . Relevons au passage que cela viendra - une fois encore - en moins des recettes de la SS .

Outre les baisses de cotisations, le MEDEF va pouvoir compter su la réduction de l'impôt sur les sociétés ( IS ) qui doit passer de 33,3% à 25% sur le quinquennat avec une première tranche de réduction dès 2018, de 2 Mds ( Bruno Lemaire à l'Université d'été du MEDEF, JOUY-en - Josas ) .

En 2019, " annus mirabilis " pour le patronat, les entreprises bénéficieront à la fois du nouveau barême des cotisations et encore du CICE de l'année 2018, plus la deuxième baisse de l'IS . Un véritable choc fiscal à l'envers, puisque cette année-là, plus de 40 Mds d'€ passeront des revenus des ménages aux coffres des actionnaires .

Mais la générosité du gouvernement ne s'arrêtera pas là . Ce qui n'aura pas été pris directement dans la poche des ménages aisés rejoindra quand même le capital des entreprises : le mécanisme est encore une fois fort simple .

5,5 Mds d'euros de baisses d'impôts sur le patrimoine financier des ménages aisés à travers la suppression de l'ISF sur les avoirs financiers et le plafonnement des impôts sur les revenus financiers ( flat tax de 30% ) viendront alimenter les capitalisations d'entreprises grâce à ce qu'on peut appeler, après la flexibilisation du marché du travail, la flexibilisation de l'accès au capital devenu moins coûteux . C'est tout de même un cadeau sec de 5,5 Mds au 1% le plus aisé du pays .

Et qu'importent les 3% de déficits, explosés !

L'ex-ministre socialiste des finances, Michel Sapin se marre : " Nicolas Sarkozy a vu son septennat plombé immédiatement par un bouclier fiscal qui pesait 1,4 Mds ; quand les Français vont s'apercevoir que Macron en propose un, d'emblée, de 5,5 Mds pour les plus aisés, soit quatre fois supérieur, ça risque de tanguer, " déclare-t-il . Surtout quand les chômeurs devront y ajouter, d'ici la fin de l'année, la baisse des allocations de chômage et leur dégressivité .

L'adage est décidément d'une grande justesse : " Quand on aime on ne compte pas ! "

 

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 19:22
Image : Les Echos .

Image : Les Echos .

Les ordonnances Macron vont-elles enfin permettre aux chefs d'entreprise de faire leur métier sans être " emmerdés " par leurs salariés ?

Depuis trente ans, les plans providentiels pour l'emploi se sont empilés sans - c'est le moins qu'on puisse dire - produire les résultats mirobolants promis sinon une accumulation de coups de rabots sur les droits sociaux qui n'ont pas désespéré employeurs et actionnaires .

1986 : première cohabitation, Mitterrand-Chirac . Yvon Gattaz, président du CNPF - ancêtre du MEDEF et père de Pierre - inventeur du terme " flexibilité " - et qui avait annoncé, deux ans auparavant, sa volonté de créer 471 000 emplois, " les ENCA " ( emplois nouveaux à contraintes allégées ) contre la suppression de l'autorisation administrative de licenciement, se voit récompensé par le Ministre des Affaires Sociales de J. Chirac, un certain Philippe Seguin, qui met l'Inspection du travail au placard en matière de licenciement .

Taux de chômage de départ : 8,6% ; taux un an après la réforme : 8,8% ( Emplois : 0 ) .

2004 : gouvernement Raffarin II . Après la pause keynésienne de Lionel Jospin ( 1997-2002 ), François Fillon, Ministre des Affaires Sociales, s'accroche aux branches, et décide d'accorder un paquet cadeau au MEDEF : les accords conclus dans les branches professionnelles et les entreprises pourront être moins favorables aux salariés que les conventions interprofessionnelles relevant de la loi . Première inversion des normes . Cette fois, l'emploi allait repartir .

Taux de chômage de départ : 8,4% ; taux un an après la réforme : 8,7% ( Déjà des Emplois Fillon fictifs ) .

2005 : gouvernement Raffarin III . L.L. Borloo est à la manoeuvre avec son " nouveau Pacte pour l'emploi ". Réduction du délai de contentieux devant les " Prudh'ommes ", assouplissement des 35 heures, clarification des règles régissant le travail du dimanche .

Taux de chômage de départ : 8,4% ; taux un an après la réforme : 8,5%, malgré un vaste plan d'emplois aidés .

2007 : et Sarko arriva . Sitôt dit, sitôt fait : baisse du seuil de déclenchement du bouclier fiscal, exonérations sur l'ISF, défiscalisation des heures supplémentaires, allègements des cotisations sociales .

Taux de chômage avant : 7,1% ; un an après : 7,4% .

2008 : Sarko persiste . Doublement de la période d'essai,, invention de la rupture conventionnelle ( à l'amiable ), création du CDD " à objet défini " qui annonce le CDI de chantier, impossibilité de contester le reçu pour solde de tout compte devant les Prud'hommes au-delà d'un délai de six mois .

taux de chômage initial : 7% ; un an après : 8,8% .

2015 : C'est le tour du socialiste Rebsamen . Des mesures qui ont de l'avenir . réduction des instances représentatives du personnel, allègement de la loi sur la pénibilité, assouplissement des obligations patronales en cas d'inaptitude au travail,, doublement de la durée des CDD .

Taux de chômage initial : 10,1% ; taux un an après : 9,7%  grâce surtout à un recours massif à la formation . Pas terrible !

2016 : Loi El Khomri . Nous sommes déjà " en marche " . Négociation du temps de travail dans les entreprises, menace de licenciement pour tout salarié refusant l'accord d'entreprise et même s'il modifie son contrat de travail, définition des causes économiques de dégraissage à la discrétion de l'employeur, etc ...

Taux de chômage initial : 9,7% ; un an après : 9,2 % mais dans le cadre d'une reprise économique mondiale et d'un recours massif à la formation en période électorale . Peu  ébouriffant !

2017 : Ordonnances Macron/ Gattaz ( Pierre ) . Fin du contrat de travail ( puisqu'il peut être remis en cause à tout moment par un accord d'entreprise ) et " inversion du Code du Travail " . Le pouvoir passe aux patrons !

 

NB : d'après l'article de Alain Guédé, " Trente ans de projets miracles " , Le Canard Enchaîné du 6 septembre 2017 .

 

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