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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 15:35
A la fin de la fête, on brûle le roi du carnaval .

A la fin de la fête, on brûle le roi du carnaval .

" Il ne suffit pas de vouloir le juste, il faut savoir le juste qu'il faut vouloir " ( Platon ) .

Ainsi J.L. Mélenchon, grisé par son succès à la Présidentielle, a rompu son alliance avec les Communistes . C'est d'abord une erreur politique : son succès, commencé en 2012, est dû aussi sinon largement, aux communistes . Ceux-ci ont été massivement les acteurs de ses rassemblements par la force de leur organisation, l'engagement de ses militants et sa presse . Si JLM avait analysé avec précision et objectivité ses résultats, il se serait aperçu que ce sont les lieux ( villes, cantons, départements ), où le PC reste encore fort qu'il réalisait ses plus forts scores . Or ce n'est pas du tout un hasard . C'est l'effet non seulement d'une sociologie particulière, celle des victimes du libéralisme, mais aussi de l'influence politique du PCF sur ces dernières . En se coupant de parti et en entrant en guerre avec lui, il va perdre beaucoup de voix parmi ceux qui ont voté pour lui, avec enthousiasme, le 23 avril dernier, dont je suis .

Il s'ensuit que son projet de recomposition de la gauche " autour de lui " va du coup à l'échec . Tant pis pour lui : c'est ce qui arrive à ceux qui, en politique, sont déstabilisés par leur propre réussite au point de vouloir jouer " leur seule image " contre les multiples sensibilités de ceux qui ont concouru à leurs premiers succès . 

Bien sûr, c'est un grand malheur, hélas, pour les classes populaires qui ont tant besoin de " l'Union " de la vraie gauche .

Puis, au-delà de cette erreur, il y a la faute morale . En fait, deux fautes . J.L. Mélenchon feint d'ignorer tout ce que le mouvement qu'il a fondé doit aux communistes - nous l'avons déjà dit - ce qui est une forme d'ingratitude moralement incompréhensible, nous disons bien moralement, car philosophiquement, si l'on en croit son dernier livre " De la vertu ", il fait une place majeure à la morale, dans son engagement politique . Où est donc passée la morale, dans ces circonstances ? Le cynisme a-t-il repris le dessus ? Mélenchon entend occuper toute la place à gauche et du coup ne respecte pas davantage les électeurs de B. Hamon, pourtant aussi dignes de respect que ses insoumis .

Tout cela est inadmissible moralement et irresponsable politiquement par rapport à l'avenir de la gauche antilibérale, dite " radicale "

Refuser à un courant fondamental des XIXe et XXe siècles le droit à une expression autonome en l'ensevelissant sous un discours certes humaniste mais qui ne remet pas en cause le capitalisme est indigne . Le PCF a évolué mais porte toujours en lui deux fondamentaux du combat contre le capitalisme grâce à la théorie marxiste qui oriente son action .

C'est d'abord le fait que le Marxisme est la seule doctrine qui nous révèle dans sa crudité l'essence du capitalisme, en accuse l'injustice structurelle et nous en propose le dépassement profond, à terme, afin de lui substituer une tout autre organisation économique et sociale : une société visant l'intérêt de tous et l'épanouissement de chacun, ce que l'on pourrait appeler " l'émancipation ", la fin de l'aliénation qui fait de la majorité des êtres humains des individus mutilés, rabougris, in-humains, c'est à dire privés de leur pleine humanité, incapables de réaliser toutes leurs potentialités ...

C'est ensuite l'espoir d'une " Nouvelle civilisation " fondée sur les droits humains les plus universels bien plus riches encore, humainement, et bien plus concrets que ceux de la Déclaration de 1789 .

C'est ce " verrou doctrinal ", qu'au fond de lui-même, JLM entend fragiliser, en bon social- démocrate qu'il fut toujours et qu'il reste, en s'en prenant avec un mépris rare au PCF et en voulant le liquider . Celui-ci est le support d'un héritage idéologique fondamental et en voulant détruire ce support on prend le risque de détruire l'héritage . Sans ce fond doctrinal et sans ceux qui le défendent, c'est le conformisme le plus sot qui nous menace, en la personne d'E. Macron et des auteurs qui l'inspirent : Tocqueville, Hayek, Aron : le culte de l'individu entrepreneurial et consommateur, pour ceux qui en ont les moyens, l'expansion du malheur social pour tous les autres .

Peux-tu encore comprendre, JLM, ce qui nous menace ou préfères-tu poursuivre ton " cavalier seul " et finir " en Roi du Carnaval " une fois la fête terminée ?

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 14:30
" Le travail sera libéré ! "

" Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ", ( Lacordaire, Conférences de N.D. de Paris ) .

Je ne crois pas une seule seconde aux cent jours et à la réforme par ordonnances . Regardez ce qui vient de se passer quand on réforme en passant par le 49.3, qui est pourtant un article constitutionnel : les gens le prennent très mal " ( Emmanuel Macron, 24 novembre 2016, interview au Monde, en réponse au projet de F. Fillon ) .

" Nous avons besoin de faire passer cette réforme - du travail - par ordonnances pour que les premiers effets se fassent se fassent sentir rapidement ... C'est plus rapide et efficace ... C'est différent du 49.3, ça permet d'accélérer les dbats et d'éviter les navettes parlementaires " ( EMmanuel Macron, 11 avril 2017, interview à la chaîne Public Sénat ) .

" Sur la réforme du marché du travail, il faut aller vite , pour la confiance, pour l'attractivité de la France ", ( Pierre Gattaz, MEDEF , 16 mai 2017, Le Télégramme ) .

" Il faut libérer le travail ", d'urgence . C'est pourquoi le marathon en vue de démanteler le code du travail a commencé dès hier par la réception - à la queue-leu-leu - à l'Elysée, des responsables des organisations patronales et des syndicats de salariés .

Sur la base de l'article 38 de la Constitution, E. Macron légiférera par ordonnances et compte bien avoir plié son projet phare avant la fin de l'été, c'est à dire avant le retour des travailleurs de leurs congés : une riposte sociale en plein été est vouée à l'échec . Un amour de la vitesse qui n'est pas de bon augure .

Il veut introduire dans ses textes, tout ce que F. Hollande et M. Valls l'ont empêché de faire lors des débats sur la " Loi Travail ", au printemps 2016 et élever à la puissance 10, la " Loi El Khomri " .

 " Plafonnement des indemnités prud'homales, même en cas de licenciement injustifié, les plafonds étant fixés d'avance ; regroupement des instances représentatives du personnel ( Comité d'entreprise, CHSCT, délégué du personnel : gain de temps pour l'entreprise et moins de temps accordé au représentant du personnel pour étudier les dossiers ; relèvement des seuils sociaux imposant les comités d'entreprises et certaines fonctions représentatives ; réécriture des conditions de licenciement trop protectrices encore dans la loi El Khomri  ; enfin, mise en place de la possibilité de négocier au niveau de l'entreprise ( et non plus des branches ) des accords dérogatoires concernant l'emploi, les salaires et la durée du travail, durée du travail déjà en partie dérégulée par la même loi El Khomri ... 

La loi travail de 2016, prévoyait en outre la possibilité du recours au référendum d'entreprise pour les syndicats minoritaires souhaitant valider un accord sur le temps de travail et les congés ; E. Macron prévoit d'accorder ce droit également à l'employeur, s'il a le soutien des syndicats représentant au moins 30% des salariés ... " 

E. Macron ne faiblira pas sur le projet phare de son quinquennat et il ira vite . Il a été porté à son poste par des forces qui ne lui laisseront pas le loisir de craquer en cours de route . C'est donc dans la méthode que tout va se jouer . Et le nouveau Président ne répétera pas la grossière erreur de Manuel Valls en 2016 qui avait laissé les syndicats apprendre le contenu de sa réforme par les journaux .

Premier tour : nommer au Ministère du Travail, en charge de l'opération, Muriel Pénicaud ( une orfèvre en matière de négociations sociales, ex-DRH en chef de la multinationale Danone, ancienne collaboratrice de Martne Aubry, grande amie de Jean-Claude Mailly et dont le Directeur de Cabinet, Antoine Foucher, ex du MEDEF mais ennemi de Gattaz, est très proche de Laurent Berger de la CFDT ) .

Deuxième tour : le Président reçoit individuellement les chefs syndicaux . En tête à tête, on peut se dire beaucoup de choses, voire s'entendre sur " le bout de gras " . Ces rencontres ayant été bien préparées, tout au long du dernier week-end, par le Premier Ministre et par la Ministre du Travail, qui ont multiplié les appels téléphoniques de " câlinothérapie " ( Le Canard Enchaîné du 24 mai ) auprès de tous ces syndicalistes .

Troisième tour : isoler la CGT . " Ils nous ont envoyé des signaux qui tombent bien, car on veut le dialogue ",  traduit aussitôt un proche de L. Berger de la CFDT . Jean-Claude Mailly, de FO, est aux anges : " Les yeux dans les yeux, c'est mieux, on va pouvoir se parler cash ", ajoutant et le propos mérite son explication de texte : " S'il ne bouge pas, ça va être compliqué " . Traduction :  Les ordonnances pourraient à la rigueur devenir acceptables - " après tout, la Sécurité Sociale a été créée par ordonnance " - si le gouvernement s'engageait, par exemple à ne pas reprendre en main la gestion de l'Unédic et la Formation Professionnelle ( Le Canard Enchaîné du 24 mai 2017 ) . Deux organismes paritaires où les partenaires sociaux règnent en maîtres et qui sont des sources de financement des syndicats et des organisations patronales .  Compris ?

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il se trouve que Berger et Mailly ont enterré la hache de guerre . Ils discutent très souvent au téléphone et " ça se passe bien ", confie Berger, quand Mailly fait savoir au gouvernement qu'il reprendrait volontiers, et avec de bonnes intentions, sa place à la table des négociations ( Le Canard Ench... )

Si l'on n'est pas pingre en pommade sur les ordonnances, tout est possible !

 

 

 

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 14:08
Authenticité : sur le fleuve Sénégal . ( Photo " lamaisondelafrique " ) .

Authenticité : sur le fleuve Sénégal . ( Photo " lamaisondelafrique " ) .

" Tout le monde le sait, quand on rénove, il est beaucoup plus facile de détruire que de rebâtir ( Caroline Fourest, Marianne ) .

Lors de la semaine de la formation du nouveau gouvernement, un petit événement est passé inaperçu . Il s'agit de la passation de pouvoir entre Bernard Cazeneuve et Edouard Philippe, à Matignon . L'inébranlable Premier Ministre sortant, socialiste, a donné une magistrale leçon politique à son successeur, sans avoir l'air d'y toucher, comme il nous y avait accoutumés . Je suis de gauche et toute mon action fut guidée par " les héritages ", de ceux qui forgent les principes et les fidélités par-delà les conjonctures et les ambitions, dit-il, en substance : une éclairante leçon amicale de l'authenticité à la modernité .

Le nouveau Premier Ministre y répondit en mettant en avant la fidélité successive à des hommes : Michel Rocard, Alain Juppé, Emmanuel Macron .  Propos largement insuffisant .

Insuffisant car le nouveau modèle proposé par E. Macron et E. Philippe est loin d'être clair et ne répond qu'à peu de questions, pourtant légitimes  . Peut-on substituer aussi facilement la République des " Projets " à la République des " Partis " ? Au nom de quelle fidélité ? Au point de renoncer à toute idéologie sous prétexte de nouveauté ? cette nouveauté rime-t-elle absolument avec progrès ?

Au cours de ces cinq dernières années du quinquennat Hollande, le député E. Philippe, a fait preuve d'un absentéisme notoire sur les bancs de l'Assemblée, et quand il était présent il s'est conduit en opposant systématique votant contre tout ce que le gouvernement proposait, même quand les lois allaient dans le bon sens : l'égalité réelle entre les hommes et les femmes ; le mariage pour tous ( abstention ) ; la transition énergétique ; le non-cumul des mandats et la transparence de la vie politique ... C'est ce même homme qui va devoir maintenant expliquer aux nouveaux députés qu'il faut dépasser les vieux clivages partisans pour soutenir son gouvernement et le Président Macron . On devine aisément, grâce à cette liste, à quoi pensait B. Cazeneuve lorsqu'il délivrait sa petite leçon d'authenticité .

Cela dit, chacun a le droit de changer d'avis et cette métamorphose peut se révéler positive si elle permet de construire une majorité de principes, à défaut d'héritage . Mais de quels principes sera-t-il question ? A quels principes se raccrocher pour ne pas glisser subrepticement de la République des " Projets " à une République des principes que l'on " renie ", une nouvelle fois ? 

On entrevoit aisément ce qui peut réunir le centre-droit et le centre-gauche en matière de réforme du travail - libéralisme et précérité - mais comment le macronisme va-t-il dépasser les clivages persistants en matière de société ? L'écologie : les combats entre N. Hulot et E. Philippe vont être épiques ; la PMA pour toutes : Macron est pour, E? Philippe la refuse ; quant à la lutte contre l'intégrisme - sujet majeur, s'il en est - la confusion risque d'être totale . E. Macron est flou et son Premier Ministre est plus que flottant : en tant que maire du Havre, E. Philippe s'est montré très conciliant avec sa clientèle communautariste ( il a fait jeter 8500 mousses au chocolat des cantines scolaires parce qu'elles contenaient de la gélatine de porc ), a prêté une salle municipale à l'association haineuse du rappeur " Médine ", inaugurant par ailleurs une mosquée intégriste et signant un accord de ville avec le maire islamiste de Tanger .

Comment E. Macron va-t-il pouvoir concilier sa rivalité personnelle avec les vallsistes dans le combat pour la " laïcité " et son Premier Ministre, dans le but de réunir des républicains des deux rives - vieille lubie chevènementiste ?

Les grands partis se meurent, c'est une réalité . Pour autant, faut-il s'en réjouir ? Car le " bain de jouvence " dont on nous rabat les oreilles depuis l'élection d'E. macron, ne nous propose, pour le moment, aucun plan B .

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 15:20

 Sous-titre : L'organisation recèle ses propres périls .

" Les masses iront toujours vers un césar " ( Georges Sorel, Réflexions sur la violence ) .

   " Une classe qui arbore en face de la société le drapeau de revendications déterminées et aspire à réaliser un ensemble d'idéologies, ou d'idéaux, découlant de fonctions économiques qu'elle exerce, a besoin d'une organisation. Qu'il s'agisse en effet de revendications économiques ou politiques, l'organisation apparaît comme le seul moyen de créer une volonté collective. Et  en tant qu'elle repose sur la plus grande économie de forces, l'organisation est, entre les mains des faibles, une arme de lutte contre les forts... L'ouvrier isolé se trouve en fait livré sans défense à l'exploitation de ceux qui sont économiquement plus forts... ( Robert Michels. Les partis politiques. Traduit par S. Jankélévitch en  1914.)

... Mais le principe politiquement nécessaire de l'organisation, s'il permet d'éviter la dispersion des forces contre l'adversaire, recèle d'autres périls... C'est que l'organisation constitue précisément la source d'où les courants conservateurs se déversent sur la plaine de la démocratie et occasionnent des inondations dévastatrices qui rendent cette plaine méconnaissable."  ( R. Michels.)

 

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   Je ne veux pas rentrer, ici, dans le débat âpre qui opposa , à la fin du XIXe siècle, les syndicalistes révolutionnaires, tenants de la Révolution par la grève générale, et les sociaux démocrates,  partisans du parlementarisme et donc de l'organisation des travailleurs en partis politiques. Ce débat est tranché, les démocraties se sont construites tout au long du XXe siècle sur les partis politiques et leur pluralisme.

   Mon propos est de reposer la question, dans le contexte actuel où notre démocratie s'essouffle :  est-ce que les partis n'ont pas montré, dernièrement,  pas leurs limites ?  Est-ce qu'il ne faut pas creuser de nouvelles pistes pour se rapprocher d'une démocratie plus directe, pour faire reculer, par exemple, la trop facile délégation des pouvoirs, la désastreuse formation des oligarchies dirigeantes des partis ?  " ...L'idéal pratique de la démocratie consiste dans le gouvernement des masses par les masses, conformément aux décisions des assemblées. Mais s'il est vrai que ce système limite l'extension du principe de délégation,  il n'offre en revanche aucune garantie contre la formation d'un état major oligarchique ", affirmait le sociologue allemand Robert Michels .

   Le philosophe français  J.J.Wunenburger résume très bien la pensée de Michels, me semble-t-il, et explicite la métaphore de ce dernier :  " Sur les plaines dévastées... "

   " ...Ce qui est en cause, c'est la mécanique des Partis... , dit-il  ... Sous la complexification croissante des affaires publiques dans les Etats modernes, le parti a tendance à se bureaucratiser, chaque représentant se spécialise dans des domaines techniques, ce qui donne en retour, à la direction du parti un poids hégémonique, puisque seuls les dirigeants seront à même de prendre les décisions d'importance politique. Les plus ambitieux ou chanceux des membres du Parti se consacreront rapidement à une lutte permanente pour la direction du parti, les autres deviennent d'authentiques professionnels, préférant, même en cas de désaccord avec le parti, continuer à y faire carrière, de peur de ne plus retrouver de responsabilités à leur mesure dans la société civile. Quant aux chefs,  ils se livrent à de cyniques manipulations d'appareil pour neutraliser leurs concurrents et pour mettre à profit des jeux de coalition et de factions,  afin de devenir les leaders charismatiques incontestés auprès des militants, avec souvent, d'ailleurs, le concours de la presse..."

     A cette fin,  l'idée préconisée  par  J.J.Wunemburger, de l'application du principe de subsidiarité, pour toute décision politique, au sein du parti, est tout à fait intéressante : faire prendre toute décision à l'entité la plus inférieure dans la hiérarchie institutionnelle, à même de la prendre, et toutes les fois que c'est possible.

 La démocratie, pour les anciens Grecs, se fondait sur un principe : " l'exercice par tous les citoyens de leur souveraineté libre et inaliénable, ce qui veut dire communauté publique,  les gouvernants n'étant que des magistrats chargés d'appliquer la volonté générale..." explique J.J.Wunemburger ) . Mais de là, à prendre exemple sur ce modèle, il y a un pas difficile à franchir . Aristophane, s'amuse déjà,  dans sa comédie " Les guêpes ", ( environ 430 av. JC ), de la propension des citoyens à vouloir être magistrats, si bien qu'un tiers de ceux-ci étaient des juges et que tout le monde voulait juger tout le monde .

Le fiasco des primaires de la droite et du Parti socialiste illustre à l'envi le défaut d'un tel modèle .

En ce moment, la question ici posée, de la place des partis dans la vie politique, est devenue brûlante . E. Macron veut gouverner au-dessus des partis comme en témoigne la formation de son gouvernement . Pour mener à bien son dessein présidentiel,  le champion réformateur  compte sur la " verticalité"  de sa gouvernance  par l'usage des réseaux sociaux pour continuer à mobiliser ses troupes et les technocrates de ses administrations centrales . Une " désintermédiation " d'où, partis et médias traditionnels seront en permanence contournés voire ignorés, comme en témoignent ses deux premières sorties officielles : visite à l'hôpital militaire de Percy - sans caméras - et visite aux soldats français, au Mali - avec des journalistes sous contrôle .

Chamboulement dans la méthode, ça paraît clair : big bang ? C'est autre chose . Il arrive qu'un big-bang se termine en " Boum ! "

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 18:06
Image : Le Monde .

Image : Le Monde .

" Celle du vieil Hugo tonnant de son exil / Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines / Celle qui construisit de ses mains vos usines . Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on l'assassine / Ma France  ... " ( Jean Ferrat ) .

" Moix la menace " a encore frappé (1) .

Le magazine Marianne semble oublier, depuis un certain temps, sa charte éthique . Après un éditorial dithyrambique, signé R. Dély, la semaine dernière, sur le nouveau Président - pourquoi pas, mais point trop n'en faut - dans l'édition du 19 mai 2017, sa rédaction n'hésite pas à donner la parole à l'écrivain de seconde zone, héros fatigué de l'émission " On n'est pas couché ", Yann Moix, qui signe un véritable appel à la haine " de la France de la de rue " .

Adolphe Thiers, l'assassin de " La Commune ", a ses émules dans l'intelligentsia . Appelé à écrire une adresse au nouveau Président de la République, voici les menaces que le très lointain Prix Renaudot s'autorise .

Méfiez-vous, M. le Président, de la France en colère . Celle de 1793 et de 1871 . Elle n'est pas légaliste, elle est haineuse; elle prône l'égalité au bout d'une pique et n'aime pas perdre la face . Elle n'est pas le peuple, elle est la foule . Elle n'est pas la démocratie, elle est " l'ochlocratie " . ( M. Moix, adore les mots désuets qui, croit-il, l'aident à briller, cependant, dans le cas présent, je pense qu'il a manqué de courage et n'a pas osé écrire, " le gouvernement de la populace " ) . Cette France ne vous fera pas de cadeau . France en colère, France de la rue, remplie de véhémence et de menaces qui, dès demain matin, bloquera votre action, empêchera votre pouvoir, freinera vos décisions . Une France pleine de rancoeur dont on ne saurait excuser la violence quand elle met le feu aux agents de police . Puissiez-vous être le premier Président, depuis De Gaulle à ne pas avoir peur de la rue, à ne pas vous laisser mener par les diatribes des meneurs, par les huées des sans-culottes qui râlent et grognent te plongent, ricanant, hurlant, le pays dans un chaos satisfait, souhaité, voulu ... Cette France de la foule n'est pas la France du peuple : le peuple qu'elle prétend incarner  est pris en otage par elle, comme sous la Commune où l'immense majorité des Parisiens était prise en otage par " la folie rouge " . L'extrême gauche a trop souvent fait montre de toxicité . Soyez ferme ... " 

Passons sur la lecture biaisée de l'histoire que fait cet homme qui ne dédaigne pas flirter, à l'occasion, avec l'extrême-droite . Mais relevons la " niaiserie " d'un tel propos, alors que la procédure électorale conduisant à l'installation, peut-être, d'un nouveau régime, n'est pas terminée : les élections législatives n'ont pas encore eu lieu  . Arrêtons-nous enfin sur l'appel à la haine envers les classes populaires, ces " classes dangereuses ",  parce que par nature, dépravées, alcooliques, sans morale, violentes - un quasi " appel au meurtre " digne des meilleurs moments du XIXe siècle .  Seul un psychopathe peut avoir accès à pareilles pulsions . Emmanuel Macron, veuillez rétablir, au plus tôt, le bagne de Toulon, le bagne de Cayenne, les déportations en Nouvelle Calédonie, les galères, et puis à y être, prévalez-vous de l'ancien projet de Traité Constitutionnel Européen, de 2005, pour réintroduire " la peine de mort ", pour participation à une émeute . 

Journalistes de Marianne, ressaisissez-vous !

(1) . " Max la menace ", espion 86 de l'agence " Control ", et traquant avec plus ou moins de réussite l'organisation criminelle " KAOS " ; série télévisée de la fin des années 1960 .

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 14:19
Monument aux victimes de la Déportation ( Père Lachaise ) .

Monument aux victimes de la Déportation ( Père Lachaise ) .

" Au cas où quelques membres du troupeau les auraient oubliés, voici les dix commandements du bon anticommuniste, dix recommandations dont vous pourrez vérifier qu'elles sont utilisables dans n'importe quels autres commentaire, article ou discussion d'autres natures ..." ( Institut d'Etudes Marxiste- Léniniste ) .

  • " Insistez constamment sur le fait que le marxisme est discrédité, obsolète, totalement mort et enterré  .
  • Rappelez que chaque mort non-naturelle qui a eu lieu sous un " régime communiste " est attribuable exclusivement aux dirigeants de l'Etat mais aussi à l'idéologie du régime .
  • Le communisme sera ce que vous déciderez qu'il est : à cet effet, il vous appartiendra d'étiqueter les pays et régimes communistes indépendamment des objectifs réels, de l'idéologie adoptée, des relations internationales et des relations économiques .
  • S'il y a un conflit où les communistes sont impliqués, tous les morts et conséquences postérieures aux affrontements seront attribués aux communistes . ( Attention, soyez prudents avec la seconde guerre mondiale, ne vantez pas trop ouvertement l'Allemagne nazie, réservez cela à vos conversations privées ) .
  • Vous seul décidez de ce que le " marxisme " signifie réellement et qui furent les véritables représentants du communisme . N'hésitez pas à simuler un intérêt pour Trotsky, qui perdit le pouvoir à temps, c'est très bien vu .
  • Parlez constamment de George Orwell . Citez ses oeuvres, " La ferme des animaux " et " 1984 ", c'est du plus grand chic et oubliez qu'il ne mit jamais les pieds en URSS, ses livres paraissant ainsi plus authentiques .
  • Citez les chiffres des morts massives en faisant fi de la démographie et de la cohérence . 3 millions de morts de faim ? Sept millions ? 10 millions ? 100 millions au total ? Ne vous embarrassez pas de retenue, plus c'est gros, mieux ça passe . Evitez toute comparaison , nottamment avec les victimes du capitalisme car vous n'avez probablement pas de données sous la main .
  • Tous ceux qui ont été prisonniers sous un régime communiste sont bien sûr innocents de tout crime . Les communistes enferment uniquement les poètes inoffensifs et les prophètes de mondes nouveaux paradisiaques .
  • Attaquez constamment les régimes communistes sur des événements qui ont lieu aujourd'hui dans les régimes catitalistes .
  • Répétez que le communisme est utopique puisqu'il n'a jamais pu décrire la société future  à laquelle il aspirait ... "                                                                         

      Si vous souhaitez rendre votre discours un peu plus sophistiqué, jouez au philosophe, et utilisez le mot meurtrier de " totalitarisme " : ce mot permet de créer des liens entre les deux idéologies ennemies, le communisme et le fascisme . Pour la confusion, n'hésitez pas à en abuser .

Si vous rêvez de vous hisser au sommet des contempteurs du communisme, identifiez-vous au ministre de l'Intérieur de Valéry Giscard d'Estaing, un certain Michel Poniatowski, revendiqué centriste, réellement homme d'extrême-droite . A L'automne 2014, le ministre qualifie devant la presse anglaise, le PCF de " Parti totalitaire de caractère fascisant " puis de " socialiste national " . Le 12 novembre de la même année, au Sénat, le sénateur communiste Jacques Duclos interpelle le ministre, créant un incident de séance : " Nous n'avons pas de leçon à recevoir de vous ... Vous voulez dissimuler le fascisme là où il pourrait bien être . Dans votre camp ... " .

Et puis, si vous aspirez à entrer au Panthéon des " grands hommes " de l'anticommunisme le plus gluant, vous pouvez suivre, dans l'injure et la honte, Jean-Luc Mélenchon, adressant au secrétaire national du PCF, le SMS suivant, daté du 4 mai : " Vous êtes la mort et le néant " . ( Le Canard Enchaîné du 18 mai 2017, page 2 ) .

On dit que, ce jour-là, on a entendu, montant du carré " communiste " du cimetière du Père Lachaise, face au monument des Victimes de  la Déportation et au mur des " Fédérés ", une sourde rumeur se répandre . 

Hier soir, à " l'Emission Politique ", sur France 2, Monsieur Mélenchon avait l'occasion, interpellé sur le sujet, de se ressaisir, il n'en fut rien . Il balaya la question, par ces simples mots : " Bon ... c'était un petit coup de colère ... " . Ni excuses, ni regrets . Le petit triangle rouge qu'il arbore sur le revers de sa veste, en mémoire des déportés politiques, me parut plus pâle à cet instant-là .

 

NB : Pour les Législatives prochaines, les communistes laissent le champ libre à J.L. Mélenchon, à Marseille . Pas de candidat communiste dans la IVe, la IIIe, la IXe et la XVIe des Bouches du Rhône .  Une ville livrée au " Tribun de la plèbe " . Comprenne qui pourra !

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 14:01
" Des mots pour faire accepter l'inacceptable " (1) .

(1) .  " Mots-masques, mots mystificateurs, mots menteurs, la dérive n'en finit pas du vocabulaire dévoyé qui décervelle et dépolitise les citoyens . Elle a pris au cours de la dernière période une ampleur à la mesure du pouvoir des publicitaires, de la hargne des technocrates et de l'arrogance des élites politiques ... " ( Le Monde Diplomatique, Mai 1995 ) .

Le mot " communication ", par exemple, avait encore, il y a une trentaine d'années, le sens positif d'échange d'informations entre interlocuteurs de même niveau . Les publicitaires l'ont bien vite monopolisé pour couvrir leur entreprise unilatérale de propagande suivis par les politiciens substituant à la réalité de leur action politique l'obsession des images que les médias peuvent en donner . Un véritable brouillage réussi qui ne manquera pas d'égarer le public : l'ascension d'E. Macron durant la campagne électorale en est l'illustration .

On peut trouver un autre mot, " consensus ", jouissant lui-même d'une considération usurpée, un mot qui se veut le point culminant de la démocratie, ce point où tout le monde s'accorde sans avoir à forcer personne quand, en réalité, il n'est que falsification . L'idéologie du consensus ne vise qu'à une chose : éliminer dans tous les domaines l'opposition, le débat, la délibération proprement démocratiques . Elle présuppose l'existence secrète d'un assentiment collectif qu'il suffit de " révéler " pour que chacun s'y rallie . Un pouvoir habile n'a plus qu'à présenter ses choix comme l'expression d'un consensus - à coups de sondages fabriqués et de sentences de faux experts à gages -, et le citoyen n'a plus qu'à suivre : le gouvernement par " Ordonnances " est l'avatar de ce modèle .

Et le mot " dialogue " ? C'est pour camoufler des décisions autoritaires qu'on le met en avant pour donner à des décisions des allures d'ouverture . Généralement le mot dialogue cache une réalité, le conflit . N'a-t-on pas vu souvent le dialogue s'instaurer après de longues semaines de conflits sociaux ( CIP Balladur, réformes Juppé, CPE  Villepin, Loi El Khomri, et bientôt ordonnances Philippe ) parce que les politiques se montraient incapables d'écouter, le tout se terminant par : venez dialoguer, il y avait un malentendu, on va réparer cela ..? En fait le dialogue ne sert plus qu'à " sauver les meubles " .

De la même manière, le verbe " rassembler " dont abusent les candidats qui se disputent un même public, ne sert plus qu'à voiler son contraire, " diviser " . Dans l'ère " Macron " qui s'ouvre, ils deviennent même synonymes . Une véritable prouesse !

Il en est un enfin, de ces mots, qui vient, aujourd'hui, de sa magnificence toute macronienne, écraser tous les autres : " Progressisme " . L'anti-Hegel - " l' histoire est progrès " - l'usurpation incarnée . Il a déjà remplacé au fronton de nos bâtiments publics la devise républicaine .

La disparition du droit du travail, le démantèlement de la protection sociale, la rentabilisation à outrance de notre système de santé, la privatisation d'une partie du système éducatif :  dans une opération de " communication " offensive  et de grande ampleur, les " progressistes " nous appellent à nous " rassembler ", dans un esprit de  " dialogue " et de " consensus " pour déboulonner toutes les entraves au triomphe du libéralisme . Une autre France débranchée de son histoire .

Faisons respirer nos " start-up ", soyons tous les entrepreneurs de notre destin, "  ubérisons " notre quotidien, suivons aveuglément celui qui aura été " le candidat naturel " de la France de demain, mais peut-être aussi l'artifice idéologique dont le rôle sera de " rendre innocentes " des réalités qui n'ont pourtant rien de naturel .

Et ringard, conservateur, réactionnaire soit " qui mal y pense " !

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 15:05
Une nouvelle technique de pêche : le filet à mailles très larges .

Une nouvelle technique de pêche : le filet à mailles très larges .

" Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est même le contraire, c'est leur situation sociale qui détermine leur conscience ", ( Karl Marx ) .

La politique est simple à comprendre car les idéologies qui la sous-tendent sont elles-mêmes très simples . D'un côté le capitalisme effréné - qu'on appelle plus facilement aujourd'hui, le néo-libéralisme - qui nous a mené au pouvoir absolu de la haute finance, qui exploite tout ce qui existe parce que sa philosophie est que tout s'achète et tout se vend - même l'homme - au risque de tout détruire et d'exterminer l'humanité . 

De l'autre, il y a l'humanisme, certes qui se présente à nous dans une grande diversité et qui ne nous demande pas d'être parfaits et que l'on reconnaît aisément parce qu'il pense d'abord au bonheur des peuples et à la préservation de nos milieux naturels .

C'est simple à comprendre . Il est donc facile de choisir !

Lors de la présidentielle, aujourd'hui derrière nous, il y avait deux visions du futur, portées par deux mouvements se voulant libérées des cadres imposées par les partis traditionnels . " La France insoumise " et " En marche " . La deuxième l'a emporté parce que nous avions été très formatés pendant des mois par un rouleau compresseur médiatique sans retenue . Le pouvoir des médias n'est plus à prouver, aujourd'hui, après la séquence de fabrication de " l'homme nouveau " que nous venons de vivre, un homme nouveau entre les mains de puissances financières animées par une seule logique, simple mais implacable .

Si l'on regarde de près, la France était dans le monde le dernier bastion d'un mode de vie envié, avec ses services publics, ses protections sociales, ses politiques de santé  et son droit du travail très efficaces . 

Mais tout cela ne plaisait pas, depuis très longtemps, aux milieux financiers qui les voient comme des obstacles à leur enrichissement sans fin . Petit à petit, ils essayaient depuis des décennies à démanteler tout cela pour s'emparer de tout ce qui rapporte, mais cela n'allait pas assez vite . Le coup de force qu'ils viennent de remporter en faisant élire Emmanuel Macron est la preuve de leur volonté de tout détruire sans attendre davantage . Et donc, par des privatisations accélérées des services publics,  tout va nous coûter plus cher, exigeant de nous, de payer par nos impôts tout ce qui ne sera pas rentable . Nous paierons tous, tout ce qui ne sera pas rentable, et parfois, deux fois . Les grands gagnants seront les marchands du temple de la mondialisation, les grands perdants, nous .

La réaction immédiate des marchés financiers, de l'Europe, de l'Allemagne, la couverture médiatique donnée à cette élection présidentielle dans le monde, illustrent à l'envi le futur que les puissances à l'oeuvre entendent nous imposer . Dans le même temps, autant de fébrilité démontre que le système ultra-capitaliste est fragile .

C'est pourquoi, l'enjeu des prochaines élections législatives est aussi important que l'enjeu des présidentielles . Il n'est pas trop tard pour bâtir un barrage à la puissance financière . 

C'est très simple . Chacun de nous n'a que deux choses à intégrer : les dangers majeurs, pour les classes populaires, de la politique qui sera conduite dans les cinq années qui viennent et l'obligation de ne jamais oublier d'où il vient .

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 14:19
V. Hugo sur le rocher des proscrits, Jersey, 1853 .

V. Hugo sur le rocher des proscrits, Jersey, 1853 .

" Depuis l'âge où mon esprit l'entrevoit, voici les phases que ma conscience a traversées, en avançant sans cesse, sans reculer un jour : 1818, royaliste ; 1824, royaliste, libéral ; 1828, libéral, socialiste ; 1830, libéral, socialiste et démocrate ; 1849, libéral, socialiste, démocrate et républicain . ( Victor Hugo, Actes et Paroles, 1850 ) .

Qui sont les électeurs d'E. Macron ? Quel est le profil des électeurs de Marine Le Pen ?

I ) . Profils politiques :

E. Macron a bénéficié d'importants reports de voix chez les électeurs de F. Fillon ( 48% ), de J.JL. Mélenchon ( 52% ), de B. Hamon ( 71% ) .

En revanche, Marine Le Pen n'est rejointe que par 20% des électeurs de F.Fillon, 7% de ceux de J.L. Mélenchon, 2% de ceux de B. Hamon . Seulement 30% des électeurs de N. Dupont-Aignan ont voté pour la candidate du FN, malgré leur alliance de second tour, contre 27% à E. Macron, 20% ayant voté blanc et 23% s'abstenant .

L'abstention reste surtout visible chez les électeurs de J.L. Mélenchon ( 24% ) .

E. Macron réalise ses meilleurs scores parmi les électeurs qui se positionnent à gauche ( 92% ) .L'electorat de droite apparaît clivé, au second tour : 48% votent E. Macron, 52% votent pour Marine Le Pen .

Chez les sympathisants des " Républicains " on vote à 70% pour E. Macron et chez les électeurs ne se déclarant proches d'aucun parti, le score atteint 62% .

II ) . Profils démographiques : 

E. Macron réalise ses meilleurs scores chez les retraité ( 74% ) . Il recueille 70% des suffrages des 60-69 ans et atteint les 78% chez les plus de 70 ans, soit 13 points de plus que son score national . Marine Le Pen  a du mal à convaincre cet électorat âgé, réalisant ses meilleurs scores chez les 25-34 ans( 40% ) et les 35-49 ans ( 43% ) . 

III ) . Profils sociologiques :

E. Macron est surreprésenté dans les catégories socioprofessionnelles aisées : cadres ( 82% ) . Marine Le Pen réalise des scores élevés chez les ouvriers ( 56% ) et chez les employés ( 46% ) .

Les voix en faveur d'E. Macron augmentent en fonction des revenus recueillant 75% de voix dans les foyers gagnant plus de 3000 € mensuels, mais ne séduit que 55% des électeurs  dont le foyer ne gagne que 1250 € mensuels . 69% des électeurs qui affirment s'en sortir très difficilement ont apporté leurs voix à Marine Le Pen .

Les chômeurs se sont partagés entre le candidat " En marche " ( 53% ) et la candidate du FN ( 47% ) accordant une légère prime au premier .

Les catholiques votent quasiment comme la moyenne nationale 63% ) pour E. Macron, contre 37% pour Marine Le Pen . Relevons que le premier séduit davantage les électeurs d'autres religions ( 72% ) et les athées ( 68% ) .

Relevons que les autorités musulmanes, juives et protestantes avaient appelé à voter pour le président élu, à l'inverse de l'épiscopat qui vait préféré garder le silence .

IV ) . Profils géographiques :

Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores dans les petites communes ; la France rurale lui apportant 43% de suffrages . E. Macron réalise des scores nettement supérieurs à son résultat national dans les grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants .

( Enquête Ipsos Steria, publiée par www. publicsenat.fr,  au lendemain du second tour,  ) . Elle fournit des clefs de lecture incontournables pour les législatives du mois de juin et montre que la formulation " des feux France " qui s'affrontent est très largement approximative .

 

NB : vade mecum, petit livre qu'on porte commodément sur soi, pour se diriger .

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 14:47
Francebleue.fr

Francebleue.fr

" La popularité ? C'est la gloire en gros sous ! " ( Ruy Blas, Victor Hugo ) .

La campagne électorale des présidentielles a été principalement marquée par la substitution au discours politique d'une dialectique de communication publicitaire sans vergogne .

Les deux grands partis de l'alternance qui depuis un demi-siècle ont conduit le pays, empruntant la pente douce de la désinformation, à l'état où il se trouve, aujourd'hui, ont été éjectés du deuxième tour, à la fois par l'esprit de " dégagisme " qui s'est emparé des électeurs, chassant sans ménagements les têtes honnies et par les tiraillements internes entre leurs forces centrifuges, à la recherche de nouvelles sécurités pour les privilèges qu'elles ne veulent pas abandonner .

Avant même les affaires, F. Fillon ne pouvait plus compter sur les juppéistes, dont certains partaient déjà vers Macron, ce qui lui enlevait au moins un tiers de son électorat . Benoît Hamon, sorti malencontreusement vainqueur d'une primaire qui ne lui était pas destinée et où pourtant ni Macron, ni Mélenchon ne se présentaient, allait les retrouver sur le chemin d'un premier tour qui lui fut fatal, ses soutiens potentiels ayant fui vers les deux étoiles montantes de la vie politique hors des partis .

Ainsi, au-delà des affaires pour les uns, d'une erreur de casting pour les autres, la catastrophe politique qui a frappé la France tient avant tout à la déliquescence des partis classiques . Les dissensions internes ne sont pas nouvelles dès lors qu'il s'agit d'atteindre la taille critique pour remporter des élections mais le temps est fini où les citoyens admettaient qu'un appareil vigoureux puisse décider d'un candidat capable de gagner pour imposer ensuite une stricte discipline de parole et de vote : les chaînes d'information en continu et les réseaux sociaux sont passés par là .

La civilisation libérale et consumériste ayant cultivé un individualisme outrancier, les ego l'emportent sur le bien commun, ce que démontrent le " jusqu'au-boutisme " d'un J.L. Mélenchon - " Je ne veux pas affaiblir le PS,  je veux le remplacer - clame-t-il à Marseille "-, et la pussillanimité de B. Hamon : si les deux s'étaient unis, contre tous les obstacles placés sur leur route, la gauche pouvait l'emporter .

Hors de la structure des partis historiques, des " formations " nouvelles sont apparues, qui font la joie des observateurs, commentateurs et mercenaires de la plume, toujours prêts à embarque sur les grands  navires de croisière mais ne rassurent pas pour autant les électeurs . Ces formations nouvelles n'ayant pris l'apparence de la réalité que par l'attachement des premiers fidèles à un seul candidat, attachement personnel dont il n'est pas difficile d'entrevoir les dangers . 

Que peut devenir la démocratie s'incarnant dans un seul homme ou femme sinon un exercice de pure communication et une banale dialectique publicitaire . Exactement le spectacle que nous a offert E. Macron durant toute la campagne . 

Il a d'abord usé du fameux art " de faire durer le suspense " en faisant traîner jusqu'au dernier moment le dévoilement de la nature de l'offre, laissant les médias travailler essentiellement son image . Les Français ont dû attendre pendant de longues semaines son programme comme si celui-ci n'était qu'un vulgaire produit à vendre, et non l'affiche de la future France . Quant à ses mmetings, le candidat a laissé voir des scène ahurissantes de bonimenteur de foire, s'égosillant dans les dernières minutes pour convaincre la foule d'acheter son " aspirateur révolutionnaire " .

Une image : mais quelle image ? Un physique lisse au point d'être insipide, parfait mais sans charme et sans expressivité . Le regard, même lorsqu'il s'enflamme, est d'une étrange vacuité au point que le spectateur ressent un étrange malaise . On devine cet art consommé du commercial consistant à ne fâcher personne afin d'élargir son " bassin de chalandise ", n'énonçant que des principes consensuels mais jamais les moyens de leur réalisation . Il ne cesse de louer ses idées originales au seul prétexte qu'il est jeune, et cela devrait suffire ? La suite de l'aventure le dira .

Chez le nouveau président, tout est flou, conciliant, ambivalent, contradictoire, certes en phase avec une époque  où les intérêts ont remplacé les convictions, où les corpus politiques plus efficaces semblent trop contraignants pour qu'on y adhère, laissant à chacun le soin de se dire de gauche ou de droite dans un choix opportuniste qui ne le concernerait plus .

La France a donc cru voter pour la " nouveauté ", le mot magique des gondoles de  super-marchés, désormais passé dans les urnes .

Les Français ne vérifieront que plus tard si la marchandise est bonne mais ils doivent savoir que dans ce cas, " la marque " n'a prévu aucun remboursement .

NB : Statistiquement, la durée de vie d'une " start up ", en France, est de trois ans .

 

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