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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 15:38
Magnifique leçon de politique authentique, à l'adresse de certains .

Magnifique leçon de politique authentique, à l'adresse de certains .

Sous-titre : " Embarquez pour le voyage au bout de la nausée " .

" La patrie d'un peuple libre est ouverte à tous les hommes ", affirmait Saint-Just, parce que la patrie signifie une appartenance politique volontaire .

Ca y est, les nains partis à l'assaut du trône l'ont décidé ainsi : " l'identité française " sera le principal sujet de la campagne des élections présidentielles .

Le chômage, l'austérité, le matraquage fiscal, le creusement des inégalités, ne sont pas des sujets honorables - disons qu'ils constituent des terrains trop glissants pour des candidats qui auront tous gouverné, à un moment ou à un autre - alors, place au terrifiant burkini, aux tendres gaulois, aux affreux réfugiés, à la redoutable " jungle " de Calais - devenue entre-temps une " lande " dans la bouche du Président de la République - , et aussi à la déchéance de nationalité, aux murs, aux frontières, aux camps, aux fichés " S ", au flicage, aux expulsions, au droit du sang, au droit du sol, aux racines chrétiennes, au drapeau et à l'hymne national ... et peut-être, à un moment, à l'occasion de sondages défavorables, à la race blanche .

Ce n'est pas à " l'Embarquement pour Cythère ", du peintre Watteau, que nous sommes conviés, mais à un embarquement pour un voyage qui doit nous conduire bien au-delà de la nausée .

Mais attention, au cours du voyage, des " Conférenciers " embarqués, grassement rétribués, vont employer la grande ruse des hommes politiques, nous faire prendre des vessies pour des lanternes .

On ne nous parlera pas de " haine " ou de " rejet " : Non ! on nous invitera à une " communion ", c'est tellement plus doux comme terme, un parfait accord d'idées et de sentiments, mais une communion fondée sur " l'identité " : nous serons invités à communier, entre nous, à l'abri derrière des murs, des barrières, des grillages, des frontières .

Et quand une chanson, une étreinte entre un homme et une femme, une poignée de mains entre deux êtres différents viendra perturber l'organisation de la croisière, la police des moeurs interviendra pour protéger le bel ordonnancement médiatique prévu, de la campagne électorale .

Etrangers, immigrés, réfugiés, mais aussi des assistés, certains rapidement assimilés à des terroristes potentiels, vont " en prendre plein la figure ", ( et pardon pour l'expression ) .

Nous allons naviguer très loin des rivages de la Révolution française et de la " République universelle " du révolutionnaire Anacharsis Cloots qui déclarait que la notion même d'étranger était " une expression barbare ", parce que la nature ne connaît point d'étranger .

Et puisque notre pays est " en guerre ", clame-t-on, de tous les bords, la " Patrie " - essentialisée en deux concepts, " l'identité " et la " souveraineté ", va revenir au centre du débat .

Ce ne sera pas la patrie, ouverte et généreuse rêvée par Cloots, celle " d'un ralliement à des valeurs et à un message appelés à se propager dans le monde entier " , celle de " la libération générale des peuples du monde qui n'admet ni colonies, ni métropoles, ni différences de couleur, ni différences de nations ", celle où " chaque homme est un souverain - comme le disait aussi Jean Jaurès - un acteur direct de la seule souveraineté légitime, la souveraineté universelle de l'espèce " .

Certes non ! Nous allons naviguer dans les eaux troubles d'une souveraineté arbitraire, délimitée dans des espaces préétablis - sans que notre accord ait été sollicité - et intangibles, que ce soit le département, le district, le canton ou la municipalité, mais mis en péril par " l'état de guerre ", nous dira-t-on, c'est pourquoi, il faut serrer les rangs .

Et que ceux qui proclament que l'étranger est d'abord un ami, une cellule, comme chacun de nous, constitutive de l'universalité annoncée, s'assoient et se taisent !

(1) .Anacharsis Cloots, révolutionnaire d'origine prussienne ( 1755 - 1794 ), tenant de la République universelle, proclamé citoyen français par l'Assemblée Législative le 26 août 1792, député, guillotiné sous la Convention, en 1794, avec les hébertistes .

Published by regain2012 - dans Politique
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 14:11
Photo, tempsreel.nouvelobs .

Photo, tempsreel.nouvelobs .

" La bêtise et la haine, toujours en éveil, bousculent l'intelligence et passent devant elle, avec des mots qu'elles chargent de malveillance ", ( Charles Dantzig, écrivain ) .

" Nous vivons une de ces périodes stupides et dangereuses où les imbéciles qui ont un avis sur tout, les fous, les rusés, les malintentionnés, les ivres de pouvoir, malaxant les idées dans le terreau de nos angoisses réveillent les tueurs ... "

Même si je persiste à penser que le futur Président de la République se trouve dans le trio, Sarkozy, Juppé, Hollande, rien ne nous protège, à l'occasion d'un énorme malentendu, de l'avanie de voir Marine Le Pen se retrouver au pouvoir, en 2017, même si personne ne veut y croire, aujourd'hui, dans une sorte de désir inconscient de conjurer le sort .

Le niveau de mécontents, de déçus de la politique en général, de personnes écoeurées par le retour en politique d'un N. Sarkozy poursuivi par la justice, de dépités d'un F. Hollande, en échec, mais accroché au trône comme une sangsue sur notre peau, d'électeurs effarés par le lent glissement d'un J.L. Mélenchon vers un nationalisme un peu urticant, de vrais écologistes dégoûtés par la course à la soupe de leurs anciens ténors, et enfin un casting où l'ensemble des protagonistes est rejeté par une large majorité de citoyens, tout cela pourrait nous placer devant un phénomène d'abstention massive . Les seuls électeurs à ne pas s'abstenir étant les électeurs du FN, nous pourrions, sur de tels malentendus, nous réveiller avec la gueule de bois, un matin du mois de mai prochain .

Et si cela n'arrive pas, cette fois, ce pourrait n'être que partie remise pour la fois suivante, étant entendu, nous le savons désormais grâce à F. Hollande, que le président élu fera tout pour dégoûter définitivement les derniers optimistes de la politique, dans la lignée de tous ceux qui l'auront précédé .

Entre affaires, petits arrangements, fraude fiscale, reniement des promesses, sournoises trahisons, mots dénaturés, cirque médiatique, mensonges d'Etat, le spectre est très large des avanies dans lesquelles notre personnel politique excelle .

Et ce qui n'arrange pas les choses, c'est que ces dizaines de candidats à la couronne, partagent, aujourd'hui, un même objectif : pourquoi attendre ?

La campagne qui démarre sera celle de toutes les abominations pour la bonne raison qu'une campagne présidentielle, étalée dans le temps par le galop d'essai des " primaires ", c'est aussi, voire d'abord, l'occasion de régler ses comptes entre meilleurs amis du monde . Et cela, que les journalistes vont trouver drôle, risque de moins amuser les électeurs qui découvriront, jour après jour, de nouvelles petites affaires de celles que les politiques confondent avec l'intérêt public .

L'exemple le plus pittoresque nous viendra de l'affrontement Fillon-Sarkozy qui a déjà commencé . Quand F. Fillon lâche : " Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable ", c'est une première roquette qui vient s'inviter au débat .

Le fidèle " collaborateur " de N. Sarkozy, et serviteur de toutes ses lubies, rappelle l'air de rien que son ancien patron croule sous les mises en cause et que la justice finira par le rattraper . Et si l'on sait lire entre les lignes, il donne à entendre, qu'ayant été justement aux côtés de N. Sarkozy, il sait exactement ce que la justice pourrait lui reprocher . " A bon entendeur, salut ! " ...

L'ancien président, éternel adolescent contrarié, riposte aussitôt : " Si la campagne des primaires doit continuer sur la base d'un pugilat, il n'y aura pas d'alternance ... " . Ce qui traduit du langage sarkozyste signifie : " Si vous sortez les roquettes, je sortirai les scuds et ce sera mauvais pour tout le monde " .

Evidemment cela n'est pas mieux à gauche où Emmanuel Macron porté aux nues par la presse et les sondages fait l'objet d'un tir nourri depuis les batteries d'artillerie de l'Elysée, de Matignon et de Solférino, artilleurs auxquels il répond par un cinglant : " Ils sont vieux " ( Lyon, sommet des réformistes, 24 et 25 septembre ) .

La campagne sera donc terrible, peut-être déprimante, à coup sûr révoltante . Mais soyons sûrs d'une chose, à savoir que, quel que soit l'heureux élu, pour les Français, la suite sera abominable .

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 14:35
( Massilia-arts-martiaux-com )

( Massilia-arts-martiaux-com )

" Le détournement de l'attention est une technique pratiquée de puis la nuit des temps dans les arts martiaux . Un mouvement vers un point détourne l'attention de l'adversaire qui est alors frappé à un autre endroit . La variante la plus courante de cette règle est l'attaque dans l'attaque ... "

Dans l'état de délabrement où se trouve la vie politique en France, face à la confusion entretenue à coups de " primaires " complètement " déjantées ", dans tous les camps, une seule technique de lecture peut encore nous permettre de décrypter certains comportements d'un personnel politique " à la ramasse " .

Les hommes et les femmes politiques et leurs valets médiatiques se sont formés aux arts martiaux et particulièrement à une de leurs techniques de base : " le détournement de l'attention " . Et c'est bien cela qu'il faut entreprendre de décrypter .

Notre cerveau est bien fait . S'il peut parer une attaque, il a plus de mal à en parer deux simultanées . Trois , cela devient impossible .

N. Sarkozy est un maître dans l'usage de l'attaque dans l'attaque et du détournement . Avec lui, nous avons affaire à la méthode du deux pas en avant, un pas en arrière, au total, tout en mimant une mini-retraite, il a quand même avancé d'un pas à partir de laquelle il lance une nouvelle attaque, généralement une incongruité plus grosse que la précédente, qui va masquer le pas en avant réalisé . La référence à " nos ancêtres les gaulois " en est l'exemple type, qui annonce un prochain " nous sommes chez nous ", cher aux " piétons " du Front National, qui nous fait deviner la nature de l'assaut sarkoziste .

F. Hollande et Manuel Valls ne sont pas en reste . Rappelons-nous les conflits sociaux du printemps dernier . Pour atténuer l'impact des manifestations massives contre la " Loi Travail " et la terrible répression policière que le gouvernement mit en oeuvre, on nous a systématiquement mis en avant les groupuscules de casseurs, artisans attitrés des fins de manifs violentes, puis un incident - au cractère émotionnel imparable - la soi-disant occupation de l'hôpital pour enfants, Necker,

A ce premier détournement, on peut encore ajouter le débat sur les scandaleux émoluments du PDG du groupe Renault-Nissan, M. Carlos Gohn .

Et si la couverture du sujet faiblit dans les médias, une déclaration martiale d'un ministre vient à point par la relancer . Ainsi d'Emmanuel Macron, menaçant de légiférer sur les rémunérations des grands patrons - ses grands amis - . Et vive la " Foir-Fouille " ! ... La trouille de ces grands-patrons ... Le fera-t-il ? Que se passera-t-il ? Ces patrons vont-ils plier ? ... Sauf que F. Hollande avait déjà brandi cette menace en 2013 et fait rire tout le monde .

En fait ce qui était intéressant, c'était ce qui se passait ailleurs, là où l'attaque arrivait . Il suffisait de regarder avec attention pour le découvrir . On pense bien sûr immédiatement aux manifestants qui se faisaient tabasser, gazer, arrêter . Mais il y avait plus brutal encore .

La crise à venir . Celle qui va achever les populations des pays dits riches . Le système capitaliste produit ses crises à intervalles réguliers, crises qui, lorsqu'il s'est bien gavé en bulles financières, immobilières, technologiques, remettent tout à plat, parce que , chacun le sait, " les arbres ne montent pas au ciel " afin de repartir vers la construction de nouvelles bulles lucratives . Dans l'affaire, les tenant du système ne son jamais perdants puisque ce sont eux qui créent la crise .

Le gouvernement, craignant le très lithurgique " effet domino " refait la poche des contribuables et des possesseurs d'épargne .

Mais quelle bulle, me direz-vous ? Celle qui rassemble 700 000 milliards de dollars, sur les places boursières, de produits spéculatifs, soit 10 fois le PIB mondial . Il faut savoir que la crise de 2008 a éclaté à partir d'un montant de " subprimes ", concernant l'immobilier, équivalant à 200 000 milliards de $ ( trois fois moins ) .

Mais dans une société de consommation, l'offre en bulles est plantureuse ! Cherchons encore ! ...

La Chine, par exemple, aujourd'hui à la ramasse, cette économie survendue, aujourd'hui confrontée à une réalité : les exigences sociales de son peuple .

La dette américaine : exponentielle , et que les EEUU ont de plus en plus de difficultés à faire payer aux autres . Leur puissance militaire déployée au Moyen-Orient ne doit pas faire oublier leur fragilité économique, qu'ils tentent de protéger en arrachant aus Européens, le fameux TAFTA .

Cherchons encore ! Ah ! oui, l'Europe ... Et son entrée en récession en 2017, à nouveau, à cause des politiques d'austérité menées depuis cinq ans .

Entendons-nous encore parler dans la presse, de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie .

Alors, les " primaires " ? Méfiance ! Ca sent l'arnaque !

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 11:52
Les Gracques : -130, -120 av . JC .

Les Gracques : -130, -120 av . JC .

" Tibérius et Caïus Gracchus , furent des Tribuns de la Plèbe de la République romaine ( de -130 à -120 av. JC ) qui tentèrent en vain de réformer le modèle social romain, contre les patriciens du Sénat " .

Non seulement le PS, tout comme l'UMP, est au service exclusif des classes dominantes, mais il en est même la pièce maîtresse, le parti organique, le plus stratégique . C'était le seul à pouvoir imposer, sans beaucoup de résistances populaires, le gigantesque train de mesures nécessaires pour passer de l'économie mixte " fordiste " adossée à la souveraineté nationale et populaire, à ses processus démocratiques imparfaits mais toujours mobilisables, à l'ordre antidémocratique supranational du capitalisme financier mondialisé .

L'arrivée de F. Hollande à la tête de l'Etat va bien plus loin que le tournant de la rigueur de 1982-1983, de F. Mitterrand qui n'était qu'une reddition idéologique . En 2012, avec les socialistes de F. Hollande, il ne s'agit plus d'un compromis, mais d'une collaboration totale et délibérée avec le grand capital, d'une alliance structurelle .

L'aventure moderne des " Gracques ", initiée en 2007, témoigne de ce brutal affaissement de la pensée socialiste et des liens structurels qui unissent désormais la pensée socialiste et l'idéologie dominante .

Les " Gracques " sont une association de Hauts-fonctionnaires socialistes ayant appartenu à tous les cabinets ministériels de gouvernements de gauche, apparue pendant la campagne des élections présidentielles de 2007, préconisant une alliance PS-UDF ( autrement dit : Ségolène Royal - François Bayrou , à l'époque ) .

Leur manifeste : " Nous sommes démocrates, libéraux, intégrateurs ( contre le multiculturalisme ), travaillistes ( donc blairistes ), favorables à une régulation étatique, favorables à la répartition des richesses, progressistes, défenseurs de l'éducation, favorables au droit à la sécurité, écologistes, pro-européens, internationalistes, moraux, réalistes et désireux d'une transformation de la société ... "

Admirable " fourre-tout ", tout à fait digne d'énarques en goguette !

Depuis, les énarques ont été rejoints par des personnalités de la société civile : universitaires, économistes, patrons de presse, représentants du MEDEF .

Leur but : " Contribuer à l'avènement des idées réformistes de la gauche française " . F. Hollande les a comblés, et pourtant ils ne sont pas vraiment satisfaits . Leur nouvelle idole : Emmanuel Macron ! Certainement pour aller plus loin ...

Les 23 et 24 septembre prochains, les Gracques organisent en collaboration avec le très libéral Institut Montaigne ( financé par AXA ) et le Think Tank socialiste Terra Nova, " Le sommet européen des réformistes ", à Lyon, au bien nommé Musée des Convergences .

La fine fleur de la social-démocratie " tranfusée " y était invitée : D. Cohn-Bendit, F. Bayrou, Pascal Lamy, Hubert Védrine, Jean Peyrelevade, Jean-Louis Borloo, Anne Hidalgo ... La session devant être clôturée par le Vice-Chancelier allemand Sigmar Gabriel, l'Italien Mateo Renzi, le Commissaire européen P. Moscovici ... et, en tête de gondole, Emmanuel Macron, " gracquien " de la première heure .

Informé de la présence de son " Brutus " à ce colloque, F. Hollande a eu un coup de sang et a fait savoir qu'il ne voyait pas d'un bon oeil la tournure prise par " ce congrès européen en congrès pro-Macron " .

Depuis nombre de ces stars jettent l'éponge : Moscovici, Bayrou, S. Gabriel, Renzi, Peyrelevade ...se découvrent d'autres engagements incontournables .

Certes, le sommet tendait à se rapprocher d'un " meeting électoral " mais il n'en démontre pas moins .

Le phénomène principal est donc là : plus aucune force politique organisée et possédant une visibilité publique n'est présente pour défendre les intérêts fondamentaux des classes dominées .

Note : Parmi les noms avancés par la presse comme membres des " Gracques " on trouve : Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire Général de l'Elysée, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, Mathieu Pigasse, Homme d'affaires, banquier, patron de presse, Bernard Spitz, principal animateur, Président de la Fédération française de l'assurance et du Pôle international et européen, un lobbye, du MEDEF, Denis Olivennes, patron de presse, Mathilde Lemoine, économiste ...

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 14:28
Image Agoravox .

Image Agoravox .

Peau de lapin : expression bretonne de la région de Rennes . Utilisée pour désigner des fourrures inférieures aux fourrures plus recherchées . La fourrure du pauvre, en quelque sorte .

De 1997 à 2002, le gouvernement de la " Gauche plurielle " et de Lionel Jospin, coalition constituée en quelques semaines après la dissolution de l'Assemblée Nationale par Jacques Chirac, comprend le PS, le PRG, le MRC rt les Verts .

Ce gouvernement que l'on peut considérer encore timidement de gauche viendra parachever l'oeuvre entamée par ses équivalents des années 1980 : il aura été la meilleure formule pour permettre l'adaptation au capitalisme menée depuis un siècle . La fourrure dans la chaleur de laquelle, les socialistes crurent endormir les travailleurs .

Il aura débuté, lui-aussi, comme son cousin actuel, par une trahison insupportable : la signature du Traité d'Amsterdam,suivie d'un train de privatisations inégalé et le maintien de la majeure partie du Plan Juppé sur la casse de la Sécurité Sociale ( voté à l'Assemblée Nationale le 4 novembre 1997, grâce à l'abstention des députés communistes ) .

Au total les réalisations du gouvernement Jospin furent un mélange de petites mesures sociales et démocratiques, plus ou moins ambiguës et un plan sévère de contre-réformes approfondissant le virage d'accompagnement d'un nouveau capitalisme financier et ravageur pour les classes populaires .

Le coup de poignard ultime étant porté en 2002 par l'inversion du calendrier électoral, plaçant les élections législatives tout de suite après les présidentielles, donnant à notre régime politique une puissance de décision au Président, jamais vue, bien au-delà de ce qu'avait voulu le Général de Gaulle .

La direction du PCF, plongée dans la confusion d'une refondation - version Robert Hue - laisse tout passer et freine même les mobilisations populaires . Le PCF paiera au prix fort tous ces errements : aux élections municipales de 2001, il perd 30% des villes de plus de quinze mille habitants qu'il détenait et un an plus tard, c'est Robert Hue qui ne réalise qu'un score de 3, 37% à l'élection présidentielle, tandis que Marie-George Buffet s'effondrera en 2007 à 1,93% .

Le flou et les ambiguïtés de la notion de " gauche " étalés par cette coalition de bric et de broc, expliquent facilement la faillite de tous les partis qui la composaient et l'ascension fulgurante de Jean-Marie Le Pen en 2002 .

Le PS aujourd'hui, et tout le monde l'a bien compris, n'a plus de " socialiste " que le nom, mais tient à le conserver afin de continuer à tromper les électeurs .

Son appareil n'a rien à envier à celui de la droite . Il méprise le peuple et la Nation : c'est un appareil de notables et d'arrivistes, de professionnels de la politique, uniquement intéressés par leur carrière .

Seule la " gauche ", à la mode PS, pouvait mettre en oeuvre les contre-réformes exigées par le nouveau capitalisme mondialisé .

Mais, de son côté, le PCF n'a guère fait mieux . Durant l'épisode de " la gauche plurielle " , il avait abandonné la défense des classes dominées qui avait fait sa force autrefois, laissant la voix libre au FN sur ce sujet .

Aussi, est-ce presque partout en Europe, que sous d'autres appellations, la social-démocratie est à la manoeuvre, à côté des forces les plus réactionnaires pour imposer les sacrifices les plus inhumains aux peuples : en Grèce, au Portugal, en Espagne et aussi en France . Les socialistes considèrent le capitalisme mondialisé comme indépassable - pour eux, hors du capitalisme ne peut exister que le goulag -, ils se refusent à voir que si les enjeux sont internationaux, les outils sont restés nationaux, aveuglés qu'ils sont par " un européisme fanatique " . La social-démocratie, encore bien plus que la droite, est devenue le meilleur instrument des classes dominantes . Et si on a tendance à l'oublier, l'aventure de la fusée Macron est là pour nous le rappeler .

C'est pourquoi, le travail politique d'aujourd'hui, est de faire comprendre aux classes populaires que " le PS n'a pas trahi les espérances du peuple ", et qu'il serait ainsi une " gauche égarée " qui pourrait revenir au bercail . Cette analyse est erronée et dangereuse . Le Ps est tout acquis au capitalisme mondialisé, libre-échangiste, financiarisé, européiste sous domination américaine . Et donc, se situe dans la tradition de la gauche républicaine-bourgeoise de la fin du XIXe siècle, anti-ouvrière et anti-sociale .

Là réside la confusion introduite par JL Mélenchon qui en défendant le concept de " vraie gauche ", fait apparaître le PS comme un " faux frère ", ce qui le dédouane en partie de ses choix .

Non ! Le Ps n'est pas un faux frère . Aujourd'hui, avec F. Hollande, Manuel Valls, E. Macron, JC Cambadélis, c'est un " adversaire ", pire , " un ennemi de classe ", ( la férocité des répressions policières de ces derniers mois contre les travailleurs qui manifestaient le montre clairement ), tant il est intégré au système des classes dominantes : dans les médias, les grandes entreprises, les think-tanks, l'appareil d'Etat, certains syndicats faussement dits " réformistes " ...

Nous n'avons pas le choix . Les catégories avec lesquelles nous avons appris à penser la politique doivent être revues de fond en comble : le clivage " gauche-droite " ne recoupe plus désormais une division de classe . En réalité, il ne sert qu'à la masquer .

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 08:53
Sculptures en granit et bronze : jardin des Tuileries .

Sculptures en granit et bronze : jardin des Tuileries .

" A la fin du XIXe siècle, des parlementaires bourgeois ayant conservé l'habitude de se rassembler à la gauche de l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, vont assez logiquement défendre la Révolution de 1789 et la République, tout en s'opposant au mouvement ouvrier en plein essor et à ceux qui veulent instaurer une véritable démocratie : on les désigne sous le nom de républicains " ( http://w.w.w. pardem.org ).

La République " bourgeoise ", c'est la souveraineté parlementaire en lieu et place de la souveraineté populaire . Le parlement est entièrement sous le contrôle de ces nouveaux maîtres de l'Etat qui en profitent pour développer le capitalisme ( Lois constitutionnelles de 1875 ) . Si le peuple est leur caution, la classe ouvrière est leur ennemi pratique .

On le voit tragiquement quand, au mois de juin 1848, les ouvriers réclament " le droit au travail et la république sociale ", c'est l'armée républicaine et le général Cavaignac qu'ils trouvent en face d'eux . Et la même chose va se répéter en 1871 pendant la Commune de Paris, lorsque le mouvement ouvrier va s'opposer à la " gauche républicaine ", celle de M. Thiers, et sera massacré par elle .

C'est pourquoi, le mouvement ouvrier naissant sera toujours hostile à cette gauche de républicains " bourgeois " . Et d'ailleurs, dans les textes de Karl Marx et Friedrich Engels, le terme de " gauche " n'apparaît jamais .

Il est donc très important de prendre acte que le mouvement ouvrier n'a commencé à exister qu'en s'affirmant en dehors du système " gauche-droite " interne aux classes dominantes . Ne pas intégrer cela ne peut conduire qu'à tous les égarements car, certes dans des conditions différentes, nous en sommes revenus au même point aujourd'hui .

Force est de constater que nous retrouvons au début du XXIe siècle les fondements du de la gauche du XIXe lorsqu'elle rassemblait les idéologies les plus en phase avec le capitalisme redevenu triophant, ses besoins de développement te les nouvelles bases de sa reproduction matérielle . Au XIXe siècle le capitalisme avait besoin de briser non seulement l'Etat absolutiste et théocratique, sa structure sociale et ses rigidités mais aussi l'autonomie des petits producteurs, des corporations, des traditions locales et populaires, des solidarités collectives traditionnelles et familiales afin de marchandiser le travail et d'industrialiser la production, de développer la colonisation . Aujourd'hui, rôle dévolu à la mondialisation .

Cette gauche d'alors ( le PS d'aujourd'hui ) proposer d'enchanter le monde avec les concepts de " progrès ", de " raison ", et de " république " avec la caution de la légitimité populaire apportée par le suffrage universel . Le capitalisme avait plus besoin de ces valeurs que du " conservatisme moral et politique " de la droite .

Tous les capitalistes bourgeois les plus importants se retrouvaient donc l'idéologie de la gauche parlementaire, donc de la gauche tout court, car le mouvement ouvrier, lui, ne se situait pas à gauche .

Tous ceux qui luttaient structurellement contre le capitalisme, pour établir une véritable démocratie, pour établir dans les faits le pouvoir des dominés, socialistes d'alors et syndicalistes, étaient les ennemis de cette gauche .

Les appellations de " gauche " et de " droite " en tant que clivage politique structurant ne s'imposeront qu'au début du XXe siècle avec " l'affaire Dreyfus " et la naissance du " Bloc des gauches ", anticlérical, ( Waldek-Rousseau, Emile Combes ) puis le " Cartel des gauches ", fin 1923, contre le " bloc national " mais toujours sans le soutien du mouvement ouvrier pris dans son ensemble, seuls quelques socialistes indépendants s'y associent .

En 1920, la scission de la SFIO ( ancêtre du PS ) qui entraîne la naissance du Parti Communiste Français va libérer les socialistes qui entament un rapprochement avec les radicaux en plein essor, tandis que les premiers députés communistes ( ils sont au nombre de 26 ), élus en 1924, restent à l'écart du " Cartel des gauches " .

Ils renvoient dos à dos la gauche et la droite assimilées à " deux fractions de la bourgeoisie ... le bloc des arrivistes, sous l'étiquette de gauche qui disputent les places au bloc des bourgeois repus ... Capitalistes de gauche et de droite se valent ... La gauche n'est qu'un autre visage de la droite, sous deux faces différentes, la tête reste la même ... " . Ainsi s'exprime-t-on dans les publications du tout jeune Parti Communiste , qui engrange près de 10% des voix, aux premières élections législatives auxquelles il participe, en 1924 .

Un peu plus tard, à partir de 1983, le PS de F. Mitterrand va engager le " virage néo-libéral " du pays aggravé trente ans plus tard par F. Hollande : " Rétablir les taux de profit des grandes entreprises, réhabiliter les capitaines d'entreprise, valoriser la France qui gagne, neutraliser les syndicats, marginaliser le PCF ... ", tout en nous tenant enfermés dans le schéma intellectuel " droite-gauche ", complètement mystificateur et source de toutes les confusions contemporaines .

Concluons en paraphrasant le poète F. Villon ( encore un François ) : " Hé, Dieu ! Si j'eusse mieux étudié mon histoire politique, au temps de ma jeunesse folle ... Que d'illusions je me serais épargnées ! "

Published by regain2012 - dans histoire
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 13:47
" La gauche rêvée " .

" Pour comprendre la déliquescence contemporaine de beaucoup de forces politiques qui se rangent à gauche, et qui répand un brouillard épais sur l'échéance politique de 2017, une plongée dans l'histoire s'impose, encore une fois " .

Nous sommes très nombreux à avoir rêvé, au cours des dernières décennies, d'une gauche rassemblée et unie, pour - pensions-nous - faire avancer les luttes pour l'égalité sociale, l'intérêt général et le service des classes populaires .

L'histoire nous apprend que la notion de " Gauche " n'a vraiment eu de sens qu'à l'occasion de quatre périodes très courtes de l'histoire de France soit moins de treize ans tout au long d'un XXe siècle de construction de notre modèle social .

Le reste du temps la division a régné : une partie de cette gauche, la social-démocratie, s'alliant à la droite, tandis que l'autre gauche, communiste, s'appuyait sur les supposées réussites du bloc soviétique .

Quatre moments donc !

Le premier : la lutte contre les ligues fascistes et pour la constitution d'un Front Populaire, de la manifestation unitaire du 14 juillet 1935 au 13 février 1937, date de la mise en place de " la pause " dans les réformes sociales, décrétée par Léon Blum . Le PCF soutient le gouvernement sans y participer et rappelons que ce sont les grèves et les manifestations de juin 1936 qui permettent d'obtenir d'importants acquis sociaux .

Le deuxième : les luttes victorieuses contre l'occupant nazi, de la première réunion du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943 au 5 mai 1947, date de la révocation des ministres communistes du gouvernement, par le Président du Conseil , le socialiste Paul Ramadier " Aux municipales qui suivent, en octobre de la même année, le PCF fait un score de 29,9% ) . Le gouvernement allait de la droite aux communistes, en passant par les socialistes et les gaullistes, soutenu jusque-là, par une forte mobilisation populaire .

Le troisième moment concerne cette improbable Union de la Gauche autour du " Programme Commun de gouvernement de la gauche ", entre sa signature le 27 juin 1972 et la rupture du 15 septembre 1977 . La gauche n'est certes pas au gouvernement mais la démarche fera naître bien des illusions dans les classes populaires, réenchantera même pour un temps le rêve d'un vrai changement . Pas pour longtemps !

Le quatrième de ces moments se situe entre le 10 mai 1981 et la victoire de F. Mitterrand à l'élection présidentielle, l'entrée de 4 ministres communistes au gouvernement de Pierre Mauroy, deux mois plus tard, et le 19 juillet 1984, le départ de ces mêmes ministres communistes, du gouvernement Fabius . Durant les deux premières années, de véritables conquêtes sociales sont mises en place : nationalisations, retraite à 60 ans, 5e semaine de congés payés, Lois Auroux portant sur les droits des travailleurs dans l'entreprise . Mais dès 1983, F. Hollande tourne le dos à ce mouvement, changement de direction facilité par la faiblesse des mobilisations populaires freinées par les directions du PCF et de la CGT en raison de la présence de ministres communistes au gouvernement .

Nous ne nous autorisons pas à classer dans ces grands moments d'une gauche unie, les deux périodes qui suivirent : " La gauche plurielle " de Lionel Jospin *, de 1997 à 2002, caractérisée par l'adhésion au Traité d'Amsterdam qui aggravait le Traité de Maastricht de 1992 et le volume des privatisations, supérieur aux privatisations engagées par J. Chirac puis Edouard Balladur, additionnées .

Et encore moins le quinquennat de F. Hollande qui marque l'adhésion totale et définitive du PS aux thèses néo-libérales et aux dérives suicidaires de la mondialisation .

A ce stade, il convient de préciser que ce qui nous retient d'apporter, pour l'instant, notre soutien à Jean-Luc Mélenchon, en vue de l'échéance de 2017, c'est l'adulation qu'il porte à deux des protagonistes de ces périodes : F. Mitterrand et Lionel Jospin .

Nous poursuivrons demain cette immersion dans l'histoire par un autre billet : " Nous n'avons plus le droit de rêver " .

* Note : le bilan de la gauche plurielle de Lionel Jospin, ( PS, PRG, Parti radical de gauche, Mouvement des Citoyens ( MRC de JP Chevènement ) Les Verts et le PCF ), issue des grandes grèves et manifestations anti-Juppé de l'automne 1995, peut s'établir ainsi :

Alors que la déclaration solennelle de la gauche plurielle proclamait : " La droite brade les services publics ... Pour France Télécom, Thomson, Air France, nous proposons l'arrêt des processus de privatisation " . Le gouvernement fera le contraire .

Signature du Traité d'Amsterdam sans renégociation dès le début de la Législature malgré les engagements solennels de L. Jospin ; accélération massive des privatisations ; 100 milliards de francs de coupes dans les budgets publics ; accroissement de la flexibilité pour les entreprises .

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 17:56
Affiche de la SFIO des années 1960 : Frédéric Vivas et Artefacte.revue, publication 2012 . Le slogan est abrupte !

Affiche de la SFIO des années 1960 : Frédéric Vivas et Artefacte.revue, publication 2012 . Le slogan est abrupte !

" Au mois de décembre 1965, les Français élisent, pour la première fois depuis 1848, le Président de la République au suffrage universel ... Tout laisse présager une victoire de Charles De Gaulle dès le premier tour " .

(1) Titre du Canard Enchaîné du 9 octobre 1963 .

(1) Gaston Defferre : Maire SFIO de Marseille de 1944 à sa mort, en 1986 ( seule interruption de 1945 à 1953 ) et plusieurs fois ministre .

SFIO : Section Française de l'Internationale Socialiste, ancêtre du PS .

UNR : Union pour la Nouvelle République, parti gaulliste .

Le premier tour de l'élection présidentielle de 1965 est fixé au 5 décembre . Au début du mois de septembre, aucun candidat déclaré ne semble pouvoir inquiéter le général de Gaulle, et ce, d'autant moins que l'opposition de gauche, éclatée, émiettée, est dominée par l'influence électorale du PCF qui se situe au-delà des 21%, nationalement . Elle ne s'est pas encore trouvé de champion, à trois mois de l'échéance, ballottée entre la quête d'un " M. X. ", homme providentiel et de nombreux postulants éphémères .

L'appel de l'Express lancé le 19 septembre 1963 ( qui en rappelle un autre plus récent de Libération ) : " M.X. contre Charles de Gaulle ", pour un rassemblement de la gauche et du centre, est resté lettre morte .

A droite, l'ancien ministre des finances, Antoine Pinay, est tenté . Il a la faveur des milieux économiques, agacés par l'anti-américanisme de De Gaulle et le soutien de l'extrême-droite . Mais sa candidature sera vite emportée par une affaire de moeurs, prestement étouffée, mais inacceptable dans une société encore extrêmement moralisatrice .

Au centre- droit, apparaît une figure nouvelle, le jeune président du MRP, ( Mouvement Républicain Populaire ), Jean Lecanuet, atlantiste et démocrate chrétien, qui pourfend la politique étrangère du Général puis F. Mitterrand accusé de pactiser avec le PCF .

Au centre- gauche, il y a bien Pierre Mendès-France, redoutable adversaire pour le général de Gaulle, en tant qu'homme qui a mis fin à la guerre d'Algérie, en 1954, et initiateur du processus de décolonisation par l'indépendance de la Tunisie . Il dispose de soutiens à la SFIO, au Parti Radical, le PSU de Michel Rocard lui est acquis, mais s'étant prononcé en son temps contre l'élection du Président au suffrage universel il lui est difficile d'entrer dans le jeu imposé par De Gaulle . Par ailleurs, il sait qu'il n'obtiendra jamais le soutien du PCF qui ne lui pardonne pas la phrase terrible prononcée en 1954, devant l'Assemblée Nationale, durant le processus de son investiture : " Il ne sera pas tenu compte des voix communistes " . Il refuse de présenter sa candidature .

Tout de même, depuis le 9 février 1965, une candidature est officiellement déclarée, celle de l'humoriste Pierre Dac . Celui-ci a fondé son parti : " Le M.O.U. ", ( Mouvement ondulatoire unifié ) . Sa popularité, il fut l'une des voix de Radio-Londres durant l'occupation, son nom est associé à la France Libre, et sa maîtrise des médias peuvent laisser présager un score honorable . Mais sa fidélité à de Gaulle sera la plus forte ( Coluche ne fut pas un précurseur, en 1980 ) .

Légèrement plus à gauche que PMF, à la SFIO, Gaston Defferre décide de faire connaître son projet : une grande fédération démocrate, avec des socialistes, le Parti Radical, le MRP et un micro-parti " l'UDSR " ( Union Démocratique et Socialiste de la Résistance ) qui n'a qu'un seul élu national, François Mitterrand . Ce dernier semble peu emballé par ce projet .

De son côté, le PCF, peu à l'aise devant ce type de scrutin, a décidé de na pas présenter de candidat . Son leader historique, Maurice Thorez, est décédé subitement un an auparavant, et son successeur, Waldeck Rochet apparaît comme un rénovateur qui s'est donné pour tâche de sortir le Parti de son isolement .

Les élections municipales du mois de mars 1965, ont tout de même commencé à dessiner un certain paysage politique . La SFIO, comme de bien entendu, a joué sur tous les tableaux : alliance avec les communistes sur les listes de villes à conquérir ou à reconquérir, alliance avec la droite dans les bastions à préserver comme LIlle, Toulouse et bien sûr Marseille .

Le résultat est qu'au soir du premier tour de ces municipales, dans les villes de plus de 30 000 habitants, les listes d'union de la gauche font jeu égal avec les listes gaullistes de l'UNR : 35,8% pour les premières contre 36,2% pour les secondes . Les listes centistes obtiennent 21,8% /

Gaston Defferre reprend ses négociations avec Jean Lecanuet, mais fort de ses résultats aux municipales ce dernier choisit de faire cavalier seul .

Le 9 septembre, François Mitterrand, en stratège politique consommé ayant habilement tout perçu des messages envoyés par le scrutin municipal, lance son épopée de conquête du pouvoir et se déclare candidat . On va passer aux choses sérieuses .

Car il a au préalable obtenu le soutien des formations de la gauche non communiste qui se constituent, dès le lendemain, en Fédération : " Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste " ( FGDS ), à même de pouvoir discuter avec le PCF .

Ce ne sera pas très difficile . Dès le 10 décembre, le journal " l'Humanité " publie en Une la photo du candidat de la gauche démocratique et annonce sa candidature, sans aucun commentaire désagréable .

Le 17 septembre Wladeck Rochet et F. Mitterrand se rencontrent en secret et quatre jours plus tard, le candidat de la gauche non communiste, publie, ce qui n'est pas encore un programme commun mais une plate-forme où en termes de politiques publiques, d'économie et d'avancées sociales, on retrouve parfois, mot pour mot des propositions du PCF .

L'aventure personnelle d'un homme peut commencer ... Mais qu'on ne me dise pas, qu'il y a 50 ans, la gauche avait su se rassembler ( Guy Konpnicki, Marianne No 1015, p. 86 ) . En 1965, c'est une aventure personnelle qui prenait forme qui allait coûter très cher aux deux partis de gauche : PS et PCF .

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 14:28
Une du nouvel hebdomadaire " Zéro Hebdo " .

Une du nouvel hebdomadaire " Zéro Hebdo " .

" L'homme d'affaires voit dans un journal un placement de capitaux dont les intérêts lui sont payés en influence, en plaisirs et quelquefois en argent " ( Balzac, Monographie de la presse parisienne, pamphlet de 1843 ) .

(1) Définition du journaliste " en chef " ( Directeurs de l' , selon Balzac, dans sa " Monographie de la presse parisienne " .

" Plus un homme politique est nul, meilleur il est pour devenir le Grand-Lama d'un journal " ( Balzac, Monographie ... ) .

Dans cette dernière affirmation du grand romancier, nous sommes tenus de préciser que si d'aucuns y voient une quelconque ressemblance avec des hommes politiques d'aujourd'hui, il ne peut s'agir que d'une pure coïncidence .

Hier soir, France 2 inaugurait sa pseudo- nouvelle émission politique ( LEP ) . Premier invité, par hasard, Nicolas Sarkozy . Face à lui, un tandem improbable de journalistes ( Pujadas, Salamé ), faussement agressifs, faire-valoir d'un candidat fier d'asséner, à chaque occasion, combien il débordait d'énergie .

Et pour déborder, il a débordé ! Il a cogné, tapé, bouclé, éliminé, expulsé tous azimuts . Lui, s'il avait été au pouvoir, il aurait empêché l'attentat du 14 juillet à Nice, en un mot, il aurait fait mieux que F. Hollande parce qu'il aurait pris les mesures qu'il fallait .

Enfermer tous les fichiers S, expulser tous les suspects, interdire le burkini - sans doute en mobilisant les gendarmes de Saint-Tropez - et tant pis pour le Droit, pour les Libertés, pour la présomption d'innocence ( sauf quand elle le concerne ) .

On met tous les méchants hors d'état de nuire avant qu'ils aient commis un délit et hop ! Le paradis !

Accessoirement, sur le plan économique, ça va " swinguer " : 300 000 fonctionnaires de moins, fin des 35 heures, suppression de l'ISF, baisse des impôts sur les entreprises et autres gâteries de ce genre .

Enfin, un paradis, parsemé de-ci, de-là, de quelques enclos, de petits Guantanamo, remplis à ras bord de suspects enfermés ( à vie ? ) sans jugement .

N. Sarkozy a eu beau se grimer, plutôt grossièrement, en candidat anti-élites, " Moi, je parle à tous les Français ", il sait qu'il a le soutien à peine masqué de groupes de presse détenus par un " carré d'as " d'amitiés très bien placées ... Ce qui lui permet parfois de s'ériger en véritable directeur des programmes de certaines chaînes .

En fait, il terrorise tout le monde .

Avec la presse, François Hollande se la joue, moins gros bras, bien qu'il s'intéresse d'un peu trop près au destin de l'audiovisuel public . Mais il mise sur une autre faiblesse de l'âme humaine pour la manipuler : la servilité !

On se rend compte, aujourd'hui, vu le nombre de livres de journalistes qui paraissent sur sa personne, dans lesquels il se met lui-même en scène, que depuis 2012, il a distribué les audiences comme autant de faveurs royales à une multitude de " plumassiers " , de plus ou moins grand talent, flattés d'être courtisés par " le Château " .

En fait, le Président sonde les coeurs des " Rédactions " pour les rendre plus indulgentes à son égard et ériger ainsi un barrage contre le pacifique N. Sarkozy .

Commentateur de tout et d'abord de lui-même, F. Hollande a dû, un jour, se rêver journaliste, et continue de prétendre les manipuler mieux que quiconque .

Marine Le Pen n'a rien à faire . La fascination morbide qu'elle exerce sur un choeur médiatique qui inventa pour elle, la " dédiabolisation ", suffit à son inexorable ascension .

Depuis Balzac et jusqu'aux Elkabbach, Joffrin, Barbier, Field, et autres Olivennes, la connivence perdure, la mécanique de la soumission demeure, le poids de l'argent se fait plus lourd qui sonnent la faillite des médias indépendants, seuls garants d'une saine démocratie .

NB : d'après l'éditorial de Renaud Dély, Marianne No 1015 du 16 septembre 2016 .

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 09:48
Les marchands de sable .

" Le climat est trop lourd ... Nous avons besoin d'hommes et de femmes d'Etat, pas de marchands de sable . " ( Caroline Fourest ) .

Emmanuel Macron ? Que nous dit-il ? Rien ! Absolument rien ! Mais ce rien, il le répète à la fois sur tant de médias dont il fait la Une qu'il finira bien par signifier quelque chose : Paris Match, Voici, France Dimanche ou Gala s'en chargent . C'est le but recherché . Son programme virtuel, puisqu'on n'en sait toujours rien, sera assurément le plus ultra-libéral de tous les candidats à la présidentielle . Il l'annonce, quand il proclame que ce qu'il reproche à François Hollande, ce n'est pas sa politique économique - il aurait du mal puisqu'il en fut le principal instigateur - mais seulement de ne l'avoir mise en oeuvre qu'à moitié . Qu'est-ce à dire ? Sinon que cette politique qui consistait à favoriser les entreprises, à éreinter les classes moyennes et à déréglementer le marché du travail, il a bien l'intention de l'approfondir, s'il est élu . L'enthousiasme de Pierre Gattaz, président du MEDEF, pour le personnage, dont il fait le candidat de coeur de son organisation, en devient presque attendrissant .

De la fusée Macron, essai des milieux économiques et financiers pour faire exploser la " summa divisio " - expression de René Rémond -, le clivage droite-gauche, ne restera, dans quelques mois, qu'un mirage .

François Hollande ? C'est la chanson de Charles Trénet, " Que reste-t-il de nos amours ? " . Qui n'a pas pensé, à un moment ou à un autre, qu'il resterait bien quelque chose pour les classes populaires, de ce quinquennat, comme cela avait toujours été le cas, à chaque séquence au pouvoir de la gauche ?

Là, rien, rien pour personne, sauf des coups de matraque et des gaz lacrymogènes contre les travailleurs qui manifestent, une répression syndicale que l'on pensait une exclusivité sarkoziste, un débat sur " la déchéance de nationalité " à glacer d'horreur tous les vrais républicains, un " blairisme " à la française, où l'on se vautre dans un atlantisme impudique, où l'on joue une carte fort risquée : seul un PS droitisé peut retrouver une surface électorale suffisante pour rester au pouvoir .

En un mot : rien ? Si, la trahison !

Montebourg, Hamon Lienemann, les frondeurs ? Rien ! Rien de rien ! Des fantoches ! Des artisans d'une " supposée fronde ", organisée par le PS, lui-même, pour atténuer les effets de la droitisation du parti auprès des classes populaires et dont les protagonistes rejoignent vite le bercail à la faveur de la très floue primaire de la " Belle Alliance Populaire ", ( BAP ) - car il ne faut pas insulter l'avenir .

Que nous proposent-ils ? Une " marinière " et une nouvelle allégeance à F. Hollande . Rien !

Jean-Luc Mélenchon ? Une voix, des convictions profondes, une vraie détermination, des propositions concrètes et élaborées, mais une démarche lestée par son ancien parcours d'apparatchik du PS et la défiance de la direction du PCF . " Le roi est nu " .

Cécile Duflot ? La besace est vide ! Son passage au gouvernement et l'implosion des " Verts " ont décrédibilisé tout son discours .

Pierre Laurent ? La direction du Parti Communiste Français a fait son choix : l'impasse sur l'élection présidentielle et tout miser sur les Législatives - vraisemblablement aussi sur les municipales de 2020 - pour tenter de conserver " un groupe " à l'Assemblée Nationale, des élus qui lui permettent de peser encore, un peu, dans la vie politique du pays mais qui va en faire le grand absent du débat présidentiel . Une stratégie de " la survie ", dont rien ne dit, aujourd'hui, qu'elle sera payante .

Rien ! Mais " Ce rien est le Tout " ( L'homme qui rit ) de la plupart de ces hommes et femmes politiques qui ne se sentent exister que dans " l'obscure clarté " des halos du pouvoir .

A droite ? La violence à l'état pur , comme le dit l'un de ses porte-voix : " Le concours Lépine des solutions les plus stupides et les plus imbéciles censées lutter contre le terrorisme " ( François Fillon ) . N. Sarkozy leur a fait perdre la tête .

" Nos rois sont nus " !

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